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NÉCESSITÉ D OPÉRER YITE ET BIEN

puissante, son énergie presque saurage lorsqu’il serrait progressivement l’écrou de son serre-nœud. A mesure que les plaintes du patient, dont les chairs se rompaient lentement, devenaient plus aiguës, Maisonneuve, se montrant presque cruel, redoublait d’ardeur et enjoignait d’un ton qui ne souffrait pas de réplique : « Donnez-lui une compresse, qu’il la morde »; puis se tournant vers le patient : « Vous, tâchez de penser à autre chose ».

Les opérateurs les plus habiles d’autrefois furent découragés par la mortalité effrayante de leurs opérés.

Ses aptitudes exceptionnelles devaient malheureusement se heurter à un écueil infranchissable ; la septicémie sous toutes ses formes : érysipèle, tétanos, infection purulente, gangrène gazeuse, pourriture d’hôpital.

Malgré de brillants succès, qu’il dut à son extrême habileté, Maisonneuve fut découragé par la mortalité effrayante des opérations sanglantes et n’osa plus employer, vers la fin de sa carrière, que les caustiques. On le vit disparaître tout à coup de la vie active au moment même où, s’il fût né 50 ans plus tard, il aurait pu, en adoptant la méthode antiseptique, donner libre essor à ses qualités innées.

Nécessité de conserver des anciens chirurgiens leur virtuosité opératoire, en l’alliant avec l’antisepsie.

Je n’avais retenu de Maisonneuve que ses prouesses opératoires, oubliant ses tentatives parfois extravagantes, comme les amputations de cuisse au, serre-nœud et l’ablation du sein à la pâte de Canquoin, lorsqu’en octobre 1880, aspirant à connaître les résultats de la méthode de Lister, je vins concourir à l’externat des hôpitaux de Paris. Avide de voir et désireux

LNTRODÜCTION.

d’apprendre, je parcourus les principaux services de chirurgie. J’y cherchai vainement ces opérations brillantes et hardies, cette chirurgie sûre et rapide qu’on m’avait dépeinte.

Reçu interne en décembre 1881, j’eus la bonne fortune d’être admis dans le service du D*" J. Champion nière, qui m’initia à la méthode de Lister.

C’est à cette époque que J. Championnière fit ses premières opérations d’ostéotomie pour genu valgum et de cure radicale de hernie. Une fois par semaine avaient lieu des séances intéressantes de laparotomie, où s’entr’ aidaient J. Championnière, Terrier et Périer.

Je fis la même année (1882), dans le laboratoire du service, mes premières recherches sur les bactéries de la suppuration, puis sur l’ostéomyélite et sur l’inoculation de la tuberculose osseuse et articulaire aux animaux.

11 me semblait utile de me rendre compte le plus tôt possible des progrès de la chirurgie à l’étranger.

État de la chirurgie abdominale en France en 1883.

Supériorité des chirurgiens allemands.

La chirurgie gastro-intestinale était en effet presque inconnue en France, où la mortalité de l’ovariotomie et de l’ hystérectomie, encore pratiquées avec une mise en scène toute spéciale et comme des opérations extraordinaires, demeurait considérable ; et l’école de Billroth jouissait seule en Europe d’une réputation d’originalité justement acquise : je partis pour l’Allemagne et pour l’Autriche et visitai, en 1883, les cliniques de Czerny à Heidelberg, de Maas à Würzbourg, où je fis la connaissance de Hoffa, aujourd’hui si justement réputé pour ses remarquables travaux sur la luxation congénitale de la hanche, enfin de Billroth à Vienne.

L’organisation des cliniques allemandes, où la méthode de

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