INSTRUMENTS DESTINÉS A LA SECTION ET A LA RÉUNION DES TISSUS
Nous décrirons, en premier lieu, le maniement de l’instrument tranchant, particulièrement du bistouri, qui est l’arme habituelle du chirurgien, puis nous étudierons les différents modes de division et de réunion des tissus :
1° de la peau et des muqueuses dermoïdes;
2° des tendons et des aponévroses ;
5" du tube gastro-intestinal ;
4° du système osseux.
Nous passerons ensuite à la description des opérations spéciales. Cette deuxième partie de notre technique chirurgicale comprendra tout particulièrement l’étude des opérations atypiques. Nous les exposerons, avec dessins à l’appui, telles que nous les pratiquons journellement dans nos longues séances opératoires.
Les ligatures, les amputations, les désarticulations seront envisagées exclusivement telles qu’on les exécute sur le vivant. Nous donnerons donc, à leur sujet, de nombreux détails pratiques que ne renferment pas les traités classiques de médecine opératoire.
C’est assez dire que ce livre est destiné non pas à l’étudiant, mais au praticien, déjà expert dans l’examen clinique des
malades et rompu à la pratique de la médecine opératoire typique sur le cadavre.
Le livre de Farabeuf est sur ce point, comme nous l’avons signalé, l’ouvrage le plus admirable de tous par sa méthode et sa précision.
Nous n’en voulons aucun autre dans les mains de l’étudiant.
Celui qui possède à fond son Farabeuf » et qui exécute sur le cadavre, avec toute la dextérité exigée par le maître, les opérations de l’amphithéâtre, peut seul, après s’être initié à la pratique de l’antisepsie, et à la condition expresse de posséder en outre les qualités requises de tout chirurgien, aborder les opérations sur le vivant. Mais quelle différence entre la chirurgie des morts — celle de l’École pratique — et la chirurgie véritable, que nous abordons ici!
Instruments pour la section des parties molles.
Bistouri — Couteau à amputation — Ciseaux — Serre-nœud Thermo-cautère et galvano-cautère.
1° Bistouri. — Nous employons presque exclusivement le bistouri à lame droite et courte de Chassaignac (fig. 115 et 116).
Cet instrument est tenu le plus souvent à pleine main (pl, XYII), comme un couteau de table, parfois, dans les cas où une dissection minutieuse exige pour plus de précision le point d’appui de l’auriculaire, comme une plume à écrire.
Un bistouri plus long est nécessaire pour l’amputation des métacarpiens ou des métatarsiens, un autre à lame courte et massive pour les résections.
2° Couteau à amputation. — Les couteaux à amputation, dont nous figurons les principaux modèles, doivent être à un seul tranchant. Un couteau de 12 centimètres de lame pour le pied et la jambe, un autre de 18 à 22 ceiitimètres pour la cuisse, suffisent généralement.
Nous pratiquons avec ces instruments toutes les amputations.