SECTION ET RÉCNION DES PARTIES MOLLES
Les incisions en T, en raquette, en U doivent être exceptionnelles, et une section rectiligne ou légèrement cur^iligne suffit le plus généralement à l’abord du champ opératoire.
Lorsqu’il est nécessaire d’enlever une certaine étendue des téguments, par exemple dans l’amputation du sein, le chirurgien
Fig. 127. Fig. 128.
doit ménager la peau nécessaire pour recouvrir la plaie sans tiraillement.
Pour la résection des lambeaux de peau mobiles, nous préférons les ciseaux au bistouri.
Nous décrirons, à propos des opérations spéciales, les procédés d’autoplastie les meilleurs pour combler les pertes de substance cutanée irréparables par le rapprochement direct.
Une bonne suture de la peau est la condition essentielle d’une bonne réunion immédiate.
Nous suturons le tégument externe au crin de Florence. Nous ne faisons guère d’exception à cette règle que pour la commissure
oculaire, dans la canlhoplastie externe par exemple, où nous employons de la soie très fine, l’extrémité des crins de Florence risquant d’irriter la conjonctive bulbaire. De même pour le phimosis, chez les jeunes enfants.
Nous employons, pour la suture à points séparés, une ou deux pinces à griffes à ressort, avec dents obliques, et une forte aiguille à manche (fig. 130 bis).
Cette aiguille, qui porte près de la pointe un large orifice ovalaire, est très facile à manier et à tenir aseptique.
Un modèle plus fort sert aux sutures profondes de la paroi abdominale dans la laparotomie (fig. 150).
Un autre type, beaucoup plus recourbé, sert aux sutures pelviennes dans l’hystérectomie abdominale (fig. loi).
Lorsque l’on opère seul, la confection de la suture peut être facilitée par l’affrontement préalable de la peau à l’aide de 2 ou 3 de nos pinces à griffes à crémaillère (fig. 102).
Si nous jugeons à propos de faire un surjet, nous employons une aiguille spéciale, analogue comme forme, à son extrémité acérée, moins le chas, à notre aiguille à manche, et aplatie sur le plat dans sa moitié postérieure, qui est striée obliquement (fig. 129, c). Cette aiguille qui présente un chas spécial, terminé en pointe, où s’accroche de lui-même le fil employé, se tient beaucoup mieux entre les doigts que les autres types.
Nous avons fait construire des modèles plus forts de cette aiguille pour les sutures profondes à la soie (fig. 129, a, b).
Les sutures cutanées doivent être faites avec un soin extrême et l’épiderme juxtaposé contre l’épiderme. Tout recroquevillement doit être évité. Plus la peau est ferme et la couche sous-cutanée résistante, à la partie externe et supérieure de la cuisse par exemple, et moins les sutures ont besoin d’être rapprochées. Un crin tous les 15 à 20 millimètres peut suffire dans certains cas. Si la tendance au recroquevillement est très marquée, il faut espacer les points de suture non plus de 12 à 15 millimètres.
mSTRUME^’TS POUR LA SUTURE DES PARTIES MOLLES. 255
mais de 5 à 6 seulement et faire pénétrer et ressortir l’aiguille alternativement à 3 puis à 8 millimètres environ des lèvres de la plaie.
Les fils sont enlevés entre le quatrième et le dixième jour.
Si l’on a cru nécessaire de pratiquer le long de la ligne de
réunion deux ou trois sutures profondes, allant jusqu’à l’aponévrose, ces fils doivent être coupés dès le deuxième ou troisième jour, sous peine de compromettre, par l’étranglement des tissus interposés, la réunion superficielle.
La réunion immédiate se pratique de même, pour les muqueuses buccale ou vaginale, au crin de Florence. Pour
la muqueuse buccale, nous employons presque toujours la suture à points séparés. I/affrontement épithélial doit être parlait. On obtient ainsi très facilement, à la condition d’opérer vite et de sectionner nettement les tissus, qui échappent ainsi à l’infection, la réunion immédiate après les amputations partielles de la langue et les opérations sur les joues ou les os de la face. Ce résultat est subordonné à la possibilité de conserver assez de muqueuse pour la fermeture de la plaie.
Pour le vagin et le col de l’utérus nous employons tantôt les points séparés, tantôt le suijet.
Les points séparés sont préférables, du côté du vagin, dans les cas de fistule vésicale ou rectale.
Pour la colporraphie simple, la suture en surjet est suffisante. Nous avons le plus souvent recours, pour cette opération, à l’artifice suivant : le but de l’intervention étant de rétrécir notablement le conduit vaginal, il peut être difficile de faire au moment voulu l’ablation des fils dans la profondeur. Pour obvier à cet inconvénient, nous avons imaginé de lier l’extrémité du crin qui sert au surjet sur un bout de tube de caoutchouc de 25 à 30 millimètres de longueur.
Le surjet terminé, l’extrémité antérieure du fil est arrêtée de même. Nous avons dénommé ce surjet « surjet enchevillé », par analogie avec l’ancienne suture « en cheville », à points séparés.
Si le surjet est bien exécuté, il suffit, lorsque le moment est venu, d’enlever le fil, de couper une anse quelconque sur le trajet de la suture et de tirer les deux extrémités, faciles à retrouver grâce aux bouts de tube de caoutchouc sur lesquels elles se trouvent fixées.
Pour pratiquer les sutures intra-vaginales, nous employons des aiguilles courbes à chas fendu. Les mêmes aiguilles nous servent pour la staphylorraphie et l’uranoplastie.
Nous les manions à l’aide d’un porte-aiguille construit sur nos