DEUXIÈME PARTIE
Nous décrivons dans ce volume les opérations gynécologiques. Un second volume comprendra toutes les autres opérations, classées par régions : tête, cou, thorax, membres inférieurs.
Exploration gynécologique.
L’exploration des organes génitaux internes, la seule qui mérite de nous arrêter, doit se faire sur un lit ordinaire ou sur une table de 80 centimètres de hauteur environ. Cette table sera garnie d’un coussin sur toute sa longueur et munie de deux ou trois traversins de crin, destinés à élever plus ou moins la tête ou le bassin. La malade, débarrassée de son corset, est étendue sur le dos, la tête basse; les jambes et les cuisses sont légèrement fléchies, les talons et les genoux écartés. Nous pratiquons successivement le palper abdominal, puis le toucher vaginal.
L’examen au spéculum est rarement indispensable pour com-
TECHXIQÜE CHIRCRGICALE.
pléter les données de l’exploration digitale. Nous employons, lorsque cet examen paraît utile, soit le spéculum pliant de Cusco,
5 dont nous avons plusieurs modèles de largeur et de longueur I différentes, soit le spéculum à une seule articulation de Collin,
I qui nous sert plus particulièrement lorsqu’il est nécessaire de I manier au fond du vagin des pinces ou d’autres instruments,
I les valves se trouvant entièrement séparées sur le côté opposé à > l’articulation.
I Nous faisons l’examen au spéculum dans la même position que le palper ou le toucher, en prenant soin simplement de rapprocher les talons des ischions et de faire écarter les genoux. Le jour d’une fenêtre située dans l’axe du lit est suffisant.
Cette position est tout aussi commode pour le chirurgien et beaucoup moins désagréable pour les malades que le renversement sur un de ces meubles antiques et bizarres que l’on décorait autrefois du nom de « fauteuils à spéculum «.
I L’examen est-il pratiqué le matin, chez la malade, nous la f laissons sur son lit et nous ne la tournons en travers que si le jour vient exclusivement de ce côté; les talons sont alors placés tout au bord du lit et les genoux écartés.
L’emploi du spéculum et le maniement des pinces et des tiges de laminaire sont, lorsqu’ils se trouvent indiqués, aussi faciles dans cette situation que lorsque les jambes se trouvent placées hors du lit sur deux chaises.
Nous insistons sur ces détails parce que la simplicité de notre méthode d’examen est fort appréciée des malades.
Nous n’employons que très rarement l’hystéromëtre.
De même le toucher rectal n’est pratiqué qu’exceptionnellement. Nous n’avons jamais constaté que ce dernier mode d’exploration nous soit très utile, à moins que nous ne soupçonnions l’existence d’un n éoplasme rectal .
Le palper abdominal et le toucher vaginal combinés sont les deux manœuvres principales d’exploration et suffisent le plus
GYNÉCOLOGIE.
habituellement à un chirurgien expérimenté pour déterminer en gynécologie le diagnostic et les indications opératoires.
L’examen des parties génitales externes est obligatoirement
Fig. 183. — Spéculum ù une seule articulation, de Collin.
ouvert.
Fig. 185. — Spéculum de Collin à valves courtes.
pratiqué avant toute autre exploration. Le cathétérisme de la vessie est effectué sous le chloroforme, pendant la toilette de la vulve.
Toilette de la vulve et du vagin.
Les femmes doivent être baignées et savonnées avant toute intervention. Nous faisons pratiquer en outre de grands lavages vaginaux au sublimé tiède à 1/5000®.
La vulve est rasée sous le chloroforme. La vessie est évacuée avec une sonde aseptique, après lavage boriqué de l’orifice urétral. Les quelques poils qui peuvent encore adhérer à la peau soigneusement enlevés par une irrigation d’eau chaude, la vulve et le vagin sont énergiquement lavés à l’eau chaude et au savon, puis au sublimé tiède à 1 0/00 et enfin au phénol à 2,5 0/0.