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OPÉRATIONS SUR L'URÈTRE

L’urètre de la femme, à la fois court et large, est fréquemment le siège, au voisinage du méat, d’excroissances vasculaires polypiformes susceptibles d’occasionner des hémorragies assez abondantes et de provoquer en ce point, en même temps qu’une certaine souffrance, une irritation persistante.

On observe parfois la dégénérescence épithéliomateuse de ces productions.

L’incontinence d’urine peut également nécessiter une opération plastique.

1° Résection partielle du méat urinaire.

L’ablation des polypes de l’urètre se fait soit au thermocautère, — et ce procédé ne peut avoir pour effet, si l’on prend soin de protéger le reste de la circonférence du conduit, que de rétrécir légèrement un urètre souvent trop large et qui expose à l’incontinence, — soit à l’aide de la pince agriffés et des ciseaux.

S’agit-il d’un épithélioma, le néoplasme doit être enlevé très largement à l’aide de l’instrument tranchant.

Le cancroïde est alors mis à découvert par une incision appropriée et extirpé bien au delà de ses limites à l’aide de la pince à griffes et des ciseaux.

On ferme la plaie par un surjet de soie ou de crin de Florence fin, disposé de manière à pouvoir être enlevé facilement ou à tomber de lui-même après la section d’un point quelconque de son trajet.

Le fil est passé de l’extérieur, où l’arrête un nœud volumineux (fig. 195) ou bien un bout de drain (fig. 193), au voisinage d’une des extrémités de l’incision ; le surjet est effectué et l’autre extrémité du fil est arrêtée de nouveau, soit par un simple nœud, soit en la liant sur un second bout de drain de caoutchouc. Il suffit, vers le 8® ou le 10® jour, de couper, au milieu par exemple, une des anses du surjet, pour enlever le fil en tirant sur ses cxtré-

Fig. 192. — Polype de Uurèlre. Incision et suture.

mités. Nous avons nommé ce surjet « surjet enchevillé », d’après l’expression consacrée par l’usage pour l’ancienne suture « en chevillée » dont les points séparés étaient arrêtés d’une manière analogue.

Si l’on craint quelque perte de sang, nous conseillons la suture progressive, que nous appliquons à diverses opérations dans le double but : 1° de supprimer toute perte de sang ; 2° d’éviter.

GYNÉCOLOGIE.

par le rapprochement immédiat des tissus qui viennent d’être divisés, l’infection de la plaie.

Cette méthode, nous le verrons, est particulièrement précieuse pour la bouche, le rectum et l’anus, où elle nous permet d’obtenir régulièrement des réunions immédiates totales (tumeurs de la cavité buccale; tumeurs de la langue; hémorroïdes; extirpation des fistules anales, des tumeurs du rectum, etc.).

Nous isolons, par une incision en V de quelques millimètres d’étendue, l’une des extrémités du néoplasme et nous appliquons

Fig. 194. — Résection du méat urinaire. Fig. 195. — Suture profonde en surïracé des incisions. jet. Suture superficielle à points

séparés.

de suite sur les lèvres de section, de haut en bas, un ou deux points séparés au crin de Florence. Nous poursuivons ainsi la dissection d’arrière en avant ou d’un côté à l’autre, en prenant soin, après chaque nouveau coup de ciseaux, de réunir la surface cruentée par un nouveau point de suture. Ün peut également employer le surjet.

La dissection se fait sans perte de sang et avec toute la perfection désirable.

La réunion est effectuée en même temps que l’ablation de la tumeur et sans que les surfaces cruentées aient pu s’infecter au cours des manœuvres de dissection et d’hémostase.

2^ Rétrécissement du méat urinaire.

. L’urètre de la femme est très dilatable et peut le plus souvent, sous le chloroforme, admettre l’index.

Cette particularité est précieuse pour l’examen direct, par exemple, de la vessie et de l’orifice des uretères.

Rarement cette dilatation forcée de l’urètre est suivie d’une incontinence d’urine de plus de quelques jours.

Cette infirmité se produit cependant dans certains cas et peut être très rebelle. Quand ni l’électricité, ni la cautérisation uré-

Fig. 196. — Rétrécissement du méat urinaire. Incision.

traie au thermo-cautère n’ont pu réussir, il est indiqué d’agir chirurgicalement.

La résection large de la colonne antérieure du vagin et la réunion à lambeaux latéraux de la perte de substance ainsi obtenue et suivie ou non de la résection d’une partie de la circonférence du méat, sont en pareil cas les interventions indiquées. On peut pratiquer pour l’urètre soit des sutures au catgut, qui tombent d’elles-mêmes, soit, de préférence, si l’on craint que les fils de catgut ne gonflent et ne se ramollissent, le surjet enchevillé au crin de Florence, si facile à enlever, que nous avons décrit

GYNÉCOLOGIE.

plus haut. La réunion de la colonne antérieure du vagin sera faite au crin de Florence et à points séparés.

Les fils seront, à l’orifice de l’urètre, noués à leur partie moyenne, laissés de toute leur longueur et réunis en faisceau, de manière que leurs extrémités ne viennent pas irriter la muqueuse vulvaire.

Leur ablation est aussi plus facile.

Dans les cas où le diamètre de l’urètre incontinent n’est pas

Fig. 197. — Suture.

très exagéré, nous conseillons de détacher simplement de ce conduit, par une incision transversale, sur une profondeur de 20 à 25 millimètres, la colonne antérieure du vagin , et de suturer la plaie de manière à obtenir unè réunion longitudinale.

Si la colonne antérieure du vagin est trop saillante, elle sera réséquée et la réunion superficielle pratiquée au crin de Florence.

3“ Maltor mations congénitales de l’urètre.

Nous n’aborderons pas les opérations nécessitées par les malformations congénitales de l’urètre, le manuel opératoire devant être subordonné à chaque cas particulier et ne pouvant être l’objet d’une description méthodique.

ClIAriTRE II

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