Vaseline de Cheseborough
GYNÉCOLOGIE.
complet, entre la 2® et la 4® semaine, chez des femmes traitées antisep tiquement et qui n’avaient pas de fièvre, des déchirures étendues du périnée.
Nous procédons ainsi :
La malade endormie, placée dans la position de la taille périnéale, rasée et désinfectée, nous examinons l’étendue de la déchirure.
Ou bien la cicatrisation n’est pas complète et il existe une plaie bourgeonnante qui tend déjà à se rétrécir à sa périphérie, ou bien la surface mise à nu est entièrement recouverte d’épiderme.
Dans l’un et l’autre cas, l’étendue de la déchirure est très manifeste.
L’écartement des tissus a transformé en effet l’angle dièdre primitif de la déchirure en une surface plane, la colonne postérieure du vagin tend à faire hernie, et la diminution de hauteur du périnée est très exactement appréciable.
Il faut rétablir les tissus dans leurs rapports normaux.
A quel procédé d’avivement donnerons-nous la préférence?
Nous avons depuis longtemps rejeté toutes les méthodes qui exigent des incisions dites réglées, et par suite impossibles à approprier à toutes les variétés de déchirures périnéales, pour subordonner exclusivement l’avivement aux lésions apparentes.
La périnéorraphie immédiate, après l’accouchement, donnant de si beaux résultats, pourquoi ne pas la réaliser deux, trois, six ou vingt semaines plus tard en rétablissant, par l’excision superficielle de la surface suppurante ou déjà cicatrisée, la plaie dans son état primitif?
Nous nous sommes donc arrêté, quel que soit l’état de bourgeonnement ou de cicatrisation de déchirures périnéales, à ce procédé unique, de rétablir la plaie telle qu’elle se trouvait immédiatement après l’accouchement et de la réparer comme s’il s’agissait d’une périnéorraphie immédiate.
Ce plan est toujours facile à réaliser.
278 TECIIÎÎIQUE CI1IRURGIGA.LE SPÉCIALE.
Opération. — Nous circonscrivons la surface bourgeonnante ou la cicatrice périnéale par quatre incisions curvilignes, dont le tracé se rapproche toujours de celui de la figure 200, et nous extirpons le tissu intermédiaire à une profondeur de 4 à 5 millimètres. Les lèvres latérales de la surface ainsi mise à nu corres¬
pondent exactement au raphé vagino-périnéal, où s’est produite antérieurement la déchirure.
Nous suturons d’abord la muqueuse vaginale, d’arrière en avant, jusqu’au bord libre des grandes lèvres, comme s’il s’agissait d’une périnéorraphie immédiate post partum. Le dernier de ces points de suture marque, comme nous l’avons signalé plus haut, l’endroit qui sera le milieu de la fourchette. La suture de la peau est alors continuée, superficiellement, à points
Fig. 200. — Déchirure ancienne du périnée. Tracé des incisions.
Fig. 201. — Réunion des lambeaux.
La suture du vagin est presque terminée.
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séparés, jusqu’à l’extrémité postérieure de la plaie périnéale.
Semble-t-il nécessaire de diminuer davantage la circonférence de la vulve et d’obtenir un plancher périnéal plus étendu, il suffit de prolonger un peu plus haut sur les grandes lèvres l’avivement latéral.
L’opération, ainsi réalisée, donne un résultat très satisfaisant.
Fig. 202. — Aspect de lu ligne de réunion.
La vulve est rétablie au diamètre désiré et le périnée se trouve reconstitué sans la formation de^ ces plis et de ces brides préanales que nous avons souvent constatés chez des femmes opérées suivant des procédés prétendus classiques, et dont le résultat définitif ne prouvait que trop l’insuffisance.
Comme il est indiqué plus haut, nous lions, lorsque nous faisons la suture vàginale en surjet, l’extrémité du crin sur un petit bout de tube de caoutchouc, qui vient s’arrêter à la première piqûre de l’ai-
guille, la plus éloignée de la vulve. Le surjet terminé, l’extrémité antérieure du fil est fixée de même, ou simplement nouée.
Lorsque au bout de 8 à 10 jours il s’agit d’enlever le fil, il suffit de couper une anse quelconque du surjet et de tirer alternativement sur le bout antérieur du fil, puis sur le bout postérieur, facile <à saisir grâce au fragment de tube de caoutchouc sur lequel il est fixé.
Ce surjet enchevillé au crin de Florence s’enlève très facilement, s’il a été fait dans de bonnes conditions.
Le fil se trouve-il trop serré, ou bien existe-t-il sur son trajet un point d’arrêt fortuit, ce qui se produit lorsque l’aiguille est repassée, comme nous le pratiquons volontairement pour les sutures intestinales, dans le point précédent, on coupe le surjet non plus en 1 point, mais en 2 ou 3.
Si l’une des anses résiste à de légères tractions, laissez-la deux ou trois jours en place. Elle se desserrera d’elle-même et souvent tombera seule.
Ce procédé de suture en surjet, avec arrêt du fil en avant et en arrière, à la mode de l’ancienne suture enchevillée, est très précieux également pour les sutures sur le col utérin. 11 est applicable toutes les fois que la ligne de réunion n’est pas tendue et que la coaptation peut se faire aisément.
Y a-t-il quelque doute sur le succès, nous préférons les points séparés.
Les points séparés vaginaux, même profonds, s’enlèvent assez facilement lorsqu’on a pris soin de laisser les crins de toute leur longueur et de les réunir en faisceau.
On les saisit l’un après l’autre pour en faire l’ablation avec une pince à forcipressure, et le plus souvent on arrive soit à apercevoir le nœud, soit à pouvoir couper immédiatement audessus, en se guidant sur l’extrémité de l’index, l’anse encore fixée dans la ligne de réunion. Si la malade est trop sensible, on donne quelques gouttes de chloroforme.