NÉCESSITÉ D OPÉRER VITE ET RIEX
malheureuses patientes 50, 40 et jusqu'à plus de 50 pinces de fortes dimensions, pour la plupart inutiles, tandis que mes opérations, beaucoup plus rapides, n*en exigent que de 2 à 4.
J’ai indiqué la durée de mes hystérectomies vaginales : je les terminais déjà, dans les cas difficiles, en 20 ou 50 minutes, et, dans les cas simples, en 4 ou 5 minutes, toute l’opération comprise, du premier au dernier coup de ciseaux.
L’ablation rapide des tumeurs est le seul moyen d’éviter une perte de sang inquiétante.
J’ai démontré enfin, adaptant à l’hystérectomie abdominale ma méthode d’ablation vaginale de l’utérus sans hémostase préventive, que l’on pouvait enlever les gros fibromes utérins, par la laparotomie, avec tout l’utérus, col et corps, en quelques instants, sans fil élastique, sans pincement préventif des ligaments larges et sans que les patientes perdissent autant de sang que par les autres méthodes, en apparence moins osées.
Mes statistiques intégrales ont prouvé que les opérations rapides donnaient des résultats infiniment supérieurs à ceux qu’on obtenait alors.
On a voulu contester l’exactitude de mes assertions. J’ai reçu la visite de nombreux chirurgiens de tous pays. J’ai pratiqué devant eux des centaines d’opérations et je leur ai démontré l’originalité et la supériorité de mes procédés.
Cette croisade contre les méthodes hésitantes et rétrogrades qui s’étaient partout vulgarisées n’est pas restée longtemps sans écho. Après quelques mois d’un silence méthodique, de vives critiques vinrent mettre en lumière mes procédés, qui s’affirmèrent dès lors comme une méthode générale en chirurgie; méthode nouvelle, caractérisée par la simplicité et la précision du manuel opératoire, par le rejet de tout instrument, de toute manœuvre qui ne soit strictement indispensable.
INTRODUCTIOx\.
Les avantages de cette méthode ne sont plus à démontrer.
Il a pu sembler de prime abord bien inutile de terminer en 5 ou 6 minutes une hystérectomie vaginale, une cure radicale de hernie. Toute critique a dû désarmer lorsque j’ai appliqué ces procédés à la résection de l’intestin, à la chirurgie de l’estomac, et réduit au tiers ou au quart de leur durée habituelle ces longues opérations.
La supériorité des méthodes rapides est encore plus évidente dans ces larges craniectomies que je pratique depuis plus de deux ans, où l’hémorragie immédiate, surtout chez l’adulte, est souvent effrayante, et dans l’ablation des gros polypes naso-pharyngiens, pour lesquels j’ai récemment proposé à l’Académie de médecine un nouveau procédé d’extirpation extemporanée par les voies naturelles.
Le succès de telles opérations est subordonné à l’habileté du chirurgien. La moindre faute, le moindre retard sont mortels.
On ne saurait, en présence des résultats acquis, contester les avantages de ces procédés.
Le temps, pour l'opéré, c’est la vie.
Le champ de la chirurgie s’étend de jour en jour et de nouvelles opérations surgissent, plus laborieuses et plus délicates. La dextérité reconquiert ainsi la place qui n’aurait jamais dû lui être ravie.
ce Time ismoney », disent les Anglais. Pour nous, chirurgiens, cc le temps, c’est la vie ».
L’anesthésie et l’antisepsie perdent toute valeur si nous devons voir l’habileté manuelle disparaître avec la septicémie.
>ÉGESSITÉ D^OPÉRER VITE ET EIE>'.
Nul ne peut devenir chirurgien s’il ne possède des qualités primordiales innées.
Une suffit pas, pour devenir chirurgien, de se dire : « Je serai chirurgien » et de suivre une « filière ».
Soyez bon anatomiste, exercez-vous à la médecine opératoire sur le cadavre, sur les chiens même, sous prétexte de vous familiariser avec le sang et d’obtenir des « guérisons ». Ces opérations sur les morts et sur les animaux ne feront jamais un chirurgien de celui qui ne possède pas des qualités primordiales innées.
Ces qualités, l’éducation et la pratique peuvent les développer : elles ne les engendrent pas. Le chirurgien doit être un artiste et non pas un manœuvre.
On a objecté que mes procédés étaient dangereux et inaccessibles à la majorité des opérateurs.
Je regretterais qu’il en fût autrement. Il est temps que l’on sache que le premier venu ne peut s’improviser chirurgien.
Il ne suffit pas, pour opérer, de savoir manier plus ou moins adroitement quelques douzaines de pinces hémostatiques.
Cette folie de la forcipressure a fait à la chirurgie un tort immense, en encourageant des centaines de médecins dépourvus des qualités requises à entreprendre des opérations qu’ils sont incapables de mener à bien.
Prenons poiir exemple l’hystérectomie vaginale par morcellement.
Quel gynécologiste improvisé n’a pas tenté une fois au moins cette opération? Le col saisi, l’opérateur sectionne tout autour la muqueuse vaginale et détache, en arrière, le reclum, en avant ce qu’il peut.
Une pince à droite et à gauche sur les artères utérines, et le col est réséqué. On isole un peu plus haut le moignon cervical, on pince, on coupe quelque chose encore, et bientôt le mal-
INTRODUCTION
heureux praticien, qui n’a pas l’adresse manuelle nécessaire pour mener à bien une opération à ce point aveugle et irrationnelle, sectionne l’uretère, perfore la vessie, blesse l’intestin, puis finalement, las et ne sachant plus que faire, abandonne au bout de 2 ou 3 heures l’opération inachevée et laisse dans le vagin quelques douzaines de pinces.
Procédez, au contraire, par ma méthode d’hémisection médiane antérieure; cette méthode est simple et rapide, même dans les cas difficiles ; mais elle, exige de l’opérateur le tempérament et la dextérité d’un vrai chirurgien.
Si nous abordons non plus l’ hystérectomie vaginale, mais l’hystérectomie abdominale, l’extirpation du goitre, l’ablation des gros polypes naso-pharyngiens, et particulièrement l’hémicraniectomie temporaire telle que nous en avons déterminé le manuel opératoire, il devient plus évident encore que cette chirurgie doit rester l’apanage de quelques-uns seulement.
La chirurgie française a tenu autrefois la première place.
Elle doit la reconquérir.
Maisonneuve et ses contemporains, en exigeant des futurs chirurgiens le « Citô, tutô et jucundè », ignoraient en quoi devait consister le second terme du fameux trilogisme. Ils opéraient vite et bien. Ils ne pouvaient opérer sûrement parce qu’ils ignoraient l’antisepsie.
Nous devons conserver de ces maîtres ce qu’ils avaient de génial.
La substitution par Ambroise Paré, dans les amputations, des ligatures aux caustiques et la découverte des pinces hémostatiques à pression continue pour effectuer ces ligatures, l’application par Percy du même principe à l’hémostase définitive, qu’il a réalisée en laissant à demeure dans les plaies opératoires ses pinces à pivot; la découverte par Àmussat de l’énucléation vaginale, en masse ou par morcellement, des gros fibromes utérins