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CHAPITRE lï

19. ï^ea manifestations électriques dont nous avons parlé plus haut, sont, par suite de leur i 1 1 ( « • 1 1 - î f <• , très faciles à mettre en évidence; il n'y a aucun désaccord sur les faits en eux-mêmes, aussi avons nous passé très rapidement en général sur les moyens employés pour les constater. Il n'en est plus de môme pour les phénomènes que nous allons étudier maintenant ; ils sont, par rapport à ceux que présente la torpille, très faibles et extrêmement fugaces, aussi le ma-

t)4 ELECTRICITE PRODUITE PAR TOUS LES ANIMAUX

nuel opératoire et les appareils employés ont-ils une importance capitale ; on peut même affirmer que c'est au manque d'unité dans les méthodes, au défaut de comparabilité des expériences des divers physiologistes qu'il faut attribuer en grande partie le désaccord qui règne et les discussions aigres qui en ont été la conséquence.

Faisons d'abord un historique aussi rapide que possible de la question.

20. — Galvani peut être considéré comme l'auteur de la découverte de l'électricité animale ; avant lui, Swammerdam avait fait une expérience presque identique à celle de Galvani, trop connue pour être décrite, mais il n'en avait absolument rien tiré et elle était tombée dans l'oubli complet.

A la suite de ses expériences qui durèrent de longues années, Galvani admit l'existence de deux électricités dans le muscle, le nerf servant à la décharge. Il s'en suivit une lutte acharnée avec Volta, qui amena la découverte d'un grand nombre de faits physiologiques. Entre autres et pour répondre à l'objection de Volta qui voulait absolument placer l'origine de tout le phénomène au contact des métaux, Galvani fit voir que la contraction de la patte galvanoscopique se produit

iii.vmmijiK

lorsque l'on vienl à toucher directement la face

externe du muscle avec

l'extrémité coupée du Pig. -,

nerf qui l'innerve, ou

bien lorsque l'on nicl

m communication deux

points tin nerf par un

fragment pris dans un au lie muscle.

Il est impossible do citer tous les physiologistes qui prirent pirl à la lutte. A. de Humboldl fut, à la lin du siècle dernier, un !e , e ix |ui s'en occupèrent le p'us. On étudia surtout l'influence des courants do |> i I o sur l<i contraction musculaire; il faut citer à ce sujet l'observation de Volta d'après laquelle un muscle excité pendant un certain temps par des courants do même suis ne réagi I plus à cette excitation, mais recouvre ses propriétés quand on renverse lo sens du courant (alternatives voltianes). Lehol lil voir qu'en agissant sur le nerf, la contraction so produit à la fermeture pour le courant descendant et à l'ouverture pour le courant ascendant ; ce l'ail n'esl pas absolument exact. Eu 18-27, Nobili ayant imaginé son galvanomètre put, à l'aide de crI appareil, constater l'existence de courants dans |a grenouille ; il vil qu'elle était parcourue p r 11

courant allant des pieds à la tète dans le circuit extérieur ; ce courant est dit courant propre de la grenouille.

On constata aussi l'existence de courants dans les muscles et les nerfs ; enfin Dubois-Reyraond distingua les courants de repos se produisant dans les muscles et les nerfs à l'état inactif de courants analogues à la décharge de la torpille, dits oscillation négative, oscillation qui se produit au moment de la contraction.

21. Instruments à employer. — L'exploration électrique des tissus vivants peut à la rigueur se faire avec un bon galvanomètre, mais il en résulte un inconvénient ; on aura toujours dans le circuit des portions de tissus qui interviendront par leur résistance sur laquelle on sera en général fort mal renseigné ; il sera donc très difficile, d'après les mesures d'intensité de courant, de conclure à la répartition des potentiels et c'est pourtant à cette connaissance qu'il faut viser. Pour faire ces mesures de potentiel il est très mauvais, comme l'ont fait certains auteurs, de recourir à la méthode des compensations, car on lance dans le circuit des courants qui modifient les tissus. L'électromètre est l'instrument de choix, c'est le seul donnant des ré-

ÉLECTRODES IMPOLARISA BLES 67

suliais nets. Il bsI indispensable d'éviter l'introduction dans le ci r eu il de toute force électromotrice étrangère aux lissus soumis à l'expérience ; ainsi un ne peutles toucher avec des fils métalliques, d'où la nécessité d'élecf rodes spéciales

dites impolarisables que nous allons décrire, et donl l'emploi est si nécessaire que toute observation faite autrement ne mérite mêmepasla lecture.

22. Electrodes impolarisables. — Le seul corps conducteur que l'on puisse mettre au contact des tissus sans les altérer et sans donner lieu à une force électromotricc, est la solution de chlorure de sodium à sept pour mille. Il s'agit alors de prendre le contact dans cette solution sans introduire de nouvelle force électromotricc. Voici les deux dispositifs les plus employés par

[es physiologistes.

Les extrémités des fils venant de l'appareil de mesure sont fixées à deux petites auges en zinc pur ; celles-ci contiennent une solution de chlorure de zinc dans laquelle plongent un certain nombre de morceaux de papier à filtre réunies de façon à former une petite masse.

Si l'appareil est bien monté, en rapprochant les deux cuves et en faisant loucher les deux mas-

ses de papier imbibées de chlorure de zinc on ne

Fig. 8

Fis. 9

doit pas constater de courant. Sur le papier on met deux lames de terre poreuse coudées et imbibées de la solution de sel marin ; c'est au contact de ces lames que l'on place les tissus à étudier.

Dans un grand nombre de cas, par exemple si l'on veut opérer sur des nerfs en place, le point

à toucher est trop précis pour que l'on puisse employer cette forme d'électrodes ; on se sert alors du type(2).La solution de chlorure de zinc est placée dans un tube en verre contenant aussi

ÉLECTRODES IHPOLARISABLES 69

un batoo de zinc pur servant d'électrode. La par* tio inférieure du lube est bouchée par un lampon de terre glaise pétrie avec la solution de chlorure de sodium et qui, roulée outre le pouce et l'index, peut être moulée eu pointe ou suivant la forme que l'on désire.

Les électrodes proposées par M. d'Arsonval donnent de très bons résultats lorsqu'elles sont disposées avec soin : la solution salée est placée

dans un petit tube étiré, un bâton d'argent enduit de chlorure d'argent trempe dans la solution et est fixé au tube à l'aide d'un bouchon, le tout est relié à un support comme l'indique la fig. 9. Cette disposition a un inconvénient auquel chaque expérimentateur remédie facilement ; l'électrode une fois en place, il arrive souvent qu'une petite goutte de liquide s'écoule et qu'une bulle d'air coupe la communication dans la portion

rétrécie, pour la faire partir il faut pousser le

bouchon, ce qui dérange la mise en place. Une

disposition qui évite bien des pertes de temps au

moment où Fig. 11 ,, , .

1 expérience

est montée, consiste à attacher le bâton d'argent directement au fil allant à l'appareil de mesure et à faire sur le tube en verre un branchement pouvant contenir du liquide et muni d'un petit piston permettant de chasser la moindre bulle d'air dans la portion effilée sans rien changer à la mise en place. Il est bon de faire ses électrodes soi-même ; chaque paire devra être prise dans un même fil d'argent qu'on enduira à chaud de chlorure. Ce chlorure ne devra pas être acheté dans le commerce, celui qu'on y trouve, provenant souvent des cuves à photographie et contenant des impuretés. En se donnant la peine de le faire soi-même avec du chorure de sodium pur et du nitrate d'argent pur, on obtiendra des électrodes qui ne donneront qu'une différence de potentiel insignifiante. Il

MANIFESTATION! ËLHCTRIQUIfl Dl RKPQ8 71

faut avoir soin, lorsque les électrodes ne sont pas en usage, de les fermer sur elles-mêmes en court circuit et il est bon de les tenir à l'obscurité, l'ai' excès de précaution j'emploie généralement des tubes en verre rouhe» mais n'ayant pas faitd'expériences comparatives, je ne puis dire s'il y a réellement avantage.

23 Manifestations électriques dites de repos — Si l'on prend un fragment de lissu vivant, fraîchement extrait d'un animal, et qu'on le place sur des électrodes impolarisables reliées à un galvanomètre, on constate presque toujours l'existence d'un courant, mais dans un grand nombre de cas il est impossible de reconnaître une loi quelconque dans la grandeur et la direction de ce courant suivant les divers points auxquels on applique les électrodes. Ce n'est guère que dans le cas des muscles striés et des nerfs que cette détermination a pu être bien faite, et encore verrons-nous que la question est loin d'être complètement résolue.

Voici d'abord les résultats adoptés par tous les physiologistes :

Si l'on prend un fragment cylindrique de muscle, l'axe étant parallèle et les bases normales aux libres du muscle, on constate, en ap-

pliquantune électrode sur la face latérale et une autre sur la base, l'existence d'un courant traversant le galvanomètre delà première à la seconde électrode. La face latérale du prisme musculaire est donc positive par rapport à la section transversale. Pour étudier plus complètement cette distribution électrique, il faut faire des déterminations de potentiel à l'aide d'un électromètre. Dans cette expérience, il est de la plus haute importance de vérifier que les électrodes n'ont qu'une force électromotrice propre, extrêmement faible et de la déterminer, afin d'en tenir compte dans les résultats obtenus.

On constate ainsi que les points de potentiel le plus bas se trouvent au milieu de chacune des deux bases, ceux de potentiel le plus élevé à égale distance de ces deux bases ; la £ répartition entre ces deux points se fait suivant une loi représentée sur la figure par les courbes ABC, CDE. Il est facile d'en conclure les différentes positions des électrodes qui donneront naissance à uncou-

Fig. 12

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