‹ Technique de chimie physiologique et pathologiqueChapitre 14 sur 44 · o/oHCl · texte numérisé non relu

o/oHCl

Salkowsky a recommandé, pour simplifier le procédé, de faire un simple dosage du chlore contenu dans le chlorure de baryum. Il préconise l'emploi de la méthode de Volhardt (voir ci-dessous).

5. Méthode de Lûllkc. — Principe de la méthode. — Le chlore existe dans le contenu gastrique sous forme d'acide chlorhydrique libre, sous forme d'acide chlorhydrique combiné à des matières organiques, sous forme de chlorures (de potassium, de sodium, de calcium). Un simple dosage de chlore renseigne cette valeur, à laquelle on donne le nom de chlore total.

Un deuxième dosage, fait après calcination, exprime la quantité de chlore associé aux métaux.

En effet, la calcination d'une combinaison organico-chlorhydrique détermine la combustion complète de la matière organique, et l'expulsion sous forme gazeuse de l'acide chlorhydrique engagé dans cette combinaison ; au contraire, la calcination du chlore combiné aux bases alcalines est impuissante à déterminer la décomposition des chlorures et à libérer le chlore engagé dans la combinaison.

La différence entre le chlore total et le chlore métallique représente l'acide chlorhydrique.

Solutions nécessaires pour le dosage du chlore :

1° Solution décinormale de nitrate d'argent. — On dissout 17 grammes de nitrate d'argent pur et cristallisé dans une quantité suffisante d'eau distillée que l'on acidifie à l'aide de 25 % d'acide nitrique chimiquement pur et l'on dilue pour faire i litre.

2° Solution décinormale de mlfocyanure d'ammonium renfermant 7k'.6 de sel au litre. — On dissout 8 grammes environ de sel dans 1 litre d'eau distillée, et l'on rectifie la dilution par titrage en présence de la solution décinormale d'argent.

10 c. c. de la solution 2 — 10 c. c. de la solution 1.

3° Comme index, une solution d'alun ferrique. — La liqueur prend, en présence de sulfocyanure, une coloration rouge due à la formation de sulfocvanure de fer.

DE CHIMIE IMIYS10L0CIQUE. 49

Teclinique de la méthode :

<t) Dosage du chlore total. — On mesure, a l'aide d'un bal- Doi Ion j;iugé, 10 c. c. du contenu gastrique bien mélangé et non chlore total. filtré. Un transvase cette quantité dans un ballon jaugé de 100 c. c, on lave soigneusement et à plusieurs reprises le premier récipient et on réunit les eaux de rinçage au suc gastrique.

On ajoute à cette quantité 20 c. c. de la solution décinormale de nitrate d'argent, on remplit le ballon jusqu'au niveau du trait de jauge, on agite, puis on laisse reposer pendant une dizaine de minutes. On filtre sur un filtre sec pour séparer le précipité de chlorure d'argent et on recueille le filtratum dans un vase sec. On prélève 50 c. c. de ce mélange qui représente 5' c. c. de suc gastrique et l'on détermine, à l'aide de la solution de sulfocyanure, la quantité d'argent restée en solution.

Cette quantité est égale à la somme que l'on obtient en soustrayant du nombre de centimètres cubes de solution argentique (20), le nombre de centimètres cubes de sulfocyanure employé X 2, et représente la totalité du chlore contenu dans les 10 c. c.

b) Dosage du chlore combiné aux hases. — On évapore à siccité, D>

du

prudemment, au bain de sable, 10 c. c. du contenu gastrique; chlore combiné

aux hases.

puis on calcine au rouge sombre, jusqu'au moment où le charbon ne brûle plus.

Il faut éviter une calcination trop intense, car elle décompose les chlorures et met en liberté le chlore.

Après refroidissement, on triture le charbon avec un peu d'eau, on le lave soigneusement et l'on étend la solution à

100 c. c. On filtre, on ajoute à la liqueur 10 c. c. de solution de nitrate d'argent; on filtre de nouveau et Ton détermine, à l'aide de la solution de sulfocyanure, la quantité d'argent restée en solution.

La différence du nombre de centimètres cubes de la solution d'argent (10) et de la solution de sulfocyanure employé exprime la quantité d'argent restée en solution, c'est-à-dire la quantité de chlore métallique contenue dans 10 c. c.

En soustrayant ce dernier résultat du premier résultat obtenu et en multipliant ce résultat par 0.00365, on obtient la quantité d'acide chlorhydrique.

Méthode 4. Mélliode de Toe|ifer. — Toutes les méthodes que nous

de Tûepfei".

venons de décrire ont l'inconvénient d'exiger un outillage complet, tel qu'on n'en trouve que rarement dans les cliniques médicales, et de nécessiter un temps qui ne s'accommode guère aux exigences de la clinique.

Principe de la méthode. — La méthode de Toepfer repose sur la différence de sensibilité de différents indicateurs, soit en présence d'acides minéraux libres, soit en présence d'acides combinés, soit en présence d'acides organiques.

Ces indicateurs sont :

1° Le diméthylamidoazobenzol , qui passe du jaune au rouge en présence de traces d'acide chlorhydrique. Les acides organiques ne produisent ce virage qu'en solution assez concentrée et, en présence d'acide organique, d'albumine et de peptone, le virage fait totalement défaut. Ces qualités font de cet indicateur un agent très délicat de recherche de l'acide chlorhydrique libre.

2° La phénolphtaléine, sensible à tout facteur acide et, l'inconséquent, bon agent de recherche de l'acidité totale.

H" L'alizarine, sensible à tous les facteurs d'acidité, excepté l'acide chlorhydrique combiné a l'albumine.

Technique de la méthode. — On prélève donc 10 c. c. du sue à analyser, on y ajoute quelques gouttes de la solution de phénolphtaléine et on y laisse couler goutte à goutte de la solution décinormale de soude caustique jusqu'au moment où. l'acidité est neutralisée, moment qu'indique le virage de la solution vers le rouge. On note la quantité de centimètres cubes nécessaire pour cette neutralisation. Cette valeur exprime l'acidité totale calculée en acide chlorhydrique.

On fait une deuxième analyse acidimétrique semblable à la précédente, en remplaçant la phénolphtaléine par quelques gouttes d'une solution d'alizarine. On note la quantité de soude nécessaire pour produire le virage de la solution au rouge. La différence entre l'analyse n° 1 et l'analyse n" "2 exprime en acide chlorhydrique la quantité d'acide combiné.

Par exemple : Dans un mélange comprenant 30 c. c. d'une solution à 0.5 °/o d'albumine de l'œuf; 10 c. c. d'une solution d'acide chlorhydrique ; lU normal , c'est-à-dire 0.9 °/0 HC1 : 10 c. c. d'eau distillée.

La titration nous donne les valeurs suivantes pour 5 c. c. du mélange :

a) Phénolphtaléine : La neutralisation exige 2.85 c. c. de solution décinormale de soude caustique;

b) Alizarine : La neutralisation exige 2.6 c. c. de solution décinormale de soude caustique.

La différence entre a et b — 0.2o c. c. de solution décinormale de soude, c'est-à-dire 0»r.018 °/0 d'acide chlorhydrique combiné.

On fait alors une troisième analyse acidi métrique semblable aux deux précédentes en prenant comme indicateur quelques gouttes de la solution de diméthylamidoazobenzol. On note le nombre de centimètres cubes de solution décinormale de soude nécessaire pour produire le virage du rouge au jaune. Cette quantité exprime la valeur en acide chlorhydrique libre.

Reprenons notre exemple :

c) Diméthylamidoazobenzol : La neutralisation de S c. c. de la solution exige 2.3 c. c. de solution décinormale de soude caustique, c'est-à-dire 0.00839, soit 0.168 °/o.

En additionnant l'acide libre et l'acide combiné : 0.168 -\- 0.018 = 0.186 o/o d'HCl.

Le calcul théorique donne 0.1824%.

L'avantage de cette méthode est de réduire les opérations à trois recherches acidimétriques, faciles à faire et ne demandant qu'un laps de temps très court.

Méthode 5. Méthode de Minlz.

île Mintz.

Principe de la méthode. — On neutralise, à l'aide de soude caustique, tout l'acide libre contenu dans le suc gastrique, c'est-à-dire jusqu'au moment où la réaction de Gùnsburg y donne un résultat négatif.

Technique. — On mesure, à l'aide de la pipette, 10 c. c. de suc gastrique et on y laisse s'écouler goutte à goutte de la solution décinormale de soude caustique; de temps à autre on prélève une goutte du mélange; on y ajoute une goutte de réactif de Gùnsburg et on chauffe prudemment sur une petite flamme; si la réaction est positive, c'est-à-dire si le résidu

prend une coloration rouge vif, l'acide libre n'est pas encore complètement saturé et il faut continuer la neutralisation; si la réaction est négative, il faut s'assurer, par un deuxième essai, que l'on n'a pas dépassé le point voulu.

On calcule facilement la quantité d'acide libre; on multiplie 0.003G5 par n, le nombre de centimètres cubes employé pour atteindre la neutralisation de l'acide libre.

Recherche de la pepsine dans les vomissements. On prend 10 à 20 c. c. de matières vomies, on y ajoute Recherche

de la pepsine

10 c. c. d'une solution d'acide chlorhydrique a 0.2 %; on y «lans les

vomissements.

laisse tomber un petit flocon de fibrine lavé ou bien un petit cube de blanc d'œuf coagulé; on porte le mélange à 40" au bain-marie et on prolonge cette action pendant quelques heures. Le suc normal digère la fibrine en une demi-heure; l'action est plus lente pour le cube de blanc d'œuf.

La présence de la pepsine se manifeste par la dissolution complète de l'albumine et par la formation de peptone.

Certains corps, tels que les gommes et les sucres, peuvent entraver la digestion. H suffit pour s'en assurer de faire l'expérience suivante : On prépare trois ballons renfermant chacun une vingtaine de centimètres cubes du suc à analyser; à l'un d'eux, on ajoute une solution de sucre; à l'autre, une solution de gomme arabique, et on laisse le troisième intact; on y ajoute quelques flocons de fibrine et l'on met à l'étuve. On compare facilement la rapidité de formation de la peptone. La même méthode est valable pour apprécier le pouvoir digestif des échantillons de pepsine livrés par le commerce.

Nous indiquons plus loin la méthode à suivre pour la recherche de la peptone.

§ 2. — Etude des produits de la digestion.

L'albumine subit par l'action du suc gastrique, agissant à la température du corps, de profondes modifications. Ces modifications comportent la transformation de l'albumine insoluble, peu diffusible et non dialysable, en des substances solubles, diffusibles et qui traversent facilement les membranes organiques, capables, par conséquent, de traverser la paroi gastrique et d'atteindre les vaisseaux absorbants du réseau de la veine porte.

La nature intime de cette transformation n'est pas encore éclaircie et l'accord n'est pas établi d'une façon définitive sur le point de savoir si ces corps constituent des substances autres que l'albumine ou bien s'ils ne sont pas simplement une modification de l'état physique de celle-ci.

Si l'on met de la fibrine à digérer, en présence de suc gastrique artificiel, on constate tout d'abord que la fibrine se gonfle fortement, que les bords des flocons deviennent moins opaques et qu'après un temps variable (une demi-heure à quelques heures) elle se dissout. On obtient alors un liquide jaunâtre, louche, dans lequel nagent quelques débris qui résistent indéfiniment à l'action du suc gastrique.

Préparation du suc gastrique artificiel.

Snc gastrique 11 suffit de préparer une solution d'acide chlorhydrique artificiel. , n n , ., , . .

a 0.2 % et d y ajouter de la pepsine du commerce.

On peut aussi extraire le ferment de l'estomac du porc fraîchement tué. On ouvre l'estomac, on l'étend sur une plan-

DE CHIMIE PHY8I0L0G1Q1 i.. 00

chette avec la lace péril laie contre le bois, on rince la

muqueuse à grande eau, puis on la dissèque soigneusement. On hache cette muqueuse, puis on la fait macérer pendant vingt-quatre à quarante-huit heures dans un litre d'eau acidulée de 8 à 10 c. c. d'acide chlorhydrique. La solution comprend alors à peu près 0.2 " » d'acide. Le lendemain, on décante, on filtre à travers un linge tin, on fait un second, puis un troisième extrait que l'on réunit au premier.

Digestion artificielle.

Toute substance albuminoïde, le blanc d'œuf, la fibrine du Digestion ... . . . , . .T artificielle.

sang, la chair musculaire, convient pour cette opération. IVous

employons généralement la fibrine.

On lave sous un courant d'eau 200 grammes de fibrine jusqu'à ce que toute trace de sang ait disparu, on exprime l'eau et l'on introduit la fibrine dans un ballon bien lavé. On ajoute alors 1 */g litre de suc gastrique artificiel, on bouche le flacon à l'aide d'un tampon d'ouate et on le met à l'étuve chauffée à 37 ù 40°.

Après un temps qui varie d'après la richesse en acide et d'après la température de l'étuve, on constate que la fibrine, qui s'était d'abord gonflée, s'est complètement dissoute. Il ne suffit pas que la fibrine soit dissoute pour que la digestion soit terminée, comme nous le verrons plus tard. Généralement vingt-quatre heures de digestion suffisent pour opérer la transformation de la fibrine. Cependant, si l'on veut récolter une quantité assez grande de peptone, il est bon de prolonger la digestion pendant quatre ou cinq jours. On se sert alors d'une étuve ù température constante et l'on empêche la putréfaction

de l'albumine par l'addition de quelques cristaux d'acide salicylique.

Meissner admettait dans la transformation de l'albumine trois stades distincts :

1° La parapeptone;

2° La métapeptone ;

3° La peptone.

La parapeptone précipite de ses solutions par le sulfate de soude.

La métapeptone précipite par les acides quand les solutions sont d'abord débarrassées de la parapeptone.

La peptone comprend, d'après cet auteur, trois variétés :

a) Une peptone précipitée par le ferrocyanure de potassium en solution acétique. L'acide nitrique la précipite de ses solutions ;

b) Une peptone précipitée par le ferrocyanure de potassium en solution acétique et restant indifférente en présence d'acide nitrique ;

c) Une peptone ne précipitant pas par les réactifs.

Peptone Peptone de Kiiline. — Les recherches de Kùhne et de ses

<le Kiihne.

élèves modifièrent la question. En se servant du sulfate d'ammoniaque en cristaux, ils purent différencier plus nettement la peptone de toutes les autres variétés d'albumine.

Ils réservèrent le nom de peptone à une substance albuminoïde non précipitée de ses solutions lorsqu'on sature celles-ci au moyen de cristaux de sulfate d'ammoniaque. Toutes les substances autres, très voisines des peptones et possédant un certain nombre de leurs caractères, furent rangées dans un autre groupe : les albumoses.

D'après ces données, le schéma de Meissner se trouva modifié et Ton admit que la fibrine, en présence du suc gastrique, se transforme en :

1° Syntonine ou acidalbumine;

2° Albumoses;

3° Peptones.

C'est cette classification qui, actuellement, est admise en

général.

Préparation des différents termes de la digestion. Wcliéma do la marche a suivre.

Fibrine + pepsine +- acide chlorhydrique ; séjour à l'étuve à 40° ; neutralisé par le carbonate de soude, filtra tion

Précipité : Syntonine. Albumoses et peptones.

Acidifier par acide acétique,

puis saturation par sulfate d'ammoniaque

en cristaux, filtration

Précipité : Albumoses, Solution peptones,

additionné de carbonate de additionné de carbonate de

baryum baryum

Sulfate de Sol. albumoses. Sulfate de Sol. peptones.

baryum. baryum.

On additionne de carbonate de soude le liquide soumis à l'analyse jusqu'à apparition d'une réaction alcaline faible, et l'on agite avec une baguette de verre pour obtenir un mélange, bien intime; dès que la réaction est devenue légèrement alca-

line, il se forme un précipité floconneux, blanc (la syntonine).

11 faut se garder d'ajouter un excès de carbonate de soude; la syntonine se redissout dans un excès d'alcali et se transforme en albuminate alcalin.

Le mélange jeté sur un filtre plat se divise en syntonine retenue sur le filtre et en un liquide clair qui renferme les produits plus complètement élaborés.

On acidifie par l'acide acétique le filtratum, puis on le sature au moyen de sulfate d'ammoniaque en cristaux. Les albumoses se précipitent (sauf une partie de deutéroalbumose) et les peptones restent en solution.

syntonine. i. Préparation de la syntonine. — La syntonine s'est précipitée lors de la neutralisation du suc gastrique par le carbonate de soude.

Elle se présente sous la forme d'un précipité épais, floconneux, insoluble dans l'eau, soluble dans l'eau acidulée, dans les solutions alcalines. Elle précipite de ses solutions acides par saturation au moyen de sels neutres. Les alcalis caustiques en solutions concentrées la dissolvent et la transforment en albuminates alcalins.

Albumoses. 2. Préparation des albumoses. — On reprend le précipité d'albumoses dans une grande quantité d'eau; on débarrasse la solution du sulfate d'ammoniaque; on la fait bouillir en ajoutant peu à peu du carbonate de baryum. Le baryum se combine à l'acide sulfurique pour former du sulfate de baryum, l'ammoniaque devient libre. On continue ces opérations jusqu'au moment où tout l'ammoniaque s'est dégagé. On compense les pertes dues à l'évaporation en ajoutant de temps en temps de petites quantités d'eau distillée.

L»'s albumoses constituent un groupe de corps qui représentent les étapes de la transformation de l'albumine en peptone. Ou distingue les albumoses primaires et 1rs albumoses secondaires.

Les albumoses primaires sont Fhétéro- et la protoalbumosi*, les albumoses secondaires sont la deutéroalbumose. Toutes ers variétés d'albumoses possèdent des caractères généraux communs à tous les corps des groupes et des caractères propres qui permettent de les différencier l'un de l'autre.

A. Caractères du groupe.

1° Toutes les variétés d'albumoses sont solubles dans l'eau. Le degré de solubilité augmente à mesure que la substance se rapproche de la peptone. L'bétéroalbumose est peu soluble dans l'eau; la protoalbumose et la deutéroalbumose se dissolvent bien.

2° Les solutions de toutes les variétés d'albumoses précipitent quand on les sature au moyen de cristaux de sulfate d'ammoniaque. Les albumoses primaires précipitent intégralement; les albumoses secondaires ne précipitent qu'incomplètement.

3° L'alcool précipite toutes les solutions neutres d'albumoses. En présence de solutions acides ou alcalines, l'alcool ne détermine aucun précipité.

Cette opération altère l'bétéroalbumose.

i° Les albumoses précipitent par le ferrocyanure de potassium et l'acide acétique. Ce précipité se redissout dans un excès d'acide; il se redissout aussi quand on chauffe la solution, pour reparaître par le refroidissement. On sait que l'albu-

mine précipite aussi par le ferrocyanure de potassium et l'acide acétique, mais ce précipité reste insoluble à chaud.

5° Les solutions d'albumoses, acidulées par l'acide acétique, puis saturées de chlorure de sodium, se troublent. Ce trouble disparaît par la chaleur et reparaît par le refroidissement. L'acide nitrique possède la même action.

6° Les solutions d'albumoses précipitent par l'acide métaphosphorique et l'acide picrique. Ce dernier précipité se dissout à chaud, il reparaît par refroidissement.

7° De nombreux sels de métaux lourds précipitent l'albumose de ses solutions (sels de fer, sels de plomb, sels d'argent, etc.).

B. Caractères spéciaux.

Il est parfois utile de déterminer la nature de l'albumose.

1° Ces substances n'ont pas pour l'eau la même affinité (l'hétéroalbumose est peu soluble, la proto- et la deutéroalbumose se dissolvent bien).

2° En saturant la solution à l'aide de chlorure de sodium, on précipite complètement l'hétéroalbumose, incomplètement la protoalbumose, et pas du tout la deutéroalbumose.

3° Le précipité obtenu par le ferrocyanure et l'acide acétique en présence d'albumoses se comporte différemment si l'on fait agir le chlorure de sodium. Le précipité des albumoses secondaires se dissout, celui des albumoses primaires reste indifférent.

En résumé, les caractères principaux sont :

1° En solution acide, elles précipitent par la saturation au moyen de sulfate d'ammoniaque en cristaux.

2° Elles précipitent par le ferrocyanure de potassium et

l'acide acétique. Ces précipités se dissolvent a chaud et reparaissent par refroidissement.

3° L'acide nitrique concentré, l'acide acétique et le chlorure de sodium déterminent un précipité soluble à chaud et reparaissant par le refroidissement.

4° Elles donnent la réaction du biuret qui s'obtient en additionnant la solution de quelques gouttes d'une solution de sulfate cuivrique très diluée, après avoir fortement alcalinisé.

5. Préparation de la peptone. — Après avoir séparé de lasolu- Peptone tion les albumoses au moyen du sulfate d'ammoniaque, on obtient un filtratum clair qui renferme les peptones et une grande quantité de sulfate d'ammoniaque.

On se débarrasse de ce sel en faisant bouillir la solution avec du carbonate de baryum et l'on filtre ; le sulfate de baryum formé reste sur le filtre, la peptone passe dans le filtratum dans un état de pureté suffisant pour permettre l'étude des caractères de ce corps.

Caractères de la peptone. — Selon la formule de Kùhne, on donne le nom de peptone à une variété de substance albuminoïde qui ne se précipite pas de ses solutions par la saturation au moyen de sulfate d'ammoniaque en cristaux.

La peptone est amorphe, très hygroscopique, soluble dans l'eau avec dégagement de chaleur, soluble aussi dans une solution saturée de sulfate d'ammoniaque.

Elle précipite complètement par le tannin, par l'iodure double de mercure et de potassium (en présence d'acide chlorhydrique). Elle précipite incomplètement par l'acide phosphotungstique et phosphomolybdique en présence d'acides minéraux.

62 TECHNMQUE

Le réactif d'Esbach donne un précipité qui se redissout à chaud.

L'acétate basique de plomb, le chlorure mercurique la précipitent abondamment. Le sous-acétate de plomb la précipite incomplètement.

Le sulfate de cuivre, le chlorure de platine, l'acide chromique, le perchlorure de fer ne la précipitent pas.

Le réactif de Millon détermine un abondant précipité blanc qui devient rouge par la chaleur.

Certaines réactions colorantes permettent aussi de la caractériser :

a) On ajoute à la solution de peptone 4 c. c. d'un mélange d'acide acétique glacial et d'acide sulfurique (o c. c. d'acide acétique -f 5 c. c. d'acide sulfurique); la solution se colore en violet.

(s) La réaction du biuret.

On alcalinise fortement à l'aide de soude caustique et l'on ajoute goutte à goutte une solution très étendue de sulfate cuivrique; la peptone détermine dans ces conditions une coloration rose, fleur de pêcher.

La peptone produite par la digestion gastrique est de Yamphopeptone; nous verrons plus loin que la trypsine transforme aussi les albumines et produit de Yantipeptone. âmphopeptone. L'amphopeptone se produit principalement par l'action digestive du suc gastrique, l'antipeptone résulte de l'action de la trypsine.

L'amphopeptone se décompose facilement par l'action du ferment pancréatique; elle fournit de notables quantités d'acides amidés (leucine, tyrosine) et de l'antipeptone. L'ébullition, en

présence d'acide sulfurique dilué, la décompose aussi dans les mêmes éléments.

Le réactif de Millon forme un précipité blanc qui devienl rouge par ki chaleur.

L'antipeptone n'est nullement attaquée par la trypsine ; àntipeptone. l'ébullition avec l'acide sulfurique dilué ne fournit que très peu ou pas de tyrosine. Le réactif de Millon ne détermine point la formation d'un précipité rouge, mais d'un précipité jaune sale.

Page 1