Soufre. — Acide nul fini que
Soufre. Le soufre existe dans l'urine sous différentes formes :
4° Combiné aux métaux sous forme de sulfate;
2° Combiné aux radicaux du groupe du phénol, formant avec ces corps les acides sulfoconjugués ;
3° Combiné à des bases organiques autres que des acides (cystine, etc.) donnant le soufre neutre ;
4° Sous la forme plus rare et moins importante d'hyposul fîtes ;
5° Sous la forme très rare et nettement pathologique d'acide sulfhydrique.
La quantité totale de soufre éliminée en vingt-quatre heures par l'organisme oscille entre 4.5 et 3 grammes de SO3. Cette quantité fournit un complément important du bilan de la nutrition organique; elle exprime, avec l'azote, l'activité des échanges et du métabolisme des substances azotées.
Dosage i. Dosage (lu soufre lolal dans l'urine. — On dilue dans 75 ou
du soufre total
dans l'urine. 400 c. c. d'eau distillée 25 ou 50 c. c. d'urine filtrée; on ajoute 5 à 40 c. c. d'acide chlorhydrique et l'on chauffe jusqu'à près de l'ébullition; on ajoute alors un excès de solution de chlorure de baryum. On chauffe le mélange au bain-marie pendant une couple d'heures, puis on laisse reposer la liqueur pendant vingt-quatre heures. On filtre sur un filtre de papier suédois lavé la partie limpide de la liqueur. On reprend la masse du précipité par l'eau chaude. On répète cette opération jusqu'au moment où le filtratum limpide ne renferme plus de trace de chlorure de baryum (acide sulfurique, nitrate d'argent). On jette alors sur le même filtre la grande masse du précipité; on
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lave à l'alcool chaud, puis on dessèche à une température voisine de 100°.
On porte le filtre et le précipité dans un creuset en platine et l'on chaude peu a peu, puis plus vivement jusqu'à calcination complète. On laisse refroidir sur l'acide sulfurique et l'on pèse.
Le résidu de cette calcination est du sulfate de baryte; on déduit facilement du poids de sulfate de baryte le poids du soufre : 100 parties de sulfate de baryte renferment 34.335 de SO3.
2. Dosage du soufre des acides sulfoconjugués. — Il faut débar- Dosage
du soufre
rasser l'urine du soufre combiné aux métaux, c'est-à-dire des des acides aul-
foconjugués.
sulfates préformés. On y parvient par l'action d'un mélange
harytique (deux parties d'une solution saturée à froid d'hydrate de baryte, une partie d'une solution saturée à froid de chlorure de baryum); les sulfates et les phosphates se précipitent; on filtre.
On ajoute à 25 ou 50 c. c. d'urine filtrée une égale quantité du mélange barytique, et l'on filtre. On prélève 50 ou 100 c. c. de ce mélange, ce qui correspond à 25 ou 50 c. c. d'urine ; on acidifie par 5 ou 10 c. c. d'acide chlorhydrique; on chauffe fortement, puis on ajoute un excès de chlorure de baryum. Pour le reste, on opère comme pour le dosage du soufre total.
5. Dosage du soufre des sulfates. — Ce dosage est inutile en Dosage
rlu soufre
pratique; la différence du soufre total et du soufre des acides .les sulfates. sulfoconjugués représente le soufre des sulfates.
4. Recherche du soufre neutre. — On élimine le soufre des Recherche
du sulfates et des acides sulfoconjugués par les opérations indi- s,Jufl'e neutre.
quées ci-dessus; puis on évapore le filtratum à siccité;on le
fond à basse température avec deux parties de carbonate de soude chimiquement pur et une partie de nitrate de potassium. On dissout le résidu blanc cristallin dans l'eau, on filtre, on acidifie àl'aide de quelques gouttes d'acide chlorhydriqueetl'on ajoute quelques gouttes de solution de chlorure de baryum. En présence de soufre, il se produit un précipité blanc de sulfate de baryte.
Recherche 5. Recherche de l'hyposulfite. — On traite l'urine par un excès de l"hv|iosuliite.
d'eau de baryte, on réduit au bain-marie le volume du filtratum. On filtre pour séparer du carbonate de baryum qui s'est formé; on précipite alors par l'alcool ; on filtre et l'on reprend le précipité par l'eau ; on porte cette liqueur à l'ébullition; on filtre et l'on évapore. L'évaporation abandonne de l'hyposulfite de baryum que l'on reconnaît aux réactions suivantes :
1° L'addition d'acide chlorhydrique à la solution d'un hyposulfite le décompose et met en liberté du soufre qui se précipite sous forme de soufre blanc;
2° Le chlorure ferrique colore les solutions d'hyposulfite en violet.
Recherche 6. Recherche de l'acide sulflrydrique. — L'acide sulfhydrique sulfhydrique. n'existe dans l'urine que dans des cas pathologiques. On reconnaît sa présence à l'aide d'un papier à l'acétate de plomb.
On verse l'urine acidulée dans un ballon à large col que l'on bouche soigneusement; dans la partie inférieure du bouchon, on fait une incision dans laquelle on fixe un fragment de papier à filtrer imbibé de solution alcaline d'acétate de plomb, en ayant soin d'éviter le contact entre le papier plombique et le col du ballon, et l'on abandonne pendant quelques heures; l'acide sulfhydrique se dégage, et il se forme sur le papier au plomb une tache noire de sulfure de plomb.
Acclone (CI1YCO.
L'acétone existe <lans l'urine normale en quantité plus ou moins grande; dans la lièvre, dans le jeûne, dans le refus de manger des mélancoliques ou des délirants, la quantité d'acétone urinaire augmente dans de fortes proportions.
Recherche de l'acétone dans l'urine. — On acidulé environ 250 grammes d'urine à l'aide de 10 c. c. d'acide acétique pur et l'on distille. On se sert d'un réfrigérant assez long. On récolte les premières portions du liquide qui passent à la distillation et l'on y recherche la présence de l'acétone.
Caractères et réactions de l'acélone.
Caractères chimi<iues. — Liquide jaunâtre, à odeur prononcée spéciale, très volatil; il bout â 56°,5 et se dissout en toutes proportions dans l'eau, dans l'alcool, dans l'éther.
Il se combine facilement aux sulfites alcalins, qui forment avec lui un composé cristallin.
Réactions de l'acétone. — 1. Réaction de Lieben. — En présence d'un alcali caustique, l'acétone forme, avec l'eau d'iode iodurée, un acétate alcalin et de l'iodoforme qui se précipite.
On verse 2 à 3 c. c. du liquide, qui a passé à la distillation, dans un tube a essai; on alcalinise â l'aide d'une solution de soude caustique; puis, à l'aide d'une pipette, on laisse s'écouler le long de la paroi du tube une quantité égale de bi-iodure de potassium, sans que les liqueurs se mélangent : un anneau blanc au point de contact indique la production d'iodoforme.
Lorsque le précipité d'iodoforme est peu abondant, on reconnaît sa présence à la forme étoilée de ses cristaux.
II convient de remarquer que l'alcool détermine la même réaction; la réduction et la précipitation de l'iodoforme par l'alcool ne se font que lentement; la réduction et la précipitation par l'acétone sont instantanées.
2. Réaction de Gunning. — Cette réaction repose sur le même principe que la réaction de Lieben.
On verse 2 à 3 c. c. de liquide dans un tube à essai ; on alcalinise franchement par l'ammoniaque et l'on ajoute, à la pipette, de la teinture d'iode.
La sensibilité de cette réaction est grande; elle a l'inconvénient de donner naissance à un précipité noir (combinaison iodo-azotée) qui voile la formation de l'iodoforme.
3. Réaction de Légal. — On ajoute à 4 ou 5 c. c. de liquide bien alcalinisé quelques gouttes d'une solution saturée fraîche de nitroprussiate de soude; en présence d'acétone, la liqueur se colore en rouge-rubis pour passer bientôt après au jaune. Si l'on acidifie à l'aide d'acide acétique, la couleur jaune fait place à une teinte pourpre qui vire peu à peu au bleu.
Nous avons vu que la créatinine présente une réaction analogue.
Groupe du phénol.