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ÉLÉMENTS ANORMAUX DE L'URINE

§ I. — Substances aluuminoïdes.

On peut rencontrer dans l'urine, dans les états les plus Substance»

r alliuminofde*

divers, différentes espèces de substances albuminoïdes : de l'albumine, de la paraglobuline, de la nueléo-albumine, de la fibrine, de l'hémoglobine, des albumoses et des peptones.

Pour procéder à la recherche ou à la détermination de ces substances, il faut opérer sur une urine claire et bien transparente. Il arrive fréquemment que la filtration soit insuffisante pour éclaircir des urines pathologiques et que cette opération ne livre qu'un liquide louche; c'est surtout le cas pour les urines en voie de fermentation. Dans ces cas, il est utile d'agiter l'urine avec une poudre inerte, telle que le carbonate de baryte ou la magnésie calcinée, puis de la filtrer.

La présence des variétés de substances albuminoïdes dans l'urine se caractérise par l'une ou l'autre des réactions suivantes.

I. Coagulation. — On chauffe dans un petit ballon de l'urine faiblement acidifiée d'acide acétique dilué : la liqueur se trouble peu à peu, et à l'ébullition le trouble formé se précipite sous la forme de fins flocons.

Le précipité ne se redissout pas par addition de quelques

gouttes d'acide nitrique, lorsqu'il est albumineux ; s'il es( formé de sels (phosphates alcalins terreux), il se redissout et la liqueur redevient limpide.

2. Réaction du ferrocyanure de potassium et de l'acide acétique. —

On verse une partie d'urine dans un tube à essai, on l'acidifie par de l'acide acétique et l'on ajoute quelques gouttes d'une solution de ferrocyanure de potassium. L'albumine se précipite en fins flocons; il peut cependant se faire qu'un précipité non albumineux prenne naissance; précipité dû, soit à la décomposition du ferrocyanure, soit à la formation de composés nouveaux de nature indéterminée.

Il faut donc s'assurer de la nature albumineuse du précipité. On sépare le précipité suspect et l'on essaie l'une ou l'autre des réactions colorantes de l'albumine (voir ci-dessous).

3. Réaction de Heller. — On ajoute prudemment, le long de la paroi d'un tube à essai incliné, de l'urine à l'acide nitrique, sans que les deux liquides se mélangent. S'il existe de l'albumine, il se forme au point de contact des deux liquides un anneau finement floconneux et grisâtre.

4. Réaction d'EsItacb. — On ajoute à l'urine quelques centimètres cubes de liqueur d'Esbach; les albumines se précipitent sous la forme de fins flocons jaunes. Cette réaction ne doit s'appliquer qu'avec réserve, lorsqu'il s'agit d'urines en voie de fermentation ammoniacale; il peut se former, dans ce cas, un précipité cristallin de picrate d'ammoniaque.

Ces quelques réactions suffisent à la pratique journalière; elles renseignent avec une précision suffisante sur la présence de l'albumine. Il est même possible, en combinant ces réactions, d'obtenir quelques données sur la nature de l'albumine

dissoute clans l'urine. Prenons comme exemple, soit une urine ne précipitant pas par le ferrocyanure, ni par la coagulation, ni par la réaction de Heller, et donnant un précipité floconneux par la réaction d'Esbach : il est probable que cette urine contient dts peptones; soit une urine ne se coagulant pas par la chaleur ni par la réaction de Heller, niais précipitant par la ferrocyanure de potassium, et par le réactif d'Esbach de fins flocons : l'urine renferme soit des albumoses et des peptones, soit seulement des albumoses.

11 est cependant des cas où ces réactions sont d'une netteté insuffisante pour permettre de formuler une conclusion; dans ces cas, il faudra avoir recours à un plus grand nombre d'essais.

Propriétés générales des substances albuminoïdes. Nous indiquons ci-dessous les principales propriétés de propriétés

générales l'albumine. des substances

albuminoïdes, Toutes les substances albuminoïdes possèdent une série de

réactions générales qui permettent de les caractériser.

1. Polarisation. — Toutes les solutions des substances albuminoïdes dévient vers la gauche la lumière polarisée.

2. Coagulation. — La plupart des substances albuminoïdes se coagulent par la chaleur; pour les unes, la coagulation se produit le mieux après acidification du milieu (albumine, nucléo-albumine); pour d'autres, la coagulation se produit en solution neutre (globuline, hémoglobine); d'autres, enfin, ne sont point influencées (peptones). La richesse des solutions albumineuses en sels exerce une importante action sur le point de coagulation des substances albumineuses, qu'elle élève. L'urée, le nitrate d'urée exercent la même action.

3. Action des seJs. — La plupart des sels alcalins exercent une grande influence sur les solutions albumineuses :

Le sulfate d'ammoniaque en cristaux jusqu'à refus précipite toutes les variétés d'albumines (la peptone exceptée);

Le chlorure de sodium précipite incomplètement : la globuline, la nucléo-albumine, la protoalbumose ; l'hétéroalbumose se précipite intégralement; la peptone ne se précipite pas.

Le sulfate de magnésie en cristaux en excès précipite complètement la globuline (Hammarsten) et n'influence nullement l'albumine.

Certaines de ces réactions permettent de séparer et d'extraire les albumines de milieux complexes et acquièrent une valeur diagnostique considérable.

4. Toutes les substances albuminoïdes précipitent par l'une ou l'autre des réactions d'alcaloïdes.

a) La principale de ces réactions est la réaction du ferrocyanure de potassium en solution acétique : toutes les variétés de substances albuminoïdes précipitent, les peptones exceptées.

b) Les acides phosphotungstique, phosphomolybdique en solution sulfurique précipitent complètement toutes les variétés de substances albuminoïdes ; incomplètement les peptones.

c) Le tannin, de l'iodure double de mercure et de potassium, de l'acide picrique précipitent complètement toutes les variétés de substances albuminoïdes.

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