On recherche d'abord la présence de nucléo-albumine, en
ajoutant à une petite portion d'urine, de l'acide acétique concentré. La nucléo-albumine se précipite. Voir p. 194 et chapitre X.)
2. Pour la recherche des albumines du sang, on opère sur l'.'A) c. c. d'urine filtrée, que l'on acidulé faiblement à l'aide d'acide acétique dilué, et l'on porte à l'ébullition : on filtre pour séparer le coagulum d'albumine, et l'on s'assure, par un nouvel essai de coagulation, de l'absence d'albumine coagulante dans le filtratum.
S'il n'en est pas ainsi, c'est-à-dire si l'ébullition détermine encore la formation d'un précipité, on sépare ce nouveau coagulum en filtrant l'urine, sur le môme filtre. En général, lorsque le degré d'acidité de l'urine est suffisant, toute l'albumine se précipite lors de la première ébullition, et le filtratum est limpide et débarrassé de toute albumine coagulable, et approprié à la recherche des albumoses et peptones.
3. Recherche des albumoses. — On sature l'urine limpide à l'aide de cristaux de sulfate d'ammoniaque; on chauffe légèrement pour faciliter la dissolution du sel. Si le liquide reste limpide, on peut admettre l'absence d'albumoses; si, au contraire, il se forme un précipité, on a affaire à l'une ou l'autre des variétés d'albumoses.
4. Recherche des peptones. — Après séparation du précipité d'albumoses, on chauffe le filtratum limpide a l'ébullition, en y ajoutant, peu à peu, du carbonate de baryum ; on débarrasse par filtration la liqueur du sulfate de baryum formé, puis de l'excès de sel de baryum, en acidulant légèrement la solution d'acide sulfurique dilué. On filtre de nouveau; le filtratum renferme les peptones.
Caractères spéciaux des différentes variétés de substances albuminoïdes.
Nucléoalbumine.
1. Nucléo- albumine. — a) La nucléo-albumine coagule entre 74° et 76°, sous la forme d'un trouble grisâtre qui, par addition d'acide acétique, prend la forme de fins flocons.
(3) L'acide acétique concentré la précipite à froid de ses solutions; le précipité se redissout dans un excès de réactif. Tous les acides, même l'acide carbonique, agissent de même. L'acide trichloracétique serait le meilleur agent de précipitation. (Voir chapitre X.)
2. Albumines du sang (sérum-albumine, sérum-globuline). — Elles se rencontrent rarement isolément.
Elles coagulent, par la chaleur, en présence d'acide acétique dilué, vers 70°-75°, et le coagulum prend vers 100° un aspect nettement floconneux. Certains sels exercent une grande influence sur les solutions de ces albumines :
a) Le sulfate d'ammoniaque en cristaux à saturation précipite les deux substances sans en altérer les propriétés;
(j) Le ferrocyanure de potassium en solution acétique les précipite.
Elles se précipitent sous la forme d'acide-albumine par l'action de l'acide nitrique (réaction de Heller) ; l'acide picrique associé à un autre acide organique les précipite (réaction d'Esbach); les acides phosphomolybdique et phosphotungstique en solution sulfurique les précipitent.
De nombreux sels de métaux lourds (sels ferriques, sels de plomb) les précipitent.
Séparation de ï albumine et de lu globuline. — Ces deux sub- séparation
de l albumine Stances présentent un grand nombre de réactions communes; et de
. I.i globuline.
I action de certains sels n est point la même pour les deux
substances et permet de les isoler. (Sulfate de magnésie.)
L'urine sursaturée de cristaux de sulfate d'ammoniaque est jetée sur un filtre. On dissout dans l'eau le précipité et la masse des cristaux, sur le filtre ; on soumet à la dialyse, et on sature la li(|ueur filtrée a l'aide de cristaux de sulfate de magnésie jusqu'à r» fus. La globuline seule se précipite; on sépare le précipité par filtration; l'albumine passe seule dans le filtratum; on redissout dans l'eau le précipité et la globuline, sur le filtre.
Caractères de la séruni-alhuniine. (Voir chapitre VI.)
Caractères de la globuline. (Voir chapitre VI.)
3. Albumoses. — Les albumoses ne se coagulent pas par la Albumoses. chaleur et l'acide acétique : elles sont plus ou moins solubles (la solubilité augmente, a mesure qu'on se rapproche de la peptone).
Elles précipitent par le ferrocyanure de potassium en solution acétique.
Elles précipitent par le réactif d'Esbach.
L'acide nitrique trouble les solutions d'albumoses; ce précipité ne se forme qu'à froid; il disparaît par l'ébullition et reparaît par refroidissement.
Les solutions d'albumose, fortement acidifiées par l'acide acétique et additionnées de chlorure de sodium, précipitent à froid ; ce précipité se redissout à chaud, et reparaît par le refroidissement.
Les cristaux de sulfate d'ammoniaque précipitent complètement les albumoses de leurs solutions.
Toutes les albumoses donnent la réaction du biuret.
Peptones. 4. Peptones. — Les peptones se dissolvent bien dans l'eau, ne se dissolvent pas dans l'alcool fort, ne se coagulent pas par la chaleur et l'acide acétique, et échappent à la plupart des agents chimiques.
Elles ne précipitent par aucun sel alcalin, ne sont pas influencées par le ferrocyanure de potassium et l'acide acétique.
Elles précipitent par certains sels de métaux lourds et par les acides phosphotungstique et phosphomolybdique, en présence d'acide sulfurique; elles précipitent aussi par le réactif d'Esbach; le précipité se dissout à chaud et reparaît par refroidissement.
Elles donnent la réaction du biuret.
Dosage de l'albumine dans l'urine.
1. Méthode par pesée. — L'urine, acidulée d'acide acétique en quantité suffisante, est portée à la température de coagulation de l'albumine. On filtre alors sur un filtre séché et taré pour séparer le liquide du coagulum ; on lave à l'eau, à l'alcool et à l'éther; on sèche et l'on pèse. La différence de poids exprime la quantité d'albumine existant dans la portion d'urine employée.
Pour mettre ce principe en pratique, il est de la plus grande importance d'atteindre exactement le degré d'acidité voulu pour favoriser la coagulation des albumines. Dans ce but, il est utile de procéder à quelques essais préliminaires.
On prélève une quantité connue d'urine, on l'acidifie à l'aide d'une quantité connue d'acide acétique, et on chauffe d'abord au bain-marie, puis, lorsque la coagulation est terminée, à feu nu jusqu'à ébullition franche, et l'on filtre.
On s'assure que l'ébullition, après l'addition de quelques
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. li'T
gouttes d'acide acétique, ne détermine plus l'apparition de
trouble dans le liltratuiu en question. S'il nYii est pas ainsi, ou bien si le liltiatum parait trouble, on peut a priori admettre que l'acidulation était insuffisante et que toute l'albumine n'est pas encore coagulée, et l'on recommencera l'opération. Si aucun trouble nouveau n'apparaît, on peut admettre que toutes les albumines coagulantes sont précipitées et que l'on a atteint le degré d'acidité exact. On procède alors au dosage réel.
Ce dernier porte sur une quantité qui varie avec la richesse en albumine que l'on attribue au liquide soumis à l'analyse ; il esl bon que le précipité d'albumine ne dépasse pas 0^.2 à 0^.3 d'albumine.
On verse, dans un verre de Bohême, la quantité d'urine que Ton juge appropriée, et l'on porte au bain-marie; puis on chauffe à feu nu. On jette alors rapidement le coagulum sur un filtre taré, en détachant, à l'aide d'une baguette de verre coiffée de caoutchouc, les particules collées aux parois du vase. Cette opération doit être menée avec célérité, l'albumine coagulée prenant rapidement un aspect corné et s'incrustant pour ainsi dire sur les parois du verre.
On lave a l'eau chaude, jusqu'à complète disparition des chlorures, puis à l'alcool et à l'éther, et l'on sèche à 120° pendant vingt-quatre heures; l'on chauffe jusqu'à constance de poids.
Pour obtenir un résultat tout à fait exact, on calcine le filtre et le coagulum, on pèse les cendres et l'on soustrait leur poids du poids primitivement obtenu.
2. Méthode volumétriqued'Esliacli. — Esbach apprécie la quan- Dosage
volumétrique
tité d'albumine contenue dans un liquide, d'après le volume de
l'albumine.
du précipité qu'y détermine l'acide picrique.
La liqueur d'Esbach se compose de 10 grammes d'acide picrique et 20 grammes d'acide citrique par litre. On forme le précipité dans un tube spécial, Yalbuminomètre d'Esbach.
L'albuminomètre d'Esbach est un tube semblable à un tube ù essai, long de 15 centimètres, large de 15 millimètres; il porte une graduation arbitraire. A environ 6 centimètres du fond, il porte un trait marqué de la lettre U, et à environ 4 centimètres plus haut, un autre trait marqué de la lettre R; enfin, vers le fond, une série de traits d'inégale largeur, marqués de 1 à 7. On remplit d'urine l'appareil, jusqu'au moment où la tangente du ménisque de l'urine affleure le trait marqué U; puis, en prenant les mêmes précautions, de réactif, jusqu'à la lettre R. On bouche au moyen de la pulpe du doigt et l'on retourne une dizaine de fois, afin de bien effectuer le mélange des deux liqueurs. Un précipité se forme; on place le tube bouché, bien verticalement, dans un supportai hoc; le précipité gagne le fond du vase, se tasse, et après vingt-quatre heures on lit sur l'échelle la quantité d'albumine en grammes, par litre. Les conditions de température jouent un rôle important dans l'emploi de ce procédé. Ne sont comparables entre eux que des résultats obtenus à la même température.
L'urine doit posséder une réaction acide bien nette; sa densité doit osciller entre 1006 et 1008. Si elle est plus dense, il faudra la diluer. Enfin, cette méthode n'a sa meilleure valeur que lorsque l'urine ne renferme pas plus de 4 grammes d'albumine au litre.
Dosa.L-. 5. Dosage de l'allmmine par la méthode de KjeldahL — Cette
de l'albumine . , c
par la métho<ie méthode ne s'applique qu aux urines albumineuses ne renierdé Kjeldahl.
niant ni albumoses ni peptones.
On mesure 5 c. c. d'urine albumineuse; on y ajoute 10 c c. d'acide Bulfurique Kjeldahl et l'on détermine la valeur d'azote de cel échantillon.
Dans un second essai, on détermine la valeur en azole de l'urine, débarrassée de son albumine par coagulation.
La différence des deux résultats exprime la teneur en azote de l'albumine dissoute; en multipliant cette valeur par le facteur 6.25, on obtient en grammes la quantité d'albumine.
Exemple : Premier essai urine albumineuse :
;; c c. d'urine renferment 0.0322 d'azote = 0.644 "/.,. Second essai urine débarrassée d'albumine) : .•; c. c. d'urine renferment 0.0294 d'azote = 0.588 "/.,.
La différence de ces deux analyses, 0.056 % d'azote, représente l'azote de l'albumine.
La quantité d'albumine s'obtient en multipliant 0.056 par bV2o : soit 0.35 °/0 d'albumine.
§ 2. — Les sucres.
Les sucres sont des corps à fonctions aldébydiques ou cétosiques et alkyliques; ils sont tous doués d'un pouvoir réducteur plus ou moins prononcé; ils se combinent facilement à certains éléments chimiques pour donner naissance à des corps définis (combinaison : de la phénylhydrazine et des sucres — de benzoïle et de sucre) ; ils exercent une action plus ou moins manifeste sur la lumière polarisée, qu'ils dévient les uns vers la droite, les autres vers la gauche; enfin, certains d'entre eux fermentent en présence de levure de bière.
C'est parmi ces principales propriétés que l'on trouve les réactions qui permettent de caractériser les sucres.
On rencontre le plus fréquemment la dextrose soit isolée, soit mélangée à la lévulose; les cas de lactosurie et de maltosurie, bien que signalés déjà, sont beaucoup plus rares.
Réactions 1. Réaction des sucres.
générales
îles sucrfs.
1° Réaction de Moore. — On chauffe une petite quantité d'urine sucrée avec de la soude ou de la potasse caustiques; la liqueur prend une teinte jaune, qui fonce de plus en plus jusqu'au brun sombre. L'intensité de la teinte est sous la dépendance de la richesse en sucre.
La mucine soumise à la même réaction produit aussi le virage de la solution vers le brun.
2° Réaction de Trommer. — Les sucres réduisent à chaud les solutions alcalinisées de sulfate de cuivre, sous forme d'oxyde cuivreux qui se précipite.
On alcalinise, à l'aide de soude caustique, 2 à 3 c. c. d'urine sucrée, et l'on y ajoute quelques gouttes d'une solution étendue de sulfate de cuivre ; on agite et l'on chauffe le mélange bleu céleste. On constate, en présence de sucre, la formation d'un précipité jaune orangé qui gagne le fond du vase et laisse surnager un liquide décoloré.
De nombreuses substances (créatinine, acide urique, alcaptone, pyrocatéchine, etc.) réduisent aussi les solutions alcalines de sulfate de cuivre.
La réduction due au sucre s'opère déjà nettement à une température inférieure à l'ébullition (60° à 70°). La réduction due aux autres substances ne s'obtient que par ébullition (Worm-Mùller).
DE CHIMIE PHYSIOLOGIQUB. 201
3° Réaction de Fehling. — Un chauffe prudemment, à une température inférieure a celle de l'ébullition, parties égales d'urine et de liqueur de Fehling. La réduction du sel de cuivre à Pétai d'oxyde cuivreux s'opère dans le voisinage de 7o Wonn-Muller).
Certaines substances autres que le sucre produisent aussi cette réduction. (Voir ci-dessus.)
4" Réaction de Barfoed. — La solution sucrée réduit, dans les mêmes conditions, l'acétate de cuivre en solution acide à l'état d'oxyde cuivreux (0.5 à 4 ° ■'„ d'acétate de cuivre -f- 1 °/0 d'acide acétique).
On porte à l'ébullition parties égales de liqueur de Barfoed et d'urine sucrée.
La dextrose, la lévulose réduisent la liqueur de Barfoed ; la lactose, la maltose ne la réduisent pas.
5° Réaction de Bôttger. — On ajoute une très faible quantité de sous-nitrate de bismuth à un mélange de parties égales d'urine sucrée et d'une solution de carbonate de soude (30 %) et l'on porte a l'ébullition. En présence de sucre, le sousnitrate de bismuth se réduit à l'état de bismuth métallique noir.
6° Réaction de Knapp. — On fait bouillir parties égales d'urine sucrée et de solution de Knapp. Les sucres réduisent le sel de mercure à l'état de mercure métallique.
La solution de Knapp se compose de 10 grammes de cyanure de mercure et de 100 grammes de soude caustique d'une densité 1,145' (soit 13*r.3 deNaOH) par litre.
i. Combinaisons «les sucres. — Les sucres forment facilement des composés définis et caractéristiques.
Sucrâtes a) Sucrâtes alcalins. — Les solutions de sucre dans l'alcool
alcalins.
concentré précipitent à l'état de sucrate alcalin (CgH^KOe) par addition de solution alcoolique d'alcali caustique. Ce précipité blanc, lors de sa formation, gagne rapidement le fond du vase et se colore peu à peu en jaune.
Il est insoluble dans l'alcool fort, un peu soluble dans l'alcool dilué, très soluble dans l'eau. 11 réduit la liqueur de Fehling avec la même intensité que le sucre qui lui a donné naissance.
b) Combinaison avec la phénylhydrazine. — Les sucres se combinent facilement avec la phénylhydrazine en solution acétique; ils forment, à froid, une combinaison spéciale, facilement décomposable en ses éléments constitutifs et ne renfermant, pour une molécule de sucre, qu'une molécule de phénylhydrazine; à chaud, un corps nettement défini, l'osazone, renfermant, pour une molécule de sucre, deux molécules de phénylhydrazine :
a) C6H1206 + C6H5N2H3 = CG1I1205 . N2HC6HS + H20 ;
P) C6H120s. N2HCGHS + CeHsNjHj = C6HI004(N8H . C6H5)2 + BF + H*0.
On chauffe, au bain-marie, 50 c. c. d'urine sucrée, additionnée de 0»r.5 à 2 grammes de chlorhydrate de phénylhydrazine et de 1 à 4 grammes d'acétate de soude. On prolonge la chauffe pendant 1 i/2 heure et on laisse refroidir.
Au lieu du chlorhydrate de phénylhydrazine, on peut employer la base même; dans ce cas, on remplacera l'acétate de soude par de l'acide acétique à où °ja.
DE CHIMIE l'HYSIOLOGIUUK. 203
On obtient des cristaux caractéristiques, jaune vif, prismatiques, agglomérés en houppes; insolubles dans l'eau froide, dans l'alcool, ils se dissolvent à peine dans l'eau bouillante (glucose), mais bien dans l'alcool bouillant. Ils fondent à des températures qui varient selon la nature du sucre combiné. Par contre, la combinaison de maltose se dissout facilement dans l'eau bouillante.
La glucosazone fond à 204°-205°; la maltosazone, à 206°.
5. La polarisation. — Tous les sucres font dévier le plan de la lumière polarisée; chacun d'eux possède, à cet égard, un pouvoir spécial, dont les caractères différentiels portent sur le sens et sur le degré de la déviation.
C'est ainsi que la dextrose dévie le plan de la lumière vers la droite d'une quantité = -\- 52°. 5 ; la maltose = -f-lo0°; la lévulose le dévie vers la gauche d'une quantité = — 90°. 18.
Nous avons indiqué, dans le chapitre premier de cet ouvrage, le principe de la polarisation, ainsi que l'importance de la décoloration des urines.
On traite 50 c. c. d'urine sucrée par 10 c. c. d'une solution de sous-acétate de plomb (2o %) et l'on filtre; les premières gouttes du filtratum sont en général troubles; dans ce cas, on jette de nouveau sur le même fdtre.
4. Fermentation. — Un certain nombre de sucres fermentent en présence de levure de bière; ils se décomposent en alcool et acide carbonique :
Pratiquement, on réalise l'expérience à l'aide du dispositif
suivant, qui permet de récolter l'acide carbonique dégagé pendant la réaction.
Deux ballons, A et B, sont munis chacun d'un bouchon percé de deux orifices. Le bouchon du ballon A laisse passer, par un de ses orifices, un tube de verre plongeant jusqu'au fond du vase et s'ouvrant, d'autre part, à l'air libre; l'autre orifice du bouchon donne passage à un tube de verre coudé, lequel, partant de la partie supérieure du col du ballon A, puis se courbant deux fois à angle droit, rencontre l'un des orifices du ballon B, y pénètre et plonge jusqu'au fond du vase; le deuxième orifice du bouchon de B donne passage à un court tube de verre, partant de la partie supérieure du col et s'ouvrant d'autre part à l'air libre.
On verse l'urine dans le ballon A, après ébullition et refroidissement, on y ajoute de la levure de bière, on agite le mélange; dans le ballon B, on verse de la solution claire d'hydrate de baryte; on bouche vivement l'appareil et on le porte à l'étuve chauffée à 40°.
Dès les premières minutes, il se produit un vif dégagement de gaz; l'hydrate de baryte retient et fixe l'acide carbonique qui se dégage.
La glucose, la lévulose, la maltose fermentent; la lactose ne fermente pas.
On peut rencontrer, dans l'urine, de la glucose, de la lévulose, de la lactose, de la maltose. La présence de cette dernière substance est exceptionnelle; on trouve, par contre, fréquemment la glucose, plus rarement la lévulose.
Il est assez difficile de différencier ces substances. Nous indiquons dans le tableau ci-dessous les principaux caractères distinctifs.
DK CHIMIE PHYSIOLOGIQUE.
■a S -Si
-^ -rn — J
S o en
gc-3
Dosage du sucre.
On dose le sucre, soit à Taide de solutions titrées, soit à l'aide de la fermentation, soit par polarisation.
Dosage {. Titrage du sucre par la liqueur de Felilin».
.tu sucre s i i s
!>ar la liqueur , . , , •
de Fehimg. Piïncipe de la méthode. — Le principe de la méthode consiste à déterminer exactement la quantité d'urine nécessaire et suffisante pour transformer à l'ébullition un volume déterminé de liqueur de Fehling à l'état d'oxydule de cuivre.
Solutions nécessaires :
La conservation de la liqueur de Fehling est difficile; il convient de conserver séparément la solution de sulfate de cuivre et la solution alcaline et de les mélanger au moment de l'emploi.
1° Solution de sulfate de cuivre. — On pèse exactement 34er.64 de sulfate de cuivre fraîchement cristallisé et bien sec ; on dissout dans un peu d'eau et l'on dilue pour faire 500 c. c.
2° Solution alcaline. — On pèse environ 173 grammes de sel de seignette ; on mesure 100 c. c. de solution de soude caustique d'un poids spécifique de 1.34. On étend d'eau distillée pour faire '/2 litre.
On mélange au moment de faire le dosage des volumes égaux des deux solutions : 5 c. c. de l'une et 5 c. c. de l'autre donnent 10 c. c. de liqueur de Fehling qui réduit 0.05 de glucose.
La méthode atteint, d'après Soxhlet, son maximum d'exactitude quand la richesse en sucre oscille entre 0.5 et 1 %; il convient, par conséquent, de diluer Furine dans la plupart des cas. La densité de l'urine peut servir de guide pour déterminer la quantité dont il faut diluer l'urine; une urine pesant
1030, doit être diluée dans cinq fois son volume d'eau ; l'urine qui marque 1040 ou plus au densimètre, doil être diluée dans
dix t'ois son volume d'eau distillée. On porte cette solution dans la burette*.
On mesure 10 e. c. de liqueur de Fehling, que l'on verse dans un petit flacon conique; on ajoute environ 50 c. c. d'eau distillée et linéiques centimètres cubes d'une solution concentrée de soude caustique; on porte à l'ébullition, puis on laisse s'écouler, dans le ballon, la quantité d'urine sucrée que l'on croit nécessaire pour transformer la liqueur en oxydule de cuivre; on fait bouillir pendant une minute, puis on éloigne le matras de la source de chaleur.
Si la réduction n'est pas complète, on ajoute une nouvelle quantité d'urine, et l'on fait bouillir de nouveau : ainsi de suite, jusqu'au moment où l'on constate la fin de la réduction. On lit le nombre de centimètres cubes employés, en tenant compte des fractions de centimètres cubes, et l'on recommence l'opération sur une nouvelle quantité de liqueur, en laissant s'écouler en un seul jet la quantité d'urine sucrée que la première expérience a donnée. On note soigneusement le nombre de centimètres cubes, et l'on recommence, en ajoutant cette fois une quantité d'urine moindre de l/io de centimètre cube ; on arrive ainsi, par tâtonnements, â déterminer deux points ne différant que de i/io ou -/i0 de centimètre cube, dont l'un ne réduit pas intégralement et l'autre dépasse la quantité de liqueur de Fehling employée.
La détermination du point final de la réduction est délicate : on a recommandé, à tort, de filtrer une petite portion du mélange et de déterminer, sur deux écbantillons de cette filtration, l'influence qu'exercent respectivement l'addition d'une
goutte de liqueur de Fehling et d'une goutte de solution sucrée.
Cette méthode présente l'inconvénient d'exiger assez de temps; en outre, le liquide, incolore au moment de la filtration, reprend facilement sa couleur au contact de l'air.
L'examen, sur fond blanc bien éclairé, de la zone claire qui se forme lors du dépôt du précipité d'oxyde de cuivre, permet d'apprécier avec une suffisante précision le degré de la réduction ; si celle-ci n'est pas complète, la teinte bleue de la liqueur de Fehling tranchera nettement sur le fond blanc; si la réduction est terminée, cette zone apparaîtra limpide et incolore.
Le calcul de l'analyse est des plus simples : 1 c. c. de liqueur de Fehling est réduit à l'état d'oxydule par 5 milligrammes de glucose; 10 c. c. réduisent 50 milligrammes de glucose.
La présence d'albumine n'est point rare dans l'urine des diabétiques : l'albumine n'influence pas directement le dosage volumétrique; mais sa présence entrave la sédimentation de l'oxyde de cuivre et rend plus difficile l'appréciation du point final ; il vaut donc mieux débarrasser d'abord l'urine de l'albumine qu'elle renferme.
2. Méthode de la polarisation. — Nous avons indiqué ailleurs le principe de la méthode; on conçoit facilement que la connaissance de l'angle de déviation de la glucose, observée sous une épaisseur de 1 décimètre, permette de déterminer, dans les mêmes conditions, la richesse d'un liquide en glucose, d'après la grandeur de la déviation observée.
La limpidité, ainsi que la couleur des liquides, exerce une grande influence sur la valeur du dosage; les couleurs rouge-
liK CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. 209
brun, jaune rougeâtre absorbent une grande; quantité de lumière et rendent le dosage impossible; il f;iut, dans ces cas, débarrasser l'urine des pigments qu'elle renferme au moyen d'une solution de sous-acétate de plomb (C*H203)* PbO Gorup BCzanez). L'emploi de ce sel n'entraîne aucune perte en sucre. 10 c. c. d'une solution de ce sel à 2o % su (lisent à précipiter de ô'O à 70 c. c. d'urine.
Décoloration de l'urine. — On mesure dans un cylindre de verre gradué un volume d'urine de 50 c. c, on y ajoute, en un mince jet, 10 c. c. de solution plombique; on mélange activement et l'on jette sur un filtre sec : si les premières portions du filtra tu m sont encore troubles, on les reprend et les rejette sur le filtre.
Calcul de la quantité de sucre. — On établit d'abord le zéro de l'instrument cl on lit sur la graduation le chiffre qui correspond à cette position; on interpose dans l'appareil le tube de 100 millimètres renfermant l'urine décolorée, et l'on corrige la position de l'analyseur, de manière a éteindre les raies d'interférences. Lorsque cette extinction est obtenue, on lit sur la graduation le chiffre correspondant à cette position. La différence de la première et de la seconde lecture est l'angle de déviation (a).
Pour calculer la quantité de sucre, on se sert de la formule suivante :
Un certain nombre de substances lévogyres exercent une grande influence sur le dosage du sucre par le polarimètre : il
faut signaler l'albumine, l'acide (3-oxybutyrique, l'acide glycuronique et les sucres : fructose, laiose.
On s'assure facilement de la présence ou de l'absence d'albumine, par l'épreuve de l'ébullition, ou par la réaction du ferrocyanure de potassium. Si ces essais sont positifs, on mesure un volume déterminé d'urine, on l'aciditie à l'aide de quelques gouttes d'acide acétique dilué et l'on porte à l'ébullition; on sépare le coagulum d'albumine par liltration, on laisse refroidir le filtratum, et l'on y ajoute autant d'eau distillée qu'il est nécessaire pour obtenir rigoureusement le volume primitif.
L'acide {3-oxybutyrique et l'acide glycuronique se manifestent par la persistance de la déviation vers la gauche, avant et après la fermentation par la levure de bière.
Les sucres lévogyres ne se manifestent que par la différence des résultats que donnent les deux méthodes de dosage : le dosage volumétrique et le dosage optique. En dehors de ce défaut de concordance, il n'y a guère de moyen de s'assurer de la nature du sucre. Il faut donc recourir simultanément aux deux méthodes de dosage.
Kosage du sucre 5. Dosage pnr fermentation. — Principe de la méthode. — Cer-
par
fermentation, tains sucres fermentent en présence de levure de bière, dégagent de l'acide carbonique et forment de l'alcool
CCH<206 = 2C2H30H + 2C02.
Lorsque les proportions de glucose et de levure sont bien
exactes, la décomposition de la glucose se fait intégralement.
On peut mettre a profit cette propriété pour déterminer
la quantité de glucose : 100 grammes <le glucose fournissent