grammes d'alcool, 48.888 d'acide carbonique
Le dosage peut se l'aire, soit en recueillant bous forme de gaz l'acide carbonique dégagé, soit en le recueillant dans une solution titrée d'hydrate de baryte. Un dosage; alcalimétrique
renseigne la richesse en sucre.
On peut aussi déterminer la teneur de la solution en sucre, en récollant, au moyen de L'appareiLde Fiebig, l'alcool qui a pris naissance.
Le saccharomètre de Fiebig se compose d'un tube en U, dont l'une des branches est longue, graduée et ouverte ; l'autre, courte, a la forme d'une ampoule et se ferme par un bouchon à l'émeri. Le bouchon ainsi que le col portent une petite ouverture, que l'on peut amener à coïncidence par un mouvement de rotation.
On dilue 10 c. c. d'urine sucrée dans 90 c. c. d'eau distillée; on prélève 10 c. c. de ce mélange, auquel on ajoute un peu de levure fraîche (dimension d'un grain de café) et l'on agite.
On verse alors ce mélange bien homogène dans la partie dilatée du saccharomètre; on bouche bien et, par un mouvement de torsion, on place l'orifice du bouchon en regard de l'orifice du col du ballon, et l'on imprime a tout l'appareil une série de mouvements de va-et-vient jusqu'au moment où le niveau atteint le zéro de la graduation; à ce moment, on fait tourner le bouchon. On porte alors tout l'appareil dans l'étuve a 40° et on l'y abandonne pendant vingt-quatre heures. L'alcool formé s'accumule dans la branche étroite de l'appareil. On lit sur la graduation la teneur de sucre en grammes.
§ 3. — Graisses.
Lipurie, On rencontre parfois de la graisse dans l'urine : on distingue
chvlurie.
des cas dans lesquels là graisse surnage en gouttelettes a la surface du liquide (lipurie); et des cas dans lesquels la graisse est finement émulsionnée et également répartie dans toute la masse urinaire. Dans ce dernier cas, l'urine prend un aspect lactescent, dont l'intensité dépend de la quantité de graisse suspendue (chylurie).
Dans les cas de chylurie, il est rare que la graisse soit le seul élément étranger contenu dans l'urine; on y trouve en général : de la fibrine, de la sérum-albumine, de la paraglobuline et même du sang en nature.
L'examen microscopique de l'urine permet d'établir facilement le diagnostic.
Nous ne reviendrons pas sur la marche à suivre pour déterminer la nature et la quantité des substances albuminoïdes dissoutes et des graisses. (Voir chapitre IX, pages 193 et suivantes, et chapitre VII.)
§ 4. — Recherche du pus.
Pus. La pyurie s'accompagne ordinairement de fermentation uri-
naire. L'examen microscopique renseigne le mieux sur l'existence de pus dans l'urine. On peut aussi en déterminer la présence par l'addition d'un excès d'alcali caustique. L'urine purulente s'épaissit et prend une consistance sirupeuse plus ou moins prononcée.
DE CHIMIE PHT8I0L0GIQDB. 213
S -■>. — Recherche des matières colorantes dans i/i rine.
On peut rencontrer dans l'urine, d'une façon accidentelle, les pigments suivants : oxyhémoglobine, hémoglobine réduite ; leurs dérivés : liématine, hématoporphyrine ; les pigments biliaires : bilirubine et tous les dérivés, et certains acides aromatiques (alcaptone, etc.).
i. Hnnoiïloliine. — Nous avons décrit dans un autre chapitre Rechercha n r de
les propriétés de ce corps. (Voir page 89.) Ihémoglobin».
Examen spectroscopique. — On verse une portion d'urine dans un récipient approprié, et on l'examine au spectroscope, soit à la lumière du jour, soit à la lumière d'une bonne lampe à gaz ou à pétrole.
L'oxyhémoglobine se caractérise par le spectre suivant : dans le voisinage «le D et E se présentent deux raies caractéristiques, l'une, près de I), étroite et bien limitée, l'autre plus large et plus diffuse. Si le champ de visée est trop sombre, il convient de diluer le liquide.
La présence de ce spectre n'est cependant pas caractéristique ; elle ne peut le devenir que si, par l'action d'un réducteur puissant (sulfhydrate d'ammoniaque), on réduit l'oxyhémoglobine à l'état d'hémoglobine réduite, et que concurremment les deux raies d'absorption de l'oxyhémoglobine font place à la raie de l'hémoglobine réduite. Cette raie est large, diffuse, intermédiaire aux deux précédentes. Dans le doute, on peut aussi transformer l'hémoglobine en hématine dont le spectre est plus manifeste.
Dans ce but, on ajoute quelques gouttes de soude caustique à la solution renfermant l'hémoglobine réduite.
Le spectre de l'hématine est de beaucoup le plus manifeste ; il présente, comme principal caractère, l'existence d'une bande sombre située entre les deux raies de l'oxyhémoglobine. Cette raie disparaît sous l'influence de la chaleur; elle reparaît par le refroidissement.
Moyens chimiques. — 1° L'ébullilion en présence d'acide acétique détermine la formation d'un précipité qui entraîne l'hématine, et qui se colore en rouge.
2° Réaction de Heller. — On alcalinise fortement l'urine par la soude caustique, et l'on porte à l'ébullition; l'hémoglobine se transforme en hématine, et celle-ci est mécaniquement entraînée dans la précipitation des phosphates alcalino-terreux, qu'elle colore en brun rougeâtre.
3° Réaction de l'hémine. — On alcalinise l'urine à l'aide d'ammoniaque ou de soude caustique ; puis on y ajoute une solution de tannin et de l'acide acétique, jusqu'à réaction bien nettement acide. La présence du pigment sanguin se reconnaît à la formation d'un précipité de couleur sombre.
On filtre, on récolte et l'on sèche le précipité; on le broie dans un mortier avec une trace de chlorure de sodium ; on transporte dans un verre de montre, on ajoute de l'acide acétique glacial et l'on chauffe à l'ébullition; on filtre clans un verre de montre et on laisse doucement évaporer à siccité, puis on examine le sédiment au microscope. Le chlorhydrate d'hémaline (hémine) se présente sous l'aspect caractéristique de tables rhombiques allongées. (Voir p. 96.)
4° Réaction de la teinture de gayac et de la térébenthine. — On mélange, dans un tube à essai, parties égales d'urine suspecte, de teinture de gayac et d'essence de térébenthine; on agite
fortement pour émulsionner la masse; la présence de sang se révèle par une coloration bleue plus ou moins intense ; une douce chaleur favorise la réaction.
Il faut noter que cette dernière réaction ne suffit pas à elle seule à caractériser le pigment sanguin; le pus, le lait possèdent la même propriété.
2. Hémaloporpbjrine. — On traite l'urine (30 à o'O c. c.) par Recherche
i i- i i . ii ,le I hémato
une solution alcaline de chlorure de baryum; on lave le pré- porphyre cipité a l'eau, puis a l'alcool absolu et on laisse égoutter soigneusement. On tranpsorte le précipité dans un petit mortier, on y ajoute 8 à 10 gouttes d'acide chlorhydriquc, et, s'il est nécessaire, quelques gouttes d'alcool absolu; on mélange bien, de telle sorte que le mélange soit humide et un peu fluide; on abandonne pendant quelque temps, puis on jette sur un filtre sec. L'extrait alcoolique est coloré en rouge et montre les deux raies caractéristiques de l'hématophorphyrine en solution acide; si l'on alcalinise à l'aide d'ammoniaque, la solution vire au jaune, et le spectre se modifie et montre les quatre raies caractéristiques.
3. Pigment biliaire. — On rencontre fréquemment le pigment liecherche
du pigment biliaire dissous dans l'urine, soit sous forme de bilirubine, biliaire.
soit sous forme de dérivé oxydé de celle-ci. Nous avons
indiqué ailleurs la méthode d'extraction de ces corps; nous
nous bornerons pour le moment à l'étude des réactions qui
permettent de déceler leur présence dans l'urine.
La couleur de l'urine peut déjà fournir des renseignements
sur la présence ou l'absence de pigment biliaire; l'urine
ictérique présente une coloration jaune verdûtre, parfois même
brunâtre; l'écume en est jaune.
1° Réaction de Gmelin. — On verse, dans un tube à essai, 5 c. c. environ d'acide nitrique chargé de vapeurs nitreuses; puis, le tube étant fortement incliné, on ajoute, en versant le long de la paroi, une quantité égale d'urine suspecte. En présence de pigment biliaire, il se forme, à la surface de contact des deux liquides, une série d'anneaux colorés en jaune, vert, bleu, violet, rouge, jaune pâle, parmi lesquels l'anneau vert est caractéristique.
Jolies a établi récemment la sensibilité de cette réaction; celle-ci s'est montrée insuffisante (limite inférieure de sensibilité 5 %); aussi sera-t-il prudent d'avoir recours soit à l'une des nombreuses modifications apportées à la technique de cette réaction, soit surtout à d'autres agents.
Modification de Rosenbach. — On filtre l'urine, et sur la paroi interne du filtre on verse quelques gouttes d'acide nitrique chargé de vapeurs nitreuses. La sensibilité de ce procédé ne dépasse guère celle de la réaction de Gmelin.
2° Réaction de Rosin. — On verse dans un tube à essai quelques centimètres cubes d'urine, puis on ajoute prudemment, le tube étant très incliné, quelques centimètres cubes de teinture d'iode très diluée, de telle façon que les liquides se superposent sans se mélanger. Il se produit après une minute, ou parfois même immédiatement, un anneau vert pré au point de contact des deux liquides.
3° Réaction de Jolies. — On ajoute à 50 c. c. d'urine quelques gouttes d'acide chlorhydrique a 10 %, un excès de chlorure de baryum et 5 c. c. de chloroforme, et l'on agite fortement le mélange pendant quelques minutes. On laisse alors reposer
pendant une dizaine de minutes pour permettre au précipité et au chloroforme de gagner le fond «lu vase. On récolte le chloroforme et le précipité à l'aide d'une pipette, et on les recueille dans un tube à essai que Ton porte au hain-marie, chauffé à 80° environ. Cinq minutes de séjour suffisent à chasser le chloroforme; on laisse refroidir pendant quelques minutes, le précipité gagne le fond du vase et se sépare facilement des petites portions d'urine entraînées.
On laisse couler le long de la paroi du tube 3 ou 4 gouttes d'acide nitrique chargé de vapeurs nitreuses, et bientôt apparaissent les anneaux de couleur de la réaction de Gmelin, principalement le vert et le bleu (sensibilité 0.1 %).
4. Acide diacétique. — On ajoute à l'urine fraîche du perchlo- Recherche
de l'acide rure de fer, jusqu'au moment où le précipité n'augmente plus, diacétique.
On filtre et Ton ajoute quelques gouttes de perchlorure de fer au filtratum. Ce réactif se colore en rouge-bordeaux en présence d'acide diacétique.
Cette coloration disparaît par la chaleur, ce qui permet de différencier cette réaction de la réaction analogue de l'antipyrine, etc.
5. Alcaptone (acide homogentisinique). — On rencontre rare- Recherche
de l'alcaptone.
ment, il est vrai, l'alcaptone. Il colore les urines, au contact
de l'air, en jaune de plus en plus foncé, virant vers le noir.
Exfraction de l'alcaptone. — On concentre, au dixième de son volume, l'urine au hain-marie, après l'avoir acidifiée de 2o0c.c. d'acide sulfurique à 12 °/0. On laisse refroidir, puis on extrait à deux ou trois reprises avec deux ou trois volumes d'éther.
On réunit les différents extraits éthérés, on les abandonne à
l'air et l'on obtient, après plusieurs jours, un liquide à odeur aromatique, qui parfois se prend en cristaux. On dissout ce résidu dans environ 200 c. c. d'eau distillée bouillante, on ajoute une quantité suffisante d'acétate neutre de plomb, on porte à l'ébullition, on filtre la liqueur bouillante et l'on recueille le filtralum dans un cristallisoir à grande surface.
Le liquide limpide ne tarde pas à se troubler et si on l'examine à la lumière réfléchie, on y voit flotter de nombreuses paillettes cristallines.
On reprend ces cristaux après vingt-quatre heures, on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré, on filtre et on évapore au bain-marie.
Caractère de Falcaptone. — Cette substance cristallise en gros prismes courts, incolores; ils fondent à 146°. 5-147° en un liquide jaune brunâtre.
Ce corps se dissout dans l'eau, dans l'alcool, dans l'éther; il est insoluble dans le chloroforme, le benzol et le toluol.
La solution aqueuse se colore en jaune, puis en brun au contact de l'air; l'addition d'alcalis fait jaunir la solution d'une façon immédiate.
Ces solutions réduisent instantanément le nitrate d'argent ammoniacal ainsi que la liqueur de Fehling.
Le perchlorure de fer, en solution très étendue, produit une coloration bleu verdâtre très fugace.
Le réactif de Millon détermine une coloration jaune et un précipité amorphe, qui rougit par la chaleur.
§ *>. — Recherche de différentes substances médicamenteuses.
i. Recherche de l'iode. — On ajoute à 5 c. c. d'urine, 1 c. C. Recherche
de d'acide sulfurique à 25 %, 1 à 3 gouttes d'une solution l'iode.
de nitrite de soude à 2 °/0. On recueille l'iode qui se libère
dans quelques gouttes de chloroforme, qu'il colore en rouge
brunâtre.
î. Recherche du plomh. — Méthode de Lehinann. — On oxyde R^hercho
du les substances organiques, à l'aide de chlorate de potasse et plomb.
d'acide chlorhydrique; on évapore à siccité; puis on dissout
le résidu dans une notable quantité d'eau. On fait barboter un
courant d'hydrogène sulfuré, qui précipite le plomb a l'état de
sulfure. On récolte le précipité, on le dissout dans un peu
d'acide nitrique dilué et l'on soumet aux diverses réactions du
plomb.
3. Recherche du mercure. — Méthode de Winternitz. — On acidulé, à l'aide d'acide chlorhydrique (0.1 vol.), environ oOO c. c. d'urine; on chauffe, pendant quelque temps, au bain-marie en présence d'un fin réseau de cuivre métallique. On lave ce dernier a l'aide d'une solution très diluée de soude caustique pour chasser toutes les matières organiques.
On porte alors le métal amalgamé et séché dans un tube de verre a parois épaisses, fermé à un bout et étiré en pointe fine à l'autre bout; puis on chauffe sur un bec de gaz ordinaire; il se dégage de la vapeur d'eau, qui se condense et fait dans la partie capillaire du tube l'office d'un bouchon retenant le mercure qui distille à son tour.
Recherche du mercure.
On casse alors la portion capillaire du tube, on y introduit une trace d'iode et l'on observe à la loupe la formation d'un cristal d'iodure de mercure.
Recherche 4. Acide salicylique. — L'acide salicylique et ses sels prennent,
de l'acide salicylique. en présence de perchlorure de fer, une coloration violette
intense; en présence de sulfate de cuivre, une couleur vert-
émeraude.
L'addition d'un autre acide libre (acide chlorhydrique, acide acétique) fait disparaître ces teintes.
Ces réactions sont insuffisantes néanmoins pour déceler sans préparation la présence de cet acide dans l'urine.
On extrait l'acide en agitant, à plusieurs reprises, l'urine avec de l'éther, on récolte l'éther, on l'évaporé, et l'on soumet le résidu aux réactions indiquées.
Il vaut mieux, suivant Piccard, évaporer l'urine, faire un extrait alcoolique du résidu, évaporer l'alcool, et reprendre ce nouveau résidu acidifié par l'éther, qui dissout l'acide salicylique, ainsi que l'acide salicylurique.
Recherche ■>• Rhubarbe, séné, sanlonine. — L'usage de l'une ou l'autre ei,u dr ' ' de ces substances médicamenteuses altère la couleur de l'urine. Celle-ci prend un aspect analogue à celui d'une urine ictérique; elle est jaune, ou jaune verdâtre, et couronnée d'une écume jaune. Cette coloration est due à la présence d'acide chrysophannique, ou bien à une matière colorante peu déterminée (santonine). L'usage externe de la chrysarobine fait aussi passer de l'acide chrysophannique dans l'urine et confère à ce liquide les mêmes caractères.
Les alcalis colorent ces urines en rouge ; cette coloration disparaît en présence d'acide acétique.
DE CHIMIE PHYSI0L0G1QUB. 221
On peut, selon 1. Munk, différencier L'acide chrysophannique
du pigment de la santonine.
L'urine renfermant de l'acide chrysophannique se colore instantanément en rouge en présence de carbonates alcalins.
Cette coJoration est stable et perdure; l'urine qui renferme l<' pigment de la santonine ne se colore, dans les mêmes conditions, que lentement et d'une façon peu prononcée; celte coloration est fugitive et disparaît après vingt-quatre a quarante-huit heures.
D'après Penzoldt, l'urine renfermant de l'acide chrysophannique cède cet acide a l'éther et le colore en jaune.
L'éther ainsi coloré prend, par addition de soude caustique, une coloration rouge; par contre, l'urine renfermant de la santonine ne colore pas l'éther, et celui-ci n'est point coloré en rouge par l'addition de soude caustique.