‹ Technique de l'autopsie et de l'examen macroscopique et microscopique de l'oreilleChapitre 19 sur 28 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

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Technique d'examen microscopique

La technique d'examen microscopique, qui constitue la deuxième partie de notre travail, est des plus délicates. Si elle nous a donné le plas grand mal pour l’établir, elle nous a passionné. Nous avons jugé bon de la donner très complète, d’insister sur certains détails qui pourront paraître superflus à quelques-uns, car ce sont ces riens qui nous ont souvent arrêté au début de nos études. Nous nous sommes ici heurté à des techniques souvent longues et complexes que nous avons modifiées pour les mettre à la portée de chacun. Nous avons cru bon cependant de résumer à la fin de notre travail les deux techniques de Katz et de Wittmack qui, bien que plus délicates que celle que nous donnons, pourront être consultées avec le plus grand fruit.

Un point capital pour l'examen histologique de l'oreille est la fixation rapide de l'organe auditif après la mort. En effet, le labyrinthe membraneux, dont la structure est si délicate, se désagrège rapidement lorsqu'il n’est plus nourri et nous ne saurions faire autrement ici que de renvoyer le lecteur à l’article récent de Nager et Yoshii: « Sur les changements histologiques survenus après la mort dans l’organe auditif interne et ce que l’on doit attendre de l'examen anatomo-pathologique de cette région ».

Un puissant auxiliaire pour arrêter dans une certaine mesure les progrès de la destruction des tissus réside dans le /ormolage in situ des centres nerveux suivant le procédé du profes-

seur Pierre Marie : Un trocart, introduit dans une narine du cadavre, effondre l’ethmoïde et permet l'injection dans la cavité cranienne de 150 à 200 centimètres cubes de formol à 20 pour 100. Le formol, fixant aussi par ses vapeurs, pourra pénétrer parfois de ce fait au niveau des orifices craniens du rocher et arrêter ainsi dans une certaine mesure la désagrégation cellulaire. Lorsqu'il s’agit d’une complication cranienne survenue après une intervention sur l'oreille, on pourra découdre rapidement les points de suture rétro-auriculaires et bourrer doucement la plaie avec du coton imbibé de formol que l’on recouvrira de gutta-percha.

Il va de soi, d’autre part, que l’on prélèvera l'organe auditif le plus tôt possible après la mort du malade, suivant les lois des divers pays; le nôtre est à cet égard bien peu privilégié.

L’oreille enlevée par le procédé décrit dans la première partie de notre ouvrage sera préparée en vue de la fixation. Après un premier examen macroscopique rapide, elle sera tout d’abord réduite de volume.

RÉDucrTION DE LA PIÈCE. — On fixera solidement l'organe auditif dans un étau dont les mors saisiront d’une part la mastoïde et d'autre part le sinus latéral. Un premier trait de scie horizontal sera mené parallèlement à l'axe du rocher, décapitant l’écaille temporale au niveau du tegmen tympani.

Un deuxième trait de scie perpendiculaire à l'axe du rocher passera par le bord antérieur du conduit auditif interne.

Un troisième trait de scie rasant la face interne de l’écaille temporale sera mené perpendiculairement à l'axe de la pyramide. À

On repérera maintenant sur la face postérieure du rocher le bord inférieur du conduit auditif interne et la fente linéaire de l'aqueduc du vestibule et l'on fera passer par ces deux points un quatrième trait de scie vertical.

Sur la face antéro-supérieure du rocher on reconnaîtra la ligne, visible le plus souvent, de la suture pétro-squameuse

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