‹ Technique de l'orchestre moderne, faisant suite au Traité d'instrumentation et d'orchestration de H. Berlioz;Chapitre 58 sur 80 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les Saxophones.

l.§— Cette famille d'instruments plus pratiqués dans les Musiques Militaires que dans nos Orchestres, est due à l'inventiou de Sax.

Le son est produit par une anche battante en roseau, appliquée à un bec semblable à celui de la Clarinette; colonne d'air conique, tube de métal .

De tous les instruments à vent, les Saxophones sont peut-être les plus expressifs; à l'égal du Hautbois, ils enflent et diminuent le son, sans rien perdre de leur timbre qui reste toujours vibrant et sympathique (non sans analogie avec celui du Violoncelle, du Cor Anglais et de la Clarinette) .

Le mécanisme est celui du Hautbois; même doigté .

Voici les quatre types dont se compose officiellement la famille :

Saxophone Soprano {Si ?) Saxophone Alto . . .{Mi\>) Saxophone Ténor . . {Si \>) Saxophone Baryton {Mi \>)

Hs ont tous à peu près la même étendue que le Hautbois, y compris le si ^ grave-, mais comme limite à l'aigu, le Soprano et le Baryton s'arrêtent au mi\>^ tandis que l'Alto et le Ténor vont au fa.

Etendue des Soprano et Baryton. :"

Etendue des Alto et Te'nor.

2.|— Les Saxophones Soprano et Ténor descendent assez mal, pour qu'il vaille mieux, par prudence, leur épargner l'extrême grave; l'Alto et le Baryton, tout- au -contraire, y sont excellents.

Quant au Saxophone -Basse, il n'est pas pratiqué, w\ la lourdeur de son poids (son tube produit un son de 33 pieds) : on le remplace habituellement par le Sarrusophone qui, lui, atteint avec la plus élégante désinvolture les profondeurs-terminus de l'orchestre .

En procédant par analogies de Timbres, similitudes d'étiage, voici

ce que nous donnerait la comparaison :

Saxophone Soprano .(tuyau de 8 pieds) = Hautbois, Clarinette.

Saxophone Alto .... 12 — = Cor Anglais,

Saxophone Ténor ... 16 — = Violoncelle.

Saxophone Baryton . 24 — = Clarinette-Basse.

On écrit les Saxophones en clef de so/, quelle que soit leur altitude. Observation générale : Eviter d'attaquer pianissimo les degrés de la

sixte grave : fe , =^=^ sur n' importe quel type .

Etendiie:

Saxophone Soprano «tk

effet:

Son rôle, dans les Musiques d'Harmonie, consiste à renforcer les Clarinettes, à les remplacer au besoin. D'un timbre assez criard, il ne sert guère ordinairement qu'à des tenues, des remplissages piano.

On ne l'emploie pas à l' Orchestre .

Saxophone Alto mtk

Etendue: fJK \ ^^ ' effet

C'est le, meilleur de la famille, l'instrument que nous entendons dans ffamletj U Artésienne^ Hérodiade, Werther etc.

De Son égal-, montant facilement, en même temps que possédant de belles notes basses-, de volume assez gros pour lutter avec un unisson de quatre ou cinq Clarinettes .

Remarque: En disant qu'il monte facilement, cela ne signifie point que les derniers degrés à l'aigu soient aussi pratiques que ceux du médium. Non, lés cinq ou six dernières notes ne peuvent être écrii;es que pour des Virtuoses. Elles s'amincissent naturellement,peu à peu.

Saxophone Mi\>.

effet:

li" '''?^pr-ifi

p^^Ti^

\^ (Choudens, Editeur-Propriétaire.) (Q.^lZeX, Arlésienne .)

C'est au Saxophone -Alto, que dans les Musiques d'Harmonie, on confie les traits et dessins rapides, trilles, gammes, arpèges etc.. (Pares) Eviter toutefois les Batteries suivantes :

Saxophone Ténor si k

5.§— Une octave au-dessous du Soprano, à peu près à Tunisson de la Clarinette -Basse.

Etendue:

zzl

zzi

effet

:sr

Sonorité aussi grasse, aussi égale, aussi satisfaisante sous tous les rapports que celle de l'Alto; comme lui, très agile, très apte aux traits de virtuosité, chromatisme etc.

On évite de lui écrire les quatre ou cinq derniers degrés à Taigu.

Saxophone Baryton m*k

Etendue:

effet

Instrument lourd à porter; remplissant dans les Musiques d'Harmonie le rôle de la Clarinette Basse à rOrchestre.

De mécanisme moins simple que les Saxophones de registre plus élevé .

7. 1—Telle est la famille officielle des Saxophones . Il y en a une autre, mais on la néglige, et je ne la cite que pour mémoire : ce sont les

Saxophone Sopranino en Fa.

Saxophone Soprano. . en Ut.

Saxophone Contralto en Fa.

Saxophone Ténor ... en Ut .

Saxophone Baryton. . en Fa.

Quant au Saxophone -Basse en nt^ on ne s'en sert pas plus que du Saxophone -Basse eu s?!?, que nous venons devoir (paragr. 3) rempla^ ce par le Sarrusophone, étant donnée sa lourdeur .

8. |— Tous les trilles, toutes les batteries possibles aux Hautbois le sont ici: car ce sont, je le répète, instruments de même mécanisme. "Toutes les formes de traits accessibles aux Hautbois, aux Clarinettes et aux Bassons, le sont aux Saxophones, mais les passages liés leur conviennent principalement.»» (Gevaert)

Leur quatuor donne l'illusion des sons d'Orgue.

Toutefois, il faut se préoccuper des moyens de respiration, et ne pas dépasser les forces de l'instrumentiste, si Ton écrit des tenues, des liées un peu longues .

Le maximum de durée d'un son moyen ne va pas au-delà de quatre mesures dans un mouvement modéré , à quatre temps .

En mettant en présence Clarinettes et Saxophones, on les voit tous soutenir le son environ soixante secondes, aussi bien les uns que les autres .

9.§— Quelle est la destinée de la famille des Saxophones dans l'Orchestre? L'admettra-t-on un jour tout entière, ou se contentera-t-on d'en inviter un membre, par hasard, ainsi qu'on a fait jusqu'à présent?— L'avenir le dira.

S'il m'est permis d'exprimer une opinion, j'avouerai que le son de l'instrument me semble un peu gros, disproportionné avec celui de ses voisins, en exceptant toutefois l'exemple de Bizet, cité plus haut, toutà-fait sympathique .

Mais, puisque ici l'instrument parait si bien s'harmoniser avec ce qui Pentoure, s'il choque ailleurs, c'est donc qu'il est alors en situation moins favorable, et ce n'est pas lui qu'on doit critiquer.

Le grand art consiste à se servir de tous les moyens, en usant de chacun au moment opportun.

La Harpe.

l.§— Etendue diatonique de 47 notes de IWb (16 pieds) imsol\> suraigu ;

te

jj.frrrrrTffrrtf^

iip3^

Wfi

Cette gamme diatonique devient chromatique par le moyen de sept pédales dont Teffet se produit en même temps dans toufes les odavcH.

Or, voici cet effet:

Chaque pédale munie de deux crans, accrochée à l'un ou à l'autre, hausse la corde soit d'un demi-ton, soit de deux demi-tons. Exemple:

La même Corde

•Avec un cran. '

Avec deux crans. •

devient:

Toutes les octaves d'une même Corde:

I ' Avec un cran^ = = Avec deux crans

deriennent:

2. §— Quand les pédales ne fonctionnent pas, la gamme naturellement produite est celle indiquée ci-dessus, en id \> .

Pour jouer en ut \ , on descend dun cran les sept pédales^ en ut jf, on les descend de deux crans.

Echelle naturelle

haussée d'un demi-ton;

haussée de deux demi-tons

ut\

ut%

Rc\>

Ré\

Ré%

Mi \>

Mi \

Mi%

Fa \>

Fa \

Fa%

Sol\>

Sol\

Sol%

La \>

La \

La %

Si \>

Si \

Si %

Il semble tout d'abord qu'il y ait un gros inconvénient dans cet effet des pédales actionnant à la fois toutes les octaves d'une même note, ce qui empêcherait par exemple d'écrire des passages de ce genre:

^fe

Eh bien, ce passage signalé par Berlioz comme inexécutable, vu la rencontre du y» l| et du fa^ (il l'était jadis pour les Harpes à simple mouvement) est très facile aujourd'hui sur les Harpes à double mouvement, le fa\ se jouant sur la corde du mi et devenant mi^.

Ce système du double moiivemeid est donc très ingénieux. Il est dû à Sébastien Erard, voilà déjà cent ans qu'il s'approprie, ainsi que le fait remarquer Gevaert, aux conditions multiples de la musique moderne en nous donnant, et le chromatisme, et ces glissés diatoniques ou autres, spéciaux à l'instrument, qui viennent envelopper l'orchestre comme d'une poétique vapeur.

Registre de la pleine sonorité'

iP^^

ff.rrrrrffffff

\ Excellentes /\Maigres.

i dans le jypi • -•

iiPr^

:. Cordes filées. :

Cordes en boyau,

Les trois premiers sons graves un peu creux. A partir du premier fa jusqu'au si aigu, sonorité grasse et pleine aussi bien dans le forte que dans le pia7io\ l'octave suraigue si-si moins sonore, mais toutefois excellente encore dans \<à pianissimo-^ seules, les dernières notes sèches et grêles, les cordes devenant de plus en plus courtes.

4.§— Les onze premières notes graves sont produites par des cardes filées 5 depuis le sol (A) ce sont des cordes en boyau. (Nous verrons que l'on ne peut produire de sons harmoniques que sar ces dernières).

5. §— Ainsi qu'il a été dit (paragr. 3), chaque corde de la Harpe pouvant monter d'un ou deux demi-tons, il en résulte pour une octave,

un nombre de notes disponibles presque du double supérieur aux douze degrés chromatiques de cette octave: vingt et une notes! Comment se fait-il que nous n'en ayons pas vingt-quatre, ce qui nous donnerait deux cordes par degré ? C'est que trois sons: ré ■>r sol+ et /<? + se trouvent dépourvus d'enharmoniques, de synonymes, d'homophones: foî'c?' le tableau :

6. §— Quelles singulières combinaisons ne pouvons-nous pus obtenir, en accordant fautaisistement nos pédales! Quelles façons inattendues de monter la gamme !

Par Exemple:

Vous pouvez vous amuser à en trouver bien d'autres; vous pouvez encore transformer votre gamme en une succession de tierces mineures, voire même majeures :

En tierces mineures-.

{RéV Fa\< \Si\>

{Fa \Lab{m[>

PP

^Bet\F(iiLa\Sit

\MiHSol\> lut h

En tierces majeures et mineures:

jFa i^La^ ^Ut t Mi\ {Sol\>{Si\>\Ré\^

{La \> '(m ^ iMi \>

\mV\Mi\>\sol\

]m i (^Mi% ^Solt Si {Bé\> (Fa Ua^

(Fa ï> (La HUt \>

Etproduiro ces accords:

Et encore ceux- ci:

ë tm

feS^

(Gevaert, Traité d'Instrumentatioîi,^. 86)

Toutes les combinaisons ci-dessus (paragr. 6) mettent en vibration la série complète des cordes comprises dans Toctave . Quand vous groupez ces sept cordes de façon à n'avoir qu'un accord de quatre sons, chacun des trois sons de l'accord est produit par deux cordes homophones, le quatrième par une seule. Et une fois vos pédales accrochées, vous n'avez plus qu'à laisser glisser vos doigts, doucement ou violemment, pour traduire l'effet harmonique préparé.

Presto

(m. p. Belaïeff, Editeur-Propriétaire.) (Rimsky KOTS&koWySchékéraZade.)

(a. Durand & Fils,

Editeurs-Propriétaires.)

(Saint- Saëns, Oratorio de Noël.)

(E. Fromont, Editeur-Propriétaire.) (DellUSSy, PelléaS et MéUsande .)

Moderato .

(B.Schott's Sohne, Editeurs-Propriétaires.) (Wagner, CrépUSCUle deS DieUX.)

(Breitkopf & Hartei, (Liszt, Dante- Symph onie . )

Editeurs-Propriétaires.)

(Hasselmans.)

Quelquefois, pour un trait particulièrement délicat, un auteur avisé prend la précaution d'indiquer lui-même l'accord de sa Harpe. Une fois cet accord établi, il devient inutile d'inscrire devant chaque note altérée l'accident nécessaire .

Accrochez: * . ^ -f- '

(Heugel & C^.e, Editeurs-Propriétaires.) (MaSSenet, EsclarmOTlde.)

7.§— La possibilité de disposer de deux cordes pour une même note permet de répéter cette note dans les mouvements les plus rapides, chaque corde étant pincée alternativement sans que Toreille puisse

se douter de l'inge'nieux subterfuge :

Fivo. ^ I R ^

=#fe;

J^ f^ djTC^

^StÇ,

(Saint-Saëns, 4sefl»îo. )

(a. Durand & Fils, Editeurs-Propriétaires.)

mu im/LJ

(Wagner, Lohengrin.)

(A.Durand 4 Fils, Editeurs-Propriétaires.)

Fivace.

(Oberthur.)

Il serait impossible d'exécuter les traits précédents (paragr. 6 et 7) si, grâce à Finvention de Sébastien Erard, nous n'avions la liberté de nous accorder instantanément au gré de notre fantaisie, suivant toutes les combinaisons harmoniques imaginables, et en disposant presque ioujours de deux cordes pour chaque note .

Sons Harmoniques.

8.^— Les harpistes n'emploient jamais que le son 3, celui qui divise la corde par moitié, et produit l'octave supérieure de la note attaquée .

Nous avons vu (paragr. 4) que, seules, les cordes en boyau nous donnent de bonnes sonorités harmoniques. Quand Verdi écrit cet arpège descendant, le m?' + grave n'est là que pour la symétrie de la ligne :

^te

oï • g. 0 0

f f 0 0 "-ri t-

On ne l'entend pas

^ 0 0 (Falstaff.)

(Ricordi & CL^, Editeurs-Propriétaires)

9. ^—U étendue du registre des harmoniques va du sol bas (8 pieds) au sol aigu : (on peut monter plus haut, mais aux dépens de la sonorité.)

Registre des sons harmoniques, d

effet:

xy

En réalité, il vaut mieux ne pas monter si haut, les sons devej'ant de plus en plus grêles et la belle sonorité restant comprise dans les deux octaves sol 1- sol 3.

effet=

U ■■■ * Il

-yf ■ i II

VCD ^ II

:Registre de la meilleure sonorité'.:

10.§— Les Harpes ir double mouvement permettent à la main gauche deffj-^ trois ^ quelquefois même quatre harmoniques simultanés, à condition .que les intervalles se trouvent rapprochés et n'exigent aucune extension. Quant à la main droite elle ne peut jamais en faire qu'un h la fois .

2ÎÎ

st'tfa >*

(Humperdinck.)

(Reinecke.)

(L'ut bas +

n'est pas

harmonique.)

^ff^

QO

iO-

QO

(R.Martenot.)

kkS.

(Parish Alvars.

Naturellement les sous harmoniques ne sauraient être utilisés dan? la force-, ils sont mystérieux et poétiques comme des /gouttes de rosée sous les diaphanes rayons de la lune . Ils s'égrènent si doucement, qu'il est absolument inutile de les marquer d'une nuance. Leur effet tient du rêve et ne peut se produire que dans le calme infini, dans le complet silence des choses .

Ou écrit toujours les harmoniques, aujourd'hui, une octave au-dessous du son voulu, eu plaçant un zéro sur la note écrite :

Notation adoptée-. -^

effet:

Du temps de Berlioz, on écrivait parfois le son a sa vraie hauteur , en se contentant de P accompagner dti mot: harmonique. De là, de fréquentes erreurs-, par exemple:

^ Harmonique

L'' Auteur veut-il faire entendre harmoniquement ces deux mesures h P octave écrite (en sons réels), ou bien Voctave au-dessus? Il y a doute. On a donc bien fait de renoncer a cette façon d'écrire.

Sons étauffés.

114— Avec les Harmoniques, la Harpe a encore une autre couleur à sa disposition-, celle des sons étouffés : la sonorité de la corde est aussitôt arrêtée que produite, et donne T illusion d'une sorte de pizzicato de courte résonnauce, très analogue à celui des Altos ou des Violons .

Andantino.

Harpf

Violons.

Altos.

Violoncelles,

staccato.

te¥

Pizz.

Pizz

Pizz.

fï3:

te

7 l- 1^ Jf 7-

^ *lU 7 — Y

"''^r'rp''j' '

(Heugei & ci«, Editeurs -Propriétaires.) (Ch. M» W. Choral et Variations. )

Tout ce trait qui se fait d'uu seul doigt, staccato^ participe de la sonorité du Quatuor, en absolu contraste avec l'arpège gras et plein sur lequel conclue la phrase .

Les sons étouffés de la Harpe en rappellent d'autres; et la ressemblance devient plus frappante encore lorsque Texécutaut pince ses cordes à leur extrémité busse, tout près de la table, ainsi que ferait un violoniste jouant contre le chevalet, sul Ponticello . C'est alors, à s'y méprendre, le son cuivré de la Guitare .

Manière d'écrire.

12.§— Il faut considérer la Harpe, comme une sorte de magnifique Piano qui n'aurait pas d'étouffoirs, c'est-à-dire laisser aux ondes sonores le temps de se propager et de disparaître, écrire assez largement pour éviter toute confusion, toute incohérence harmonique, en un mot traiter Tinstrument comme on ferait d'un Orgue sous les ogives d'une cathédrale déserte, (autant que possible en consonnances et diatoniquement) .

Quant à sa technique spéciale, observer tout d'abord que les intervalles étant plus rapprochés que ceux du Piano, c'est la dixième qui se trouve correspondre à l'écart naturel de la main, de préférence à l'octave (ce qui n'empêche pas, d'ailleurs, de pratiquer l'octave et les intervalles de tout genre)-, qu'ensuite non -seulement il est mauvais de laisser trop de distance entre les deux mains, mais qu'il convient,avant tout, d'équilibrer au plus juste les intervalles entre eux.

Exemple d'' écriture très sonore-, moîivemeîit le?it:

Â/idanfe.

ff

•'^JiKii g

Que si le mouvement s'accélère, il faut simplifier, éclaircir les basses et ne plus confier qne des octaves a la main gaîiche^ sans quoi tout devient lourd, pâteux, insaisissable, à peu près comme le bourdon-

nemeut d'accords à l'extrême grave du Piano .

Quasi Allegretto .

Exemple

kfe

pw

Remarquez qu'immédiatement après l'attaque du temps fort, Meyerbeer se garde bien de donner autre chose, à sa basse, que des octaves un des notes simples, car il lui faut de la clarté et du rythme . Peu de compositeurs ont, aussi bien que lui, traité l'instrument. C'est à peine si, dans son œuvre, on trouve une ou deux inadvertances comme celle-ci, par exemple:

où il oublie qu'il est bien inutile d'écrire des accords de cinq notes, les harpistes n''en pouvant faire que quatre, puisqu'ils ne se

servent jamais du 5'' doigt

Ou comme ce dessin que j'ai entendu souvent critiquer pour sa pâleur et sa confusion :

Moderato

Harpe .

Basses

"Il est trop grave, disent les virtuoses, et de plus il a le gros défaut de ne pas reposer sur la vraie basse: un simple arpège donnerait une sonorité bien supérieure . »

Certes oui, des moyens les plus simples résultent toujours les plus puissants effets, mais on ne peut pas cependant, do gaîté de cœur, renoncer à chercher autre chose que ce qui sert à tout le monde et s'en tenir éternellement au même arpège .

Trilles.

13.§— Le trille hattu par une seule main est presque aussi mauvais que celui que voudrait exécuter pizzicato sur sa chanterelle un violoniste en gaîté.

A deux mains, et dans la nuance piano^ il est au-contraire très bon :

j^/tj^^^

accelerafido

Il vaut mieux rester dans cette nuance pia/w et ne pas forcer le son si on veut lui conserver sa légèreté .

14. §— Toutes les gammes, tous les arpèges majeurs et mineurs sortent avec la même facilité: grâce aux pédales, quel que soit le ton, on joue toujours avec le même doigté, comme si Ton avait sous les mains un clavier de touches blanches.

Il faut toutefois, à moins qu'on ne soit exposé à un trop grand nombre de doubles bémols, choisir de préférence aux tons de s/, /«#, 2d ^, ceux de ut b, sol b, ré \> .

Eviter les répétitions d'accord dans une même main:

ff —

fm

vsy

Met

li(

)cre.

Bien meilleur,

Eviter les grandes distances entre les mains

(Sonorité pauvre et étrique'e.)

Tenir les mains ni trop près ni trop loin l'une de l'autre, et faire eu sorte que la corde, que vient de pincer une main, ne soit pas immédiatement ressaisie par l'autre. Laissons se propager les ondes sonores; laissons les vibrations d'une corde s'atténuer librement.

Quoi de plus beau que ces basses de Harpe scandant chaque mesure et emplissant l'orchestre de leur longue et profonde sonorité :

Lent.

Flûtes.

Clarinettes

Harpe.

Altos.

Violoncelles.

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