Sur l'évolution jurisprudentielle rapprochant l'inca
en tutelle, et la femme mariée quand l'abandon par son mari lui rend nécessairement quelque indépendance.
Pour les incapables aisés, l'on apprécie l'excès d'une dépense en la comparant avec celles que font normalement, dans le même but, les personnes de fortune analogue. C'est ainsi qu'à l'égard de certains prodigues riches on a pu ne rien trouver d'excessif dans des dépenses en elles-mêmes considérables. Pour un prodigue riche, n'auraient rien d'excessif des dépenses notables dans de grands restaurants (1), pour la décoration d'un hôtel (2), l'achat coûteux de chevaux de courses (3), de voitures de luxe (4), de bijoux (5), etc., etc.
Quant aux incapables gagnant leur vie par leur travail, certaines décisions admettent un critérium voisin, jugeant une obligation excessive ou non selon qu'elle se trouve couramment ou non à la charge de personnes de même condition. Entre autres, le dédit stipulé par un mineur, artiste dramatique, ne sera pas excessif quand la valeur ne dépasse pas le chiffre stipulé dans des engagements d'acteurs de même importance (6) ; l'ouvrière mariée séparée de fait s'engage valablement à ne pas se replacer dans une maison concurrente, en quittant son patron, pour la durée généralement convenue (7) La plupart des arrêts vont plus loin, tenant aussi compte, pour appré-
pacité du prodigue de celle de l'émancipé, voy. Demolombe, VIII, n° 748, pp. 521-523; Planiol, op. cit., I, nos 2136 et 2141; 9-' éd., p. 646 et 648; Capitant, note (D. P. 04.1.129).