‹ Technique de la jurisprudence en droit privéChapitre 233 sur 275 · Fenet, I, p · texte numérisé non relu

Fenet, I, p

est bien obligé de faire confiance à la sagesse du juge. Sans doute, sur ce terrain, l'arbitraire est à craindre, et la variété des jugements, dans des espèces identiques, suscitera les soupçons des observateurs et soulèvera les récriminations de la partie perdante. Mais ces inconvénients s'atténuent en grande partie avec le temps ; car nous avons vu sur certains points se former une jurisprudence et se dégager des maximes progressivement acceptées. De la sorte, comme le souhaitait Portalis, le juge sentira de plus en plus que, « s'il est des choses qui sont arbitraires à la raison, il n'en est point qui le soient purement à son caprice ou à sa volonté » (1).

Toutefois, et c'est notre seconde remarque, il convient de noter la réserve avec laquelle nos juges ont éiaboré ces jurisprudences et maximes, ne s'y décidant que sur les points où l'expérience leur en révélait l'avantage et sachant, au contraire, conserver sur les autres la complète indépendance indispensable pour satisfaire à la variété des besoins sans se laisser dominer par le fétichisme du précédent.

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