SUITES OPÉRATOIRES
Elles sont des plus simples : la parotidectomie totale avec conservation complète du nerf facial est une intervention essentiellement bénigne, admirablement supportée.
Le pansement sera renouvelé le soir de l'opération, le drainage supprimé le deuxième ou troisième jour.
Les agrafes seront retirées dès le troisième jour, les crins, le huitième jour.
Une alimentation liquide est nécessaire pendant deux à trois jours, à cause du trismus d'intensité variable d’ailleurs, suivant les cas.
Le lever est autorisé dès les premiers jours et l'hospitalisation ne dépasse pas une semaine.
L'intervention est suivie d'une paralysie faciale transitoire.
Cette paralysie faciale est constante.
Elle est totale : tant dans le territoire du facial supérieur que dans celui du facial inférieur.
Elle est due, semble-t-il, plus à la dissection des filets. du nerf qu'à la dissection du tronc lui-même ou de sa bifurcation. C’est ainsi que, dans des cas de parofidectomie partielle où le tronc du facial et même sa division ont été disséqués, il n’est pas signalé de paralysie post-
Te
opératoire (Observation 17) et que, quant à cette dissection s'ajoute celle de tous les rameaux de l'une des branches (branche cervico-faciale en général) la paralysie n'intéresse que le territoire de la branche disséquée {Observations 12, 14 et 16).
Elle rétrocède toujours assez rapidement.
Les premiers signes de récupération (signes permettant d'affirmer l'intégrité générale du facial) apparaissent en général, vers la deuxième ou la troisième semaine (Observations 1, 4, 5 et 6) parfois plus tôt, au bout de huit jours (Observation 3), parfois plus tardivement, quatrième, sixième semaine (Observations 2 et 7).
Cette récupération semble d’ailleurs débuter par une phase de tonicité (la mastication est plus facile, les aliments ne stagnent plus dans le sillon gingivo-jugal), la motilité volontaire n’apparaissant que quelques jours plus tard.
La progression de la récupération est plus ou moins rapide. Elle ne semble nullement dépendre de la précocité d'apparition des premiers signes.
D'autre part, la récupération ne progresse pas parallèlement dans le territoire des deux branches du facial.
Toute trace de paralysie faciale a, en général, disparu vers le troisième ou le quatrième mois.
On peut dire qu'au bout de six mois le résultat définitif est obtenu.
Les séquelles les plus fréquemment observées sont :
la parésie de la lèvre supérieure, l'abaissement du sourcil.
Ces séquelles doivent correspondre à la section de filets nerveux ; c'est dire qu'il faut s’astreindre à conserver chaque filet nerveux siténu soit-il, à cette condition seule le résultat sera parfait.
== Vo
Parfois un léger état de contracture, soit au niveau de la lèvre supérieure soil au niveau des paupières se traduisant par une ouverture moins complète de l'œil au repos.
Nous avons constaté, enfin, dans certains cas des troubles locaux d'origine sympathique : transpiration et rougeur de la joue après les repas (Obs. 4, 7 et 11) et des troubles de la sensibilité : hypoesthésie de siège variable (région temporale le plus souvent, région jugale plus rarement).
Si, du point de vue de la mimique faciale les résultats sont pour ainsi dire parfaits, du point de vue esthétique ils sont également dans l'ense mble des plus satisfaisants : toute la partie supérieure de l'incision est invisible, la partie inférieure s’atténue rapidement.
Seule persiste une légère dépression rétro-maxillaire.
Parotidectomies totales.
Mme V.. Léocadie, 37 ans. Tumeur de la parotide droite du volume d’une pomme d’api (évoluant depuis 9 ans), radiothérapie.
Intervention le 2 février 1938 (Clinique rue V...). Op. D' Au- DOUIN.
— Anesthésie locale.
— Parotidectomie totale suivant Ia technique décrite avec en outre section de la mastoïde.
— La tumeur siège dans le plan superficiel de la glande entre les branches supérieure et inférieure du facial.
Suiles opéraloires : paralysie faciale totale qui rétrocède: vers le 15° jour.
Récupération pratiquement complète au bout de deux mois 1/2.
Malade revue le 16 juin 1938 : très légère parésie de la commissure labiale droite.
En décembre 1940 : très bon résultat ; I« cicatrice est un peu haute, l'œil un peu moins ouvert du côté opéré (Photographie).
Examen histologique (D' Yvan BERTRAND) : € tumeur mixte: de la parotide à prédominance myxoïde. Intrication habituelle des éléments épithéliaux et conjonctifs. Aucun indice de malignité. »
je —
Mme P... Paulette, 25 ans.
Enucléation d’une tumeur mixte de la parotide droite le 9 mars 1937 (D' Aupouix). Récidive dès juillet 1937. Le volume de la tumeur s'accroît progressivement.
Intervention le 13 septembre 1938 (Clinique P. Ch.) Op. D" AUDOUIN.
— Anesthésie locale.
— Parotidectomie totale selon la technique décrite. — La tumeur siège dans le plan superficiel de Ia glande en dehors des filets du facial.
La malade quitte la clinique le 5° jour.
Suites opératoires : paralysie faciale totale qui rétrocède tardivement vers la 4° semaine.
Récupération pratiquement complète le 4° mois. Malade revue en janvier 1939 : à peine une légère parésie de la lèvre supérieure.
En décembre 1940 : très bon résultat ; cicatrice parfaite, seulement visible au cou, mais à peine apparente (Photographie).
Examen histologique (D' Yvan BERTRAND) : € tumeur mixte caractérisée par une intrication habituelle des éléments épithéliaux et conjonctifs ; Félément myxoïde prédomine nettement. Pas de monstruosité cellulaire, mitoses rares. Aucun signe de dégénérescence maligne. »