VI. — Ces débouchés ne peuvent être actuellement que
a) La création de nouveaux marchés intérieurs ;
h) L’exploitation d’un marché extérieur qui ne soit ni l’Amérique ni l’Asie.
Les marchés intérieurs peuvent être créés par :
a) L’augmentation de la capacité d’absorption des classes ouvrières rurales occidentales ;
h) L’augmentation de la capacité d’absorption des classes agricoles orientales.
L’AFRIQUE
C’est le plan de mise en valeur de l’Europe agricole par l’Europe industrielle, que M. Delaisi en particulier a déjà exposé, et auquel nous ajoutons im plan de mise en valeur de l’Occident par lui-même, que nous avons exposé ailleurs (1), et qui découle du développement des forces hydro-électriques.
Mais c’est le plan dont l’application comportera le plus de difficultés, à cause des questions politiques et sociales que l’on devra résoudre pour l’appliquer largement.
Pour le marché extérieur, il n’y en a qu’un, c’est l’Afrique.
Mais l’Afrique est un marché de l’avenir.
Elle n’est pas un marché du présent à cause de la faible densité de ses populations et du caractère primitif de ses peuples équatoriaux.
Aujourd’hui, elle doit être conçue comme un chantier.
Pour la découvrir, et pour concevoir Feffort qu’elle appelle, l’Europe doit rejeter ses habitudes anciennes qui l’amenaient à chercher des marchés, L’Europe doit chercher aujourd’hui des chantiers, chez elle et en Afrique, qu’elle équipera pour créer de nouveaux centres d’échanges.
L’Afrique doit donc être conçue comme le grand chantier de l’Europe au xx® siècle, — chantier de la métallurgie, de la mécanique, de l’hydro-électricité et des travaux publics pour toutes les nations européennes.
VII. — Si l’Europe élabore et exécute un plan d’équipement général de l’Afrique, elle aura à fournir à l’Afrique une énorme quantité de machines, ce qui donnera im coup de volant formidable à l’industrie européenne, et pourra, au moins partiellement, mettre l’Europe sur la voie des grandes solutions à la crise mondiale.