‹ Technique de la révolution syndicaleChapitre 5 sur 38 · L.a C.G.T. cSé dans la bataille entre faseisme et socialisme · texte numérisé non relu

L.a C.G.T. cSé dans la bataille entre faseisme et socialisme

Or, l’organisme confédéral est la position-clé dans la bataille entre fascisme et socialisme. Selon que vous en organisez la défense et les moyens d’action dans tel ou tel sens, vous déciderez du sort de la bataille. Une erreur de vous, et la bataille serait perdue pour le prolétariat. La France étant, avec la Belgique et la Suisse, la seule place d’armes d’où puisse partir, sur le continent, ime offensive victorieuse contre le fascisme, une défaite prolétarienne chez nous serait la défaite du prolétariat dans toute l’Europe, et, probablement la guerre de l’Europe fascisée contre l’Union soviétique.

Non seulement la défaite prolétarienne. Mais sans doute la défaite de la civilisation, devenue, par cette défaite, impuissante à réussir la révolution qui la fera sortir de l’impasse où l’a conduite le capitalisme.

Votre rôle, camarades, est donc d’une importance historique formidable. Ferez-vous comme nos camarades d’Italie, d’Autriche, d’Allemagne, qui ont fléchi devant le fascisme, — ou allez-vous être les initiateurs du mouvement de libération pour toute l’Europe ?

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A nous d’en parler avec vous. A nous de vous rappeler que si nos camarades d'Italie, d’Autriche et d’Allemagne ont été vaincus par le fascisme, c’est parce qu’ils n’ont pas pu ou pas osé entreprendre la Révolution. En Italie, ils ont essayé ; ils ont échoué. En Allemagne, ils n’ont pas osé ; ils n’ont pas osé parce qu’ils n’ont pas cru possible de réussir la révolution.

Nous sommes, en France, au moment précis où il faut que vous preniez, que nous prenions tous la décision appelée par l’histoire. Nous avons le choix entre la défaite comme en Allemagne, en Italie, en Espagne, — et la révolution. C’est pourquoi, lorsque nous vous voyons apporter un plan qui n’est pas celui de la révolution, — nous vous crions : Camarades, il n’y a qu’une voie libre : la voie révolutionnaire.

Explications nécessaires sur un cas personnel

Il est nécessaire de dire quelques mots d’un cas personnel dont on se sert beaucoup» chez vous, contre l’action de clarification à laquelle nous nous donnons tous ici. De vos bureaux, camarades, nous arrivent sans cesse des protestations contre une action à laquelle prend part le sigiiataire de cette lettre : vous ne voulez pas recevoir les critiques d’un homme qui a vécu pendant des aimées au milieu de nos adversaires commims.

Que ne le dites-vous publiquement ? Je vous répondrais. Mais comme vous ne paraissez pas décidés à ouvrir le débat public sur le « cas Valois », bien que continuent de sortir de vos bureaux d’absurdes mises en garde, et souvent de très basses calomnies, j’ouvre le débat moi-même, et je dirai, aussi brièvement que possible, ce qu’il faut dire sur ce point : cela va bien au-delà du cas personnel.

Le « eas Valois ”

Je ne veux pas minimiser le « cas Valois » : Fils d’ime famille ouvrière et paysanne, prolétaire moimême, formé à l’école primaire, à l’école professionnelle par des maîtres républicains, socialistes et rationalistes, anarchiste-syndicaliste à dix-huit ans, élève et camarade de Fernand Pelloutier, ayant reçu les leçons de Georges Sorel, à qui je suis toujours resté attaché, — j’ai bifurqué en 1906-1907, je suis allé à l’Action française, et. en 1925, j’ai fondé, à Paris, le premier mouvement fasciste qui avait rassemblé, en deux mois, vingt-cinq mille cotisants et cent mille sympathisants, qui pouvait tenir à Reims, fin juin 1926, une assemblée de douze mille délégués de France et des colonies, et à qui en juillet Poincaré faisait offrir une participation ministérielle s’il consentait à marcher contre le syndicalisme et le socialisme.

Or, à partir de 1927-1928, on me trouve à gauche du mouvement social, et même à l’extrême-gauche.

Pour beaucoup de nos camarades, il y a là un mouvement inintelligible. Cela se conçoit. Mais cela n’est inintelligible que parce que vous, et les camarades du Parti socialiste et du Parti commimiste

LETTRE A LÉOÎf JOUHAÜX

avez complètement négligé de publier la moindre information sur ce mouvement.

Or vous avez eu toutes les informations utiles. Vous avez pu suivre (et vous avez suivi !), depuis 1927, les déclarations successives que je publiais, au nom des quelques hommes à qui j'étais lié, déclarations par lesquelles nous liquidions nous-mêmes les troupes fascistes que nous avions rassemblées.

Sur ce fait, vous deviez des informations à vos lecteurs. Vous ne les avez pas données. Cela m’oblige à les donner avec quelques commentaires. Il me faut expliquer ce que vous n’avez pas expliqué. Encore une fois, cela va bien au-delà du cas personnel considéré.

nous payons nos erreurs de l’affaire Dreyf ns

Camarades, nos erreurs à tous, les miennes, les vôtres, datent de loin : elles sont consécutives à l’affaire Dreyfus.

En 1898, nous avions tous pris part à l’agitation pour Dreyfus ; c’était pour nous la préface de la révolution. Le triomphe du üreyfusisrne acquis, nous autres, jeunes hommes, nous restâmes seuls, abandonnés par nos chefs, devenus gouvernementaux.

De trop nombreux militants s’accomodèrent de la collaboration avec les capitalistes du dreyfusisme, avec les radicaux qui triomphaient, avec les hommes d’Etat bourgeois qui avaient sauvé la République. Le parti révolutionnairé donnait sa démission, au moins pour le premier quart de siècle.

Restait le syndicalisme révolutionaire : qu’apportait-il en dehors de ses aspirations ? Quelles possibilités de réalisation ? Passionnés d’action,

quelques dizaines d’hommes jeunes dont j’étais, s’écartèrent de la vie publique, tentèrent des réalisations sur le plan de l’atelier. Demandez à Monatte ce que nous avons fait, et pourquoi nous nous sommes séparés alors : à nos camarades avec qui nous menions ime action 65TidicaIe et coopérative dans le livre, je posais la question : La Révolution faite,

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