L’OBJECTIVATION AFFIRMATIVE
Un phénomène subjectif provoqué par une excitation périphérique peut s’objectiver de deux manières, ou bien en donnant naissance à une réaction motrice engendrant des effets externes, ou bien en suscitant une affirmation d’existence extérieure, une affirmation d’objectivité.
L’élude de l’objectivation sous forme affirmative, c’est l’étude de la certitude sensorielle qui est à la base du témoignage, d’où une conséquence impor tante de ces mesures pour la psychologie judiciaire, dont les initiateurs furent Binet, Stern et Claparède.
Et, corrélativement, s’effectue la mesure des facteurs susceptibles de vicier les affirmations, delà suggestibilité surtout.
Toulouse, 2e édit.
i. — Mesure de la certitude dans le témoignage.
Lorsqu’on a assisté à une scène déterminée, ou qu’on a vu une reproduction d’une scène quelconque, on peut décrire ce que l'on a vu, dans la mesure où on se le rappelle. Mais il y a toujours des points dont on est sur et d’autres pour lesquels la certitude complète fait défaut*, on est susceptible d affirmer la réalité des uns et non des autres.
On pourra donc mettre le sujet en présence d’une image représentant une scène complexe, pendant un temps donné ; puis, après un certain intervalle, on pourra demander au sujet de décrire le plus complètement possible la scène qu’il a vue, en indiquant les points dont il se porterait garant.
Dans certains cas le sujet sera libre de faire son récit, sa « déposition », spontanément et sans intervention de l’expérimentateur 5 dans d autres, il devra uniquement répondre aux questions qui lui seront posées au cours d un interrogatoire.
Enfin des expériences pourront être faites également sur le témoignage de reconnaissance avec la série de couples d’images dont l’une est plus ou moins modifiée, qui servent pour la mémoire des scènes complexes 1 .
Dans la fidélité du témoignage intervient naturellement la mémoire visuelle de l’image, mais ce n’est pas cette mémoire qui doit entrer en jeu ici, c’est seulement la certitude du sujet.