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C. — Imagination

L’imagination est une forme d’association élective, les termes s’associant sous une influence générale très variable. Un peut distinguer des formes élémentaires et des formes complexes d’imagination.

I. Formes élémentaires. — La méthode, pour étudier l’imagination visuelle élémentaire, consiste à présenter des images dans un ordre donné et à faire renverser cet ordre.

Nous n’avons pris ni le renversement des aiguilles d’une montre, ni celui d’un angle, à causes de multiples causes d’erreur qui viendraient vicier l’expérience.

Par exemple nous conseillerons de présenter au sujet des mots (3 séries de 5) qu’on lui demande de renverser lettre par lettre.

Nous avons choisi les mots avec grand soin pour nos lests *, atin d’éviter le plus possible les causes d’erreur.

On présente successivement au sujet 4 séries de

l. Voir les tests, p. ^45.

MESURE DES PHENOMENES ASSOCIATIFS I 4q

groupes de lettres, les trois premières formant des mots usuels ayant respectivement i syllabe et 4 lettres, 2 syllabes et 5 lettres, 4 syllabes et io lettres, et la dernière constituée par des groupes de 5 consonnes distinctes.

La présentation se fait avec un appareil tel que nous en avons précédemment décrits, pendant un temps assez court (une demi-seconde) afin d’éviter une lecture renversée immédiate.

Aussitôt après, le sujet doit répéter le groupe renversé, lettre par lettre, en l’écrivant au crayon sur un papier, ou en dictant les lettres successivement, ce qui est préférable.

Pour étudier l’imagination auditive, on utilisera, soit des syllabes, soit des phrases, en séries de 5 (d’abord de 4, puis de 6, ctenlin de io syllabes) et une série de groupes composés de 5 syllabes distinctes.

La présentation se fera avec la vitesse habituelle (2 syllabes à la seconde); aussitôt après, le sujet devra répéter le groupe de syllabes en renversant syllabe par syllabe. Il répétera oralement et Ton notera sous sa dictée.

Pour le calcul des erreurs, on additionnera les fautes, consistant en interversions d’ordre, omissions et additions.

Les premières sont plus spécialement des erreurs dues à un défaut d’imagination, et pourraient à la rigueur être seules retenues.

IL Imagination complexe. — Quand on veut étudier les formes supérieures de l’imagination dite constructive (par opposition à l’imagination reproductrice qui n’est autre que l’évocation mnémonique

simple), on se trouve en présence de toutes les difficultés impliquées par une opération de l’esprit très complexe et très libre, difficile à soumettre à une contrainte expérimentale.

Il faut prendre garde d’ailleurs de ne pas trop mêler d’autres opérations de l’esprit à celle que l’on \eut étudier. C’est ainsi qu’une description d’objet impliquera presque uniquement l’esprit d’observation, mais pourra être utilisée pour étudier justement cette caractéristique mentale.

D’autre part, demander une description poétique, une narration quelconque, est utile, mais les conditions initiales sont bien indéterminées.

Nous proposons les procédés suivants :

A partir d’un mot le sujet devra faire une phrase de 5 mots.

A partir d’une phrase, le sujet devra faire un récit de 5 phrases.

Dans les deux cas, on évaluera le temps de réaction imaginative jusqu’au début de la réponse, d’une part, et d’autre part la durée de fabrication imaginative.

Enfin, à partir d’un dessin, d’une scène qu’on lui présente, le sujet doit imaginer et raconter une histoire simple relative au sujet présenté, pendant un temps limité de i minute après la présentation.

On compte alors les idées, et les images qui y sont contenues, et on fait la somme respective de chacun de ces groupes.

Le total donné et le rapport des idées aux images fournissent une mesure de l’imagination, d’une part, et, grossièrement, de la nature de l’imagination, d’autre part. Enfin, s’il y a lieu, on fait, dans la

MESURE DES PHENOMENES ASSOCIATIFS

somme des images, la part des images relatives aux divers sens, et les rapports obtenus fournissent un moyen plus délicat d’apprécier la nature de l'imagination.

On peut encore faire la part des différents mots employés (substantifs, verbes, conjonction, etc.) et de leur nature (concrets ou abstraits, à caractère affectif, esthétique, moral, etc.), noter l'usage des comparaisons, la part des expressions usuelles, des « clichés » de la littérature, les relations fonctionnelles diverses (relation d’usage, de causalité, de finalité, etc.).

Il y a là une analyse complexe et féconde, très utile pour la connaissance de la nature d’esprit, mais trop hétérogène dans son contenu, évidemment, pour être traduite en chiffres, en relations arithmétiques : on fait là des différenciations qualitatives qui peuvent être développées dans diverses directions.

Enfin il y a lieu d’établir le rapport de l’état des idées et images à la rapidité individuelle d’association du sujet.

La présentation pourra se faire pendant 2 ou 3 secondes.

Le choix des images est assez délicat, car il faut éviter le plus possible tout ce qui peut plus particulièrement éveiller des images chez certaines catégories d’individus que chez d’autres, bien qu’on puisse faire une moyenne de 3 expériences, à moins qu’on cherche à faire justement intervenir certaines influences, professionnelles, affectives, etc.

Nous indiquons à titre d’exemple trois figures :

i° Un chat poursuivi par un chien s’enfuit derrière un mur.

I&2 technique de fsiciiologie expérimentale

2° Un grand vent couche des arbres dont certains sont renversés.

3° Un livre est abandonné sur un banc placé dans un jardin.

Chaque dessin est un carré de iocm X iocm ; mais les dimensions sont d’importance minime et peuvent être établies d’après les exigences de l’appareil de présentation dont on dispose.

Ainsi on peut évaluer la rapidité et la richesse imaginative, et, en outre, l’analyse du contenu imaginé permet de déterminer le type d’imagination, abstraite, verbale, sensorielle (visuelle, auditive, etc.), type qui pcul être rapproché du type de mémoire verbale 1 .

i . Le type d’imagination peut être en rapport avec celui d’utilisation des images dans ce qu’on appelle la «parole intérieure», c’est-à dire, pour une très grande part, la pensée.

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