‹ Technique de psychologie expérimentale (volume 2)Chapitre 58 sur 93 · VOLONTAIRE · texte numérisé non relu

VOLONTAIRE

On a pu, dans les parties précédentes de ce livre, trouver des moyens pratiques pour évaluer, pour mesurer les diverses fonctions psychologiques. Les déterminations que Ton pourra faire en les appliquant sont-elles suffisantes pour fixer avec exactitude un type psychologique correspondant à un sujet donné? En d’autres termes l’étude expérimentale de la sensation, de la perception, de la mémoire, de l'imagination, du jugement, du raisonnement, de l’attention meme dans les applications particulières de ce pro cessus général, pourra-t-elle nous donner la formule psychologique de tel ou tel individu ?

S’il est incontestable que nous obtiendrons ainsi de

i . Nous tenons à remercier M . Mignard pour sa collaboration à ce chapitre.

précieux renseignements, il n’en est pas moins vrai que notre examen restera encore incomplet ; car le sujet étudié jouirai t-t-il à un haut degré des fonctionset mécanismes étudiés dans ce livre, qu’il devrait encore, pour en tirer le meilleur parti possible, les grouper et organiser de la meilleure et plus forte manière, et les diriger delà façon la plus convenable. C’est ce groupement organique (synthèse) et cette direction (conduction volontaire ou involontaire) des fonctions élémentaires dont nous nous proposons de dire quelques mots dans ce chapitre. Il est à désirer que ces fonctions complexes et synthétiques, sans objet parfois, deviennent, elles aussi, l’objet d’nne étude expérimentale.

La psychologie pathologique met facilement en lumière des troubles à peu près isolés de la synthèse (dans l’hystérie, peut-être, d’après les travaux de P. Janet) ; et des troubles aussi spéciaux de la conduction (confusion), en l’absence de tout signe d’affaiblissement intellectuel congénital ou acquis (imbécillité ou démence).

De même l’observation révèle, chez les enfants ou parmi des sujets de faible capacité intellectuelle, d’autres individus incapables seulement de direction volontaire (instables) et de cohésion dans leurs idées ou dans leurs actes. Enfin l’observation psychologique quotidienne nous montre, chez un même sujet comme d’un individu cà l’autre, et selon l’état physiologique et psychologique du moment, combien est variable dans sa force et dans sa direction la maîtrise que chacun possède plus ou moins de ses propres processus intellectuels, émotionnels et sensori-mo-

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teurs. C’est là un élément central que l’on ne saurait négliger dans l'étude du caractère individuel.

Ceci dit, est- il possible d’étudier expérimentalement ces fonctions, et en quoi leur étude difTèret - elle de celle des mécanismes élémentaires?

L’on peut déceler évidemment ces fonctions par l’observation, mais en outre nous pouvons même, jusqu’à un certain point, les évaluer expérimentalement d’une manière analogue à celle qui a été employée pour la mesure des processus élémentaires dont nous nous sommes précédemment occupés.

L’observation montre en effet, et c’est un point essentiel à connaître, pour l’expérimentateur, jusqu’à quel point le sujet prête à l’expérience une bonne volonté, un intérêt, une attention sudisants ; elle peut nous montrer aussi jusqu’à quel point il est capable de suivre à la fois plusieurs processus intellectuels, jusqu’à quel point il peut, sans se laisser détourner par des excitations extérieures, commencer, continuer, interrompre, changer ou arrêter à dessein une action donnée qu’il est d’ailleurs physiologiquement et psychologiquement capable d’exécuter, jusqu’à quel point cette synthèse et celle direction sont le résultat d’un effort de volonté personnelle ou prov iennent du développement d’une tendance involontaire; comment, d’ailleurs, ils apparaissent au sujet lui même dans un sentiment intellectuel secondaire.

Et, si toutes ces données ne sont pas susceptibles de recevoir une évaluation numérique, il n’en est pas moins vrai que l’on peut cependant évaluer de la. sorte certains processus de synthèse et de conduction.

Toulouse, 2e édit.

En quoi l’étude de ces fonctions diffère- t el le de l’étude des mécanismes élémentaires P En ce que nous ne rechercherons pas ici la valeur de telle ou telle fonction, mais, cette valeur supposée connue, la facilité avec laquelle le sujet en fait usage, soit dans la mise en train, soit dans la modification ou l’arrêt, soit dans la combinaison ; nous rechercherons enfin comment le sujet résiste aux excitations extérieures.

A ce titre, c’est dans ce chapitre que devraient prendre place, au point de vue purement logique, l’étude de l’attention appliquée aux divers mécanismes sensori-moteurs, et, en partie, celle des temps de réaction, comme phénomène d’objectivation volontaire.

Les dispositifs sont les mêmes dont nous nous sommes servis précédemment, puisque nous n’étudions pas des fonctions différentes, mais seulement l’utilisation individuelle des fonctions sensori-molrices supposées connues.

Voici les principaux appareils nécessaires pour la mesure des phénomènes de conduction, d’après les temps de départ, d’arrêt, et de changement des actes, parmi lesquels l’énonciation verbale peut révéler des processus intellectuels très complexes : Un cylindre enregistreur avec chariot automoteur ou pouvant être mis en marche grâce à une transmission par le mouvement du cylindre ; une série de signaux électriques avec des piles, un dispositif de mesure du temps, diapason électrique ou chronographe de Jacquet, une clef de Morse, un commutateur et une clef vocale de Cattell.

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