Sensations kinésiques
. Les principales sensations kinesthésiques, ou mieux kinésiques, à étudier, sont celles d’effort musculaire luttant contre une résistance, comme dans le soulèvement des poids, celles de contraction statique immobilisant un membre ou un segment quelconque du corps dans une certaine position, et enfin celles de contraction dynamique, de mouvement déplaçant un membre ou un segment quelconque du corps d’une certaine étendue.
A. — Sensations d’effort musculaire.
L’acuité de la sensibilité musculaire sera mesurée
MESURE DIÎS SENSATIONS SOUS-CUTANEES
par le plus petit rapport entre deux seaux en cuivre de volume et de forme semblables, dont Tun, l’étalon, conserve un poids constant, et dont l’autre reçoit des plateaux qui élèvent son poids progressivement, lesquels seaux, après avoir été, sans secousse appréciable, alternativement suspendus à un segment de membre, sont diflérenciés.
Les seaux que nous proposons d’employer, et qui constituent le rnyo-esthésimètre de Toulouse et Vasciiide, ont les poids suivants :
Première série. ... i gramme.
Deuxième série. .
Troisième série. .
Quatrième série..
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Les seaux de i gramme sont en aluminium, les autres sont en cuivre.
Dans le seau à poids variable de chaque série, on place des plateaux tarés qui perm^Ttent d’augmenter sa valeur, — par rapport à l’étalon constant, — dans la proportion de i/i ooo, de i/ioo et de i/'io. Dans chaque série, les plateaux sont au nombre de lo allant de i à lo unités.
Les poids des unités sont, pour chaque série de plateaux, les suivants :
Première série.
I milligramme.
1 ceiiligramme.
I (léci gramme.
1 gramme.
Deuxième série. .
Troisième série. .
Quatrième série. .
Cinquième série. . Sixième série..
I clécagramme.
I hectogramme.
I. On pourrait adapter à l’anneau de suspension une surface circulaire par laquelle seule reposerait le seau sur le doigt.
8o TECHNIQUE DE PSYCHOLOGIE EXPERIMENTALE
Les plateaux des première, deuxième et troisième séries sont en aluminium, et les plateaux des quatrième et cinquième séries sont en cuivre. Les plateaux ont une l’orme cylindrique et sont surmontés d’un crochet préhensile. Pour la i'*^ et la 2® série, on a dû faire usage de tiges en aluminium.
Tcchn’ujae. — On fait asseoir le sujet dans une [)Osition commode et définie, près d’une table, de
Fig. i3. — Seaux et poids du iiiYO-esthésiuiètrc de Toui.ousk
et V.vsciiiDi:.
telle sorte que son coude seul puisse reposer sur fun des bords et son bras soit maintenu horizontalement en dehors de la table. Le sujet ayant les yeux bandés, on le prévient qu’on va lui faire soupeser des petits seaux ; et il devra indiquer, quand il aura soupesé les seaux l’un après l’antre, quel est le plus lourd; dans le cas oit il n’aura aucune impression précise, il devra répondre : Je ne sais pas.
On place les seaux sur l’articulation de la phalange avec la pbalangine de l’index à peu près étendu et le
sujet doit soupeser par un mouvement de l’avantbras se soulevant sur le coude, appuyé, comme nous l’avons indiqué, le poignet restant immobile, et tous les doigts de la main, sauf l’index, restant fermés. Ainsi la sensibilité musculaire appartient à peu près uniquement au biceps et au brachial antérieur, d’une part, et au triceps antagoniste, d’autre part.
On fait des [)iésentations tri[)lcs : on présente en elTet successivement l’étalon d’une série, un autre poids, et à nouveau l’étalon, et l’on va progressivement du [)oids le moins dilTérent de Tétalon au plus éloigné.
On commence par placer sur le doigt le seau étalon, et le sujet, prévenu qu’il s’agit de l’étalon, doit le soiq)eser aussitôt ; on le retire au bout de 2 secondes ■environ et l’on [)Iace de suite (c’est-à-dire dans un temps qui ne devra jamais excéder 2 secondes) le seau - à conq)arer, que le sujet soupèse et qu’on laisse le même temps ; puis, de suite encore on remet iVtalon en prévenant toujours qu’il s’agit de l’étalon : Le sujet doit alors déclarer si le poids (pii a été soupesé au milieu est plus lourd, [)lus léger, ou égal aux autres '.
On [uésenteen suivant la série régulière des [loids, mais, de temps à autre, on représente l'étalon trois fois de suite [)our éviter ([ue le sujet, en déclarant toujours une dillérence, n’induise en erreur l’ex^iérimentateur.
I. Cette présentation complexe est rendue nécessaire par ce fait (jue, surtout avec les poids de i kilograinine, une légère fati gue tait souvent paraître plus lourd le second poids mémo lorsqu’il est égal ou un peu plus léger (pie le premier.
Il faut éviter cFutillser des séries de poids très différentes ruiie près de Tautre, en raison de l’adaptation du sujet.
Entre deux triples présentations, l’intervalle doit être de i minute pour éviter la fatigue ; et, surtout si l’on emploie les poids lourds, il faut donner un repos de plusieurs minutes après trois ou quatre triples présentations.
Lors([ue les réponses du sujet se trouvent constamment exactes, on obtient la valeur du seuil différentiel, mesurée par une fraction dont le numérateur est fourni par le poids en grammes de la surcharge ajoutée au seau de comparaison, et le dénominateur le poids en grammes du seau étalon.
Pour déterminer le seuil absolu, on est obligé de recourir à Tanestliésie de la surface cutanée, sans quoi les sensations de pression, précédant les sensations musculaires, rendraient impossible toiite mesure exacte : On pulvérise sur l’index du chlorure d’éthyle, et, lorsque la sensibilité cutanée est abolie, on procède à l’expérience en plaçant le sujet dans les mêmes conditions que précédemment b
On fixe avec un fd très fin ou un cheveu formant anneau les poids de la série du centigramme et du décigramme, et on les place comme les seaux ; on prévient alors le sujet de soupeser, et, au bout de
■ I. Celte anesthésie évite de faire appel à des injections intradermiques d’une solution de cocaïne à 2 pour 100 ; mais elle n’est complète que lorsque la peau blanchit, et il faut la maintenir en cet état en répulvérisant du chlorure d’éthyle de temps à autre, sans quoi l’anesthésie disparaît aussitôt. L’inconvénient, c’est que le moment de la décongélation cutanée est assez douloureux.
3 à 4 secondes, on le retire à la demande du sujet s’il a senti un poids ; on procède ainsi toutes les i5 secondes en augmentant le poids ; mais, de temps à autre, comme épreuve, on pose la question sans rien mettre.
Lorsqu’on arrive jusqu’au gramme, on peut employer le seau en aluminium, et l’on y ajoute des surchages jusqu’à ce qu’on ait atteint le seuil absolu, pour des réponses constamment exactes du sujet.
Il est nécessaire de procéder également à l’anesthésie avec le chlorure d’éthyle lorsqu’on veut déterminer. la valeur du seuil dilTérentiel pour les poids les plus légers.
B. — Sensations statiques.
Nous avons des sensations qui nous permettent, à l’état normal, de connaître la position de nos membres et des divers segments de notre corps les uns par rapport aux autres, alors meme que nous avons oublié les mouvements qui ont amené ces attitudes.
Le sens des attitudes segmentaires pourra être étudié, sur le bras, avec un appareil tel que le scbésiestbésimètre * cpie nous avons fait construire : 11 se compose d’un pied à coulisses, et d’un support circulaire susceptible de s’incliner, de basculer, en avant ou en arrière. La surface du su[)port peut, [)ar le jeu des coulisses, être située à une hauteur du sol allant de o"',(jo à échelle graduée en cen-