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I. — Sensations lumineuses

L’étude de la sensation fondamentale fournie par l’œil, de la sensation de luminosité, est certainement la plus délicate, et elle est très importante si l’on songe cpie la mesure des intensités lumineuses en [)hysi(jue, par les procédés photométriques, ne s’eff(“Ctue (jiie grâce à cette sensibilité ocnlaire et participe ainsi du coellicient variable d’erreur lié à l’appréciation subjective. Ces coelbcients d’erreur dans les mesures couq)aratives ont été déterminés sous forme de seuils (lilférentiels, grâce aux lois de propagation de la lumière considérées comme mathématiquement exactes. C’est (pi’en effet les radiations de la lumière n’ont pas une meme action sur toutes les modificationscbimicjues ipi’elles provoquent ou qu’elles inlluencent, et parmi lesquelles se trouve la réaction qui est la base de la sensation subjective de luminosité. Une radiation où prédominent les ondes d’une certaine périodicité peut agir plus sur telle réaction chimique objectivement mesurable et moins sur la réaction rétinienne que telle autre radiation où des ondes plus courtes ou plus longues prédominent.

I^a véritable |)botométrie objective sera réalisée le jour où l’on connaîtra exactement la réaction rétinienne et ses lois et où l’on pourra artificiellement la reproduire et la mesurer dès lors avec une précision continue ([ue ne comportent pas les variations discontinues de la sensation provoquée après transmission nerveuse de l’excitation que la réaction rétinienne a

engendrée. Mais nous ne possédons pas encore celle méthode de mesure objeclive ; aussi la mesure du seuil absolu et du seuil dillerenliel de la sensibililé lumineuse a-t-elle une importance scientili(pie consirable. Or elle peut donner, suivant les conditions d’examen les résultats les [)lus variables; le seuil dilférentiel a donué des valeurs extrêmes qui sont entre elles comme i et i Ooo ! Les valeurs dépendent en etïet de la valeur absolue de l’éclairage, de la grandeur des surfaces, de l’emploi d’uu œil ou des deux,, de la durée de rexcitatioii, de l’adajitation préalable de l’œil à l’obscurité ou à la lumière, etc. Il faudra donc rendre très constantes les conditions nombreuses et complexes de l’examen, tant pour la détermination du seuil absolu, ou minimum [lerceptible, que des seuils dllîérentiels.

A. — Mininnim perceptible .

La détermination du seuil de la sensation lumineuse pourra se faire par l’emj)loi d’un dis|)Osilif fondé sur le [irincipe du pboto[)lomètre d'A. Charpentier, (pii a consacré de longues années à l’étude de la vision. Ce pbotoplomètie comprend un tube cylindrique à parois intérieures noircies d’une longueur donnée, et fermé, à une extrémité, par un verre dépoli, ou mieux une jilaque d’albatrine de y millimètres d’épaisseur, à l’autre, par un écran translucide. Cet écran est généralement réalisé par une feuille de papier ou de carton blanc, de bristol ou encore par une plaque d’albatrine, substance fabriipiée à Bac-

Fig. 22. — Pliotoj)tom( lrc de Ciiauimcmikr.

carat et présentant des caractères optiques tres

constants.

Au milieu cl u tube, se trouve un large objectif divisé par une section plane en deux lentilles plan convexes, la force réfringente de l’objectif étant telle c{ue le verre dépoli et l’écran translucide se trouvent foyers conjugués l’iin de l'autre; et, entre les deux moitiés de l’objectif se trouve un diaphragme, un œil de chat de Bouguer à ouverture carrée variable grâce au mouvement de deux lames glissant l’une sur l’autre d’un mouvement égal et contraire en sorte cpie la surface reste toujours concentricjue aux lentilles. Le mouYemerit des lames est commandé par une vis portant un index qui marcpie sur une graduation le coté du carré de l’ouverture en millimètres; le carré de ce nombre donne en millimètres carrés la surface laissée libre par l’ouverture du diaphragme. Nous considérons pourtant comme préférable l’emploi de l’œil de chat Blondel, dont l’ouverture est rectangulaire, et délimitée par un diaphragme, lors-

F.g. 23. — Œil de chat de Bouguer.

MESURE DES SEÎ<SATIO?JS VISUELLES

qu’on est obligé de réaliser des fentes très petites comme pour la détermination du seuil absolu. Le resserrement s’effectue avec une vis sans lin, et les surfaces sont également mesurées en millimètres carrés.

L’éclairement de l’écran, lorsque le verre dépoli sera éclairé, sera proportionnel à cette ouverture et se trouvera également réparti sur toute sa surface si le verre dépoli est lui-même uniformément éclairé ; cette condition sera réalisée en plaçant la source lumineuse au foyer d’une lentille con-

vergeiUe plan -convexe f,„, j/,,oiîn ,ic dun.ie appliquée conire le verre

dépoli qui reçoit alors des rayons parallèles provenant de la source lumineuse, et l’écran sera regardé par un tube noirci long de millimètres et formant oculaire.

La source lumineuse doit naturellement être constante, et l’on se trouve en présence du problème impliqué par le cboiv d’une telle source; or, malbeureusement on est obligé de se contenter d’une constance approchée.

On peut conseillera cet égard l’emploi de l’étalon à gaz ou de la lampe électrique à incandescence.

L’étalon à gaz implique deux becs avec régulateurs de débit; l’un est formé d’un brûleur Lexgel à couronne de trous, à coté duquel un autre bec est constitué par un trou unique, d’où part une namme mince

Il6 TECHNIQUE HE PSYCHOLOGIE EXPFilUMENTALE

etellilée dont la liaiiteLir peut être facilement mesurée; en faisant varier la hauteur de cette flamme, on fait Aaiiet 1 intensité de la lumière l'ourme par le brûleur. Mais, comme cette intensité varie avec le gaz employé, on doit com[)arer photométriquement, par exemple avec le photomètre universel Hlondel et liiiocA ', les intensités obtenues avec le g'az dont on thspose, par ia[)[)ort a un étalon plus précis, le (iAiicEu ou la lampe IIei nek a acétate d amyle, ou encore hétalon Blondel basé sur un liipiide comprenant 84 pour loo d’alcool alisolu et lo |)our loo de benzine cristallisable. Il tant ipie la llamme brûle dans une pièce de g;rand cubage d air et dont 1 air doit être renouvelé [lar des ventilateurs après un temps assez court de combustion du guiz.

La lampe à incandescence, à condition qu’elle ne soit employée que pendant un nombre limité d’Jieures est la source de choix quand on dispose d’électricité, et, dût-on em[)loyer des accumulateurs, on doit toujours arriver à disposer d’électricité. On étalonne où l’on fait étalonner les lampes dont on veut se servir dans un laboratoire industriel pour un ampérag'e

I. L’appareil monté siir pied comprend deux tubes symétri- <[ues à lentille périphérique diaphragmés par l’œil de chat Bi.ondkl 5 deux iSorans reçoivent la lumière et leur image est renvoyée par des miroirs rectangulaires dans un appareil hinoculaire où l’on peut ellectuer la comparaison. L’appareil étant placé de telle sorte que l’étalon et la source à mesurer se trouvent a égalé distance des lentilles des tubes correspondant à chacun d’eux, on réalise l’égalité de luminosité des deux plages par la variation d’ouverture des diaphragmes ; l’éclairement étant proportionnel à l’ouverture, l’intensité de la source, les deux ouvertures étant connues, est évaluée par rapport à celle de l’étalon.

:mesure des sensations visuei.les

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