‹ Technique de psychologie expérimentaleChapitre 35 sur 89 · II · texte numérisé non relu

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donné. En employant un courant constant, avec régulation du courant s’il y a lieu, on a une source commode et sûre. En comparant de tem[)s à autre la lampe qu’on utilise avec une autre, qui ne sert ])as et qui ne peut donc varier dans l’intervalle, on s’assure du moment où l’intensité baisse et où il faut changer la lampe d’emploi n..oNm.:,.-nKüCA.

habituel. En employant toujours comme source une lam[)C dite de 5 bougies, étalonnée en carcels (i bougie de l’étoile valant o carcel i3o)et ayant la meme valeur d’intensité lumineuse, on [)Ourra, dans des conditions sutlisamment comparables, mesuier le minimum peiceptible de divers sujets.

Tecfuwjue. — Le sujet doit rester pendant un quart d’heure avant l’expérlcnge dans la chambre noire, assez vaste, cpii est nécessaire [)ources mesures. Il s’adapte ainsi à l’obscurité, l’adaptation ainsi réalisée étant la plus rigoureusement comj)arable cIk'z des sujets normaux. Le photo[)tomètre esttlisposé sur une table, et la lam[)eà incandescence formant source lumineuse est placée dans une boîte obscure en relation avec le tube de ra[)pareil en sorte qu’aucun rayon lumineux, en dehors de ceux (pil pénètrent dans le tube, ne [)uisse [lasscr dans la [)ièce.

On fait tâter au sujet la coquille de l’oculaire où il doit, lorsqu’on le lui dit, a[)[)li(pier l’u^il.

L’œil de chat étant complètement fermé, on le fait

Il8 TECHNIQUE DE PSYCHOLOGIE EXPERIMENTALE

regarder; puis, on fait retirer l’œil, et, en ouvrant peu à peu l’ouverture du diaphragme on fait regarder à nouveau toutes les 20 secondes, pendant une durée de 2 secondes chaque fois ; le sujet doit prévenir du moment oii il croit voir une luminosité, si faible soit-elle, de l’écran. De temps à autre on le fait regarder en fermant complètement le diaphragme à titre de contrôle. Lorsque la réponse est constamment juste pour une ouverture donnée, on évalue le seuil d’après la surface d’ouverture, l’unité arbitraire étant fournie, toutes conditions étant absolument constantes, [)ar une ouverture d’un millimètre carré ; le seuil peut d’ailleurs se trouver au-dessous de cette valeur, la sensibilité de l’œil adapté à l’obscurité étant développée au maximum et atteignant une finesse extraordinaire.

1). — Miniinani différentiel.

La mesure du seuil de dilférenciation de deux interisités lumineuses s’elfectue suivant plusieurs méthodes dilTérentes.

L’une d’elles peut être basée sur l’emploi du photoplomètre différentiel de Charpentier, qui s’obtient en ajoutant au tube du photoptomètre simple une boîte rectangulaire sur laquelle se monte à angle droit un autre tube identique au premier. Deux sources de

I. Pour vérifier les ouvertures du diaphragme, il est nécessaire, si on utilise la vue, de ne pas éclairer l’œil du sujet, ce qui modifierait son adaptation oculaire. Pour cela, on peut recouvrir la tête du sujet avec un voile noir opaque et se servir d’une lampe électrique de poche à faihle éclat lumineux.

.MESURE DES SENSATIO^îS VISUELLES

même intensité sont placées en lace de chaque tube, au foyer de la lentille convergente placée contre la plaque d’albatrine ; les œils de chat de chaque tube sont également ouverts. Mais la lumière qui vient du nouveau tube rencontre dans la boite rectangulaire une lame plane de verre placée en diagonale et qui, réfléchissant les rayons à angle droit les projette sur la surface antérieure de l’écran qui termine le premier tube, tandis que la surface postérieure de l’écran reçoit la lumière de l’autre source. L’œil, au bout de l’oculaire, voit l’écran éclairé par les deux sources, un des éclairements par transmission, l’autre par réflexion diffuse. Mais, ^Jour elTectuer une comparaison des deux sources, il faut que chaque moitié de l’écran ne soit éclairée que par une des sources. Dans ce but, on dispose derrière l’écran, sur une de ses moitiés, une feuille de papier noir opaejue ; sur cette moitié il n’y aura donc pas d’éclairement par transmission mais seulement par réflexion ; et, pour que l’autre moitié ne reçoive pas de lumière réfléchie, et ne fasse que transmettre la lumière reçue par derrière, on recouvre d’un papier noir opaque la moitié correspondante de la surface dlfTuslhle qui termine le tube latéral.

On fait ainsi comparer au sujet les deux sources de lumière, et, en modifiant l’ouverture du diaphragme latéral, on augmente ou on diminue l’intensité delà lumière réfléchie, jusqu’à ce qu’on obtienne la [)erception difTérentielle.

Mais nous proposerons un perfectionnement de cette méthode rendant beaucoup [)his strictement comparables les deux surfaces éclairées.

l'20 TECHNIQUE DE PSYCHOLOGIE EXPERIMENTALE

Une source unique de lumière, une lampe à incandescence étalonnée, est placée à égale distance de deux prismes à réflexion totale qui renvoient les rayonsa angle droit, et parallèlement par conséquent, sur deux lentilles convergentes a})pliquées contre les surfaces difl'usives d alhatrine de deux tubes photoptométriques cyiindriijues à parois intérieures noircies, avec œil de chat entre les deux lentilles d un objectil, et une surface d albatrine terminale, c’est-à-dire deux tubes identiques au pliotoptoniètre siml)Ie de Charpentier. Les deux tubes [)arallèles aboutissent à une boîte rectangulaire terminée par un oculaire.

L’onl perçoit la luminosité d'écrans identiques éclairés identiquement par une lumière transmise. Les conditions sont rigoureusement déterminées. Le seuil s’établira par la variation d’ouverture de l’un des diaphragmes, diverses Intensités étalons pouvant être établies en réglant les deux diaphragmes pour une ouverture initiale déterminée, l’intensité de l’éclairement étant toujours proportionnelle à la surface d’ouverture du diaphragme.

Il nous semble que les mesures obtenues avec ce photo-esthésimètre pourront permettre des comparaisons exactes entre diflérents sujets, l’écran éclairé ayant toujours la même surface.

Avec un diaphragme fixe placé derrière cet écran^

Photo - est hési mètre ditrérenticl de Tot- LOUSEet PlÉRON.

P, P, prismes; S, source de lumière ; D, D, 1)', D’ , écrans dilîusifs ; L, L, lentilles à œil de chat ; O, oculaire.

on pourrait en outre eiïectuer des comparaisons avec des surfaces plus petites.

Une méthode tout à fait dilTérente, mais très couramment employée, est fondée sur l’emploi des disques tournants, soit qu’on les fasse tourner à la main avec des multiplications assez fortes pour obtenir facilement 1 8oo tours à la minute au minimum, soit plutôt qu’on emploie un moteur comme dans le dispositif dont nous avons parlé à propos de la fusion des sensations tactiles, et sur lequel nous reviendrons plus en détail à propos de la fusion des sensations visuelles.

Cette méthode consiste à rechercJier quelle largeur angulaire il faut donner à un petit fragment de secteur de papier blanc d’intensité connue, placé sur un disque, donnant, au moment de la rotation, une luminosité d’intensité également connue, pour que l’anneau engendré au cours de la rotation par le pa[)ier blanc se distingue du fond. Pour obtenir diverses intensités du fond, on divise le disque en deux secteurs, un blanc et un noir, de coelïicient lumineux connu, dont on varie l’étendue angulaire res[)eclive ; on peut aussi employer des éclairages d’intensité variable.

iNous indiquerons à cet égard le dispositif (pii nous paraît préférable au point de vue pratique pour l’emploi de cette méthode, évitant le collage, sur les disques, de papiers en forme de fragment de secteur concentrique, et de valeur angulaire croissante:

Au Heu d’un discpie, on disposera deux discjues conjugués, tournant donc toujours avec la même vitesse. On aura deux distpies noirs ldentl(pies et deux disques blancs idenlicpies, tous munis d’une fente

suivant un rayon. On fera entrer l’un dans l’autre un disque blanc et un disque noir, de telle sorte que par simple glissement respectif autour du centre commun on puisse faire apparaître de chacun d’eux un secteur de l’étendue proportionnelle qu’on voudra, depuis i" jusqu’à dhp”. On fera tourner les disques à la vitesse de i25 à i5o tours à la seconde soit 7 5oo à 9000 tours à la minute au moyen d’un moteur électrique *, Et l’on éclairera les disques en plaçant une source étalonnée de lumière à égale distance des centres de chacun d’eux : on emploiera une lampe de iG bougies, [ilacéeen avant des disques, à une distance de I mètre de leur plan, et, au-dessus d’eux, à une hauteur de 'jo centimètres par rapport au plan horizontal passant par leur centre, à égale distance de ces centres.

Les disques, verticaux, de 20 centimètres de diamètre, seront placés l’un à côté de l’autre, avec un intervalle de 2 centimètres entre leurs bords ; un disque plein et noir sera placé devant chacun d’eux, percé d’une fenêtre en secteur, de 10 centimètres d’ouverture angulaire, mais seulement sur une longueur de 4 centimètres de rayon, l’extrémité de la fenêtre

I. On pourra adopter le chilVre de 8000 tours. Comme il n’y a avec ce ilispositil' que deux impressions par tour de disque, la vitesse doit naturellement être grande, et on n’a pas à craindre de dépasser la rapidité au delà de laquelle la fusion s’effectue moins bien : à 9 000 tours en effet on n’a que 3oo impressions rétiniennes par seconde, et la fusion complète ne s’établit souvent pas avant aSo. Avec un disque assez grand fixé à l’axe du moteur on peut multiplier les vitesses en employant une roue beaucoup plus petite pour la transmission au disque, et atteindre assez facilement ces vitesses très élevées.

MESURE DES SE>SATlONS VISUELLES lüS

s’arrêtant i centimètre avant le bord du dis([ue. Un éclat initial, photométriquement évalué, sera déterminé par la combinaison de deux valeurs angulaires pour le secteur blanc et le secteur noir de chaque disque. Les deux disques tournants auront donc même luminosité. Il sudlra alors de les arrêter et de changer clans l’un d’eux la giandeur respective des deux secteurs blanc et noir [)Our modifier en plus ou en moins la luminosité absolue d’un des disques, une fols la rotation reprise. Les modifications se faisant [)rogressivement, on atteindra le seuil dllTérenllel lorsque le sujet reconnaîtra que fun des disques est [)lus ou moins lumineux que l’autre.

Technujac du photo-esthésimclre à œil de chat. — Le sujet est laissé un quart d’heure à la chambre noire, pour réaliser son adaptation à l’obscurité'. 11 est ensuite placé, comme pour la détermination du minimum perceptible, en face de la coquille de l’oculaire, et, les diaphragmes étant également ouverts, sur une surface de 'jJ) millimètres carrés, par exemple, on fait regarder au sujet, avec l’œil ([ue l’on veut explorer, d’ahord pendant une durée de 5 secondes ; puis, le sujet éloignant l’œil de la coquille, on augmente l’ouverture du dia{)hragme de droite d’une cpiantité très minime en se servant de la lampe électrique de poche. Lt, au bout de 3o secondes, on fait regarder

I, La lampo se trouve nalurelleinent dans une boîte noircie ne laissant pas tiltrer de lumière dans la pièce, coniine pour la détermination du minimum perceptible. On [)cut encore, suivant un dispositif de I'ipeu, placer la source d(î lumière dans une pièce voisine, la paroi étant percée pour laisser passer les tubes pbotoptométriques.

à nouveau au sujet en lui demandant s’il note une dilTérence d’éclat. On continue progressivement à augmenter l’ouverture du diaphragme de droite, jusqu’à ce que le sujet reconnaisse une dilTérence (le seuil de sensation se conlbnd ici avec le seuil de perception, la dilTérence d’éclat perçue étant toujours déterminée) ; et de temps à autre on rétablit, à titre de contrôle, l'égalité d’ouverture des diaphragmes. *

On [)eut recommencei' en diminuant progressivement l’ouverture du diaphragme de droite. Et l’on peut' procéder de même en partant d’une ouverture de loo millimètres carrés, et d’une ouverture de 4oo.

Et surtout on ex])lorera successivement les deux yeux. Au point de vuepraticpieen elTet, et tout au moins pour l’œil adapté à l’obscurité, la sensibilité à la lumière des deux yeux s’ajoute, en sorte que la sensibilité binoculaire est presque la somme des sensibilités monoculaires, dont il y a intérêt par conséquent à connaître la finesse respective [)Our le seuil absolu et pour le seuil difiérentiel.

Technique du photo-esthésiniètre à disques. — Le sujet est placé à 5o centimètres des disques, à égale distance des centres de ceux-ci, l’œil placé au niveau de ces centres. Sur la table portant les disques un écran est interposé, qui les cache à la vue du sujet. On laisse ce dernier un quart d’heure pour obtenir l’adaptation à l’éclairage employé, la source se trouvant placée, d’après les conditions que nous avons déterminées, en arrière et au-dessus de sa tête. On prépare les disques en réglant l’étendue des secteurs de noir et de blanc, qu’on immobilise avec une vis de serrage, de manière à obtenir un certain éclat ini-

MESURE DES SENSATIONS MSUErJÆS

1 iO

liai, évalué en pyrs Les disques pleins seront dis|)üsés de telle façon que les fenêtres s’aflVontent, le raycni bissecteur de la fenêtre étant dans le plan horizon lal : l’œil du sujet fixera ainsi deux surfaces voisines, dont les bords ne seront éloignés que de \ centimètres. La vitesse de rotation étant réglée ])ar le jeu du rhéostat , les dlsc[ues sont mis en rotation. On enlève alors l'écran et l’on demande au sujet de comparer avec un œil, l’antre étant bouché ([)uis avec l’autre, et si l’on veut avec les deux) les éclats des deux surfaces visibles derrière les fenêtres des écrans fixes. .\u bout de 5 secondes on replace l’écran. On arrête les discpies, on augmente l’étendue du secteur blanc t)ar rapport au secteur noir d’un degré environ dans le dis([ue de droite ; et, au bout de deux minutes (si l’on arrive à réaliser dans ce temps les manipulations nécessaires), on recommence, les dis([ues étant en rotation, à faire regaider au sujet les deux plages pendant le même temps.

I. La (léterminaüou des éclats peut se faire avec le pliolomètre Bi.ondkl-Hhoca dont nous avons déjà parlé. On fonne au moyen d’une lentille une image de la surface à mesurer sur un des écrans, et l’éclat apparent de cette image est égalisé par le jeu des diapliragmes avec celui ([ue donne à l’autre écran la lampe étalon placée de l’autre coté. Luc source d’éclat connu ayant permis de tar(;r l’appareil avec la tamjx; étalon, on j)eut connaître l’éclat de la surface à uKîsurer. I/unité est le pyr par centimèlre carré, le pyr corresj)ondanl à peu près à la bougie.

Il sidlit de déterminer l’éclat du disque noir et celui du disipie blanc pour connaître l’éclat résidtant d’uiu! combinaison (pielconque des secteurs des deux di.sques; a étant la grandeur angulaire du secteur blanc, — a est celle du secteur noir ; si B est l’éclat du blanc, N celui du noir, on a l’égalité suivante pour l’éclat résultant E •

P Ba N(d()0“ — a)

3Go«

On continue ainsi jusqu’cT ce que Ton obtienne, ])Our une certaine fraction de pyr en plus dans le disque de droite, le seuil dilTércntiel du sujet, lorsque les réponses sont exactes, et que l’on a effectué quelquefois la vériOcation de contrcMe qui consiste à faire tourner les disques en réalisant k nouveau régalitc de leurs éclats par égalisation des étendues respectives de leurs secteurs noirs et blancs.

On peut refaire la détermination en diminuant progressivement l’éclat du disque de droite, par accroissement de l’étendue du secteur noir.

fiiirm on peut encore déterminer le seuil pour un éclat Initial double et pour un éclat quintuple de l’éclat initial.

Il est très Important de déterminer la fraction différentielle en partant d’un même éclat, lorsqu’on veut comjiarcr divers sujets, car, plus encore que pour toute autre sensation, à l’opposé de ce que croyait Weber, la valeur de cette fraction varie avec l’intensité initiale, et l’on n’a pas établi de loi de cette variation permettant, la fraction étant connue pour une intensité donnée, de calculer ce qu’elle deviendrait pour une intensité dllTérente.

L’éclairement par lumière diffuse du jour, avec i8o" de blanc sur le disque, fournit, d’après Aubert, un optimum pour la sensibilité différentielle.

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