MESURE DES PERCEPTIONS LIÉES A DES SENSATIONS VISUELLES ASSOCIÉES
Comme pour les sensations cutanées, les sensations visuelles, s’unissant cà des sensations kinésiques, fournissent des perceptions qu’on rapporte souvent cà la vue seule, tandis qu’elles représentent des comt)lexus plus ou moins riches. En outre certaines opérations intellectuelles se surajoutent aux opérations plus simples Impliquées par les jugements sensoriels élémentaires, et fournissent des perceptions qui, souvent tiompent le sujet sur la nature des phénomènes peiçus, comme dans la plupart des illusions optiques. Lnfin, on doit se rappeler que la vision normale, binoculaire, implique runification de sensations doubles, et les variations de cette fusion assez complexe peuv'ent etre étudiées séjjarément.
Perceptiox des profondeurs.
Lorsqu’un objet est vu, il apparaît en dehors de l’œil, et on ne peut déterminer un seuil absolu pour la perception de profondeur.
MESURE DES rERCEPTIO>S
On ne peut déterminer que le seuil différentiel, c’est-à-dire la plus petite différence de distance d’un objet à l’œil, qui puisse être objet de perception. Cette détermination se fera dans la chambre noire, tout d’abord avec des simples points lumineux, pour éliminer les variations de grandeur apparente corrélatives de l’éloignement, et ensuite, en faisant intervenir ce facteur, en outre des variations d’éclat également corrélatives de la distance, et des sensations fournies par les variations de rouverture pu])lllalre. Enfin les expériences se feront comparativement en vision monoculaire et 'en vision binoculaire pour déterminer l’influence du facteur représenté par les sensations de convergence, très importantes aux courtes distances b
On emploiera comme sources de lumière des lampes à incandescence étalonnées de i6 bougies et enfermées dans des cubes de carton ou de bois noirci. Une des faces constituera un cliàssis mobile : on emploiera des châssis percés d’un orifice très petit, obtenu par un trou d’aiguille et ayant environ un dixième de millimètre de diamètre, ou portant une fenêtre lumineuse circulaire de i centimètre de diamètre en albatrine (substance diffusive) ou à la rigueur en bristol.
Les tubes, montés sur pied à hausse mobile, se-
I. On détermine aussi la finesse des sensations binoculaires de profondeur par une expérience de I Ielmiioltz, relative h ce ([u’on appelle 1’ « acuité stéréoscoplcpie ». Le sujet doit placer lui-méme une aiguille, montée sur un support, au mémo plan vertical que deux aiitres aiguilles de même diamètre, situées à la distance interoculaire (environ 05 millimètres) h ({uelques centimètres des yeux.
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ront déplacés, l’un à droite, l’autre à gauche d’une réglé giaduee en millimétrés posée sur une table longue de 2"',5o environ. Un index fixé au pied marquera le ])lan de la face antérieure à point lumineux ou à surface lumineuse de la chambre noire cubique,
Teclini(jiie. — Le sujet est assis la tête fixée par un appui-tele, contre la table où se trouvent les sup[)orts des lampes. On règle la hauteur des chambres cul)i([ues de telle laçon que le plan horizontal du regard passe par les points lumineux ou les centies des surfaces lumineuses.
On prendra la distance des globes oculaires à l’occi[)utavec le compas d’épaisseur des anthropologistes, et 1 on aura ainsi les deux cotés d’un triangle isocèle , on en tirera la ^aleur de la perpendiculaire médiane, qui relie le sommet, à l’occiput, à la ligne réunissant les globes oculaires. On placera alors le
0 de la règle à une distance de i’appui-tcte égale à cette valeur, de telle façon que ce o se trouve sur le plan tangent aux globes oculaires.
On place les deux supports à une distance déterminée du sujet (on pourra prendre successivement, ])ar exemple, les distances de 5o centimètres,
1 mètre et 2 mètres), symétriquement par rapport au plan bissecteur de la ligne interoculaire si le sujet apprécie avec les deux yeux, ou du plan bissecteur de focil unique utilisé, dans l’autre cas; la distance entre les centres des surfaces ou entre les points lumineux sera de i5 centimètres.
Grâce à un commutateur commun intercalé sur les circuits des deux lampes, on allume celles-ci, qui
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éclairent alors les surfaces ou les points luinineux, et on les éteint au bout de 5 secondes.
On déplace alors, à l’insu du sujet, et en utilisant une lampe de poche de faible éclat, l’im des suppoi ts; l’on rallume pour 5 secondes après un intervalle d’environ 3o secondes, et l’on demande au sujet de dire s’il perçoit une dilTérence de distance entre les deux surfaces ou points lumineux, et s’il peut indicpier de quel côté est le plus grand éloignement, bn replaçant de tem[)S à autre le deuxième support à la même distance que le premier, à titre de contrôle, et en augmentant progressivement la distance, on arrive à déterminer la plus petite dilîérence perçue par le sujet (seuil de sensation lorsque la dilTérence n’est pas précisée, seuil de perce[)tion dans le cas coritraire). Cette dilTérence n’est pas représentée |)ar une valeur absolue mais par une fraction rapportée à la distance étalon comme dénominateur.