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Sens du temps

Nous apprécions dans une certaine mesure les durées, c’est-à-dire que nous possédons un pouvoir de perception dilTérentielle des durées inégales.

L’appréciation absolue, évaluée en unités de temps, implirpie la mémoire de durées évaluées et comparées à la durée nouvelle, comme l’appréciation absolue des poids est fondée sur la mémoire de soupèsements de poids tarés.

li5o TECHNIQUE DE PSYCHOLOGIE EXPERIMENTALE

L’étude de la perception des durées impliquera donc la comparaison de deux espaces de temps immédiatement successifs, et s’exprimera par un seuil dilTérenliel évalué d’après le rapport de la diflerence luinima perçue à la durée totale de l’étalon de temps.

Les durées à comparer devront être limitées sensoriellement, soit r[u’une excitation au début et une autre à la lin laissent sensoriellement vide l’interxallc qu’elles déterminent, soit qu’on fasse durer une excitation pendant le temps étalon, le commencement et la (in de Lexcltation marquant du même cou[) le commencement et la fin tle la période à apj)récier par comj)ai alson.

Divers dis[)Ositifs ont été employés pour déterminer ainsi des dm-ées précises qu’on puisse faire varier à son gré. Nous conseillerons le suivant :

Un contact à mercure est constitué par une pointe plongeant dans un godet, courbée à angle droit, mo- J)ile autour d’un axe et terminé par une petite lamelle fixée aussi à angle droit et parallèle à la pointe plongeant dans le godet ; un objet rencontrant la lamelle dans un déplacement de gauche à droite fait basculer dès lors le système juste équilibré et sortir la pointe du godet, rompant ainsi le contact, et interrompant si besoin est un circuit électrique.

L’appareil pourra dès lors être monté, au sommet du cadran, sur une horloge, un chronographe, un appareil quelconque pour la mesure du temps, et l’aiguille de l’appareil en passant au sommet du cadran basculera l’aiguille si elle est plongée dans le godet et pourra interrompre à un moment précis un circuit électrique (voir la figure 5 dans le tome 11). Ce circuit

MESURE DES rERCEETIO>'S

pourra produire une e>:cllation luniiueuse en traversant un tube de (ieissler, suivant le modèle de Plücrer, ou auditive en taisant fonctionner une sonnerie. 11 sullira de fermer le circuit à un moment donné pour qu’automatiquement il soit rompu ])ar l’aiguille après l’intervalle que l’on voudra.

Avec une pendule ordinaire où la durée étalon sera de l’ordre de quelques minutes, le début de la fermeture du circuit pourra s’etTectucr à la main avec

Fig. 48. — Ttihr de I’iXckir.

un commutateur. Pour les durées tiès courtes il est nécessaire d’a[)porter plus de précision.

En employant un cbronoscope à mise en marche électrique comme celui de d’ARSO^v.vi. ou de Iliri», on pourra, avec une clef de Morse à double contact, faire partir l’aiguille en même temps qu’on établira le circuit excitateur; et, en réglant la position de dé[)art de l’aiguille, on aura, avec des tubes de Plücker, des excitations qui seront au besoin de l’ordre de quelques millièmes de seconde.

Un dispositif de Pourdox est particulièrement commode : on peut mettre en raj)port un cylindre métallique avec un pôle du circuit élecliique et une plume métallique aj)puyant sur le cylindre avec l’autre pôle. Si le cylindre est recouvert de pa[)ier, le

courant ne passe pas ; il snlTit alors de découper le papier sur une })lns ou moins grande surface pour réaliser des excitations ayant une certaine valeur proportionnelle par rapport à la durée totale de rotation du cylindre, durée que Ton peut aussi faire varier.

Pour étudier le sens du temps, on pourra choisir des durées étalons très courtes, qui sont surestimées en général, de quelques centièmes de secondes, des durées moyennes, de 6o centièmes, qui sont les plus exactement apjiréciées; et enfin des durées relativement longues, jusfpi’à 3 secondes environ, celles-ci étant sous-estimées.

On peut encore utiliser des durées plus longues, de (piefipies minutes, mais alors on dépasse les durées perceptibles sy nthéticpiement en quelque sorte. En outre, les variations de l’état mental au cours de la durée à com[)arer devenant de plus en pins importantes au fur et à mesure de rallongement de celte durée, c’est surtout [)our les durées les plus courtes (pie les résultats seront les plus précis elles plus comparables.

On les réalisera avec un cbronoscope électrique, l'armi les excitants possibles, les sons et les lumières sont préférables. On [leut aussi employer un excitant tactile défini au moyen d’un électropercuteur que nous décrirons plus loin, avec une petite modification de l’interrupteur à bascule, qui, au passage de l’aiguille, basculera en sens inverse pour rétablir le contact, le passage du courant relevant la masse excitatrice et faisant cesser l’excitation, à l’inverse du mécanisme de l’excitation visuelle par les tubes de Oeissler ou auditive par les sonneries électriques.

MESURE DES PERCEPTIONS

Technique. — Le sujet est placé à une distance déterminée (5o centimètres par exemple) de la sonnerie, ou, dans robscurité, en face du tube de Plücker à 5o centimètres de distance, l’intensité de l’excitant étant réglée pour l’ampérage du courant débité : on peut adopter 2 bougies pour l’intensité lumineuse et une étincelle verte ; cpiant au son, on prendra une cloche de son pur donnant une note dans les environs du /a-, et l’intensité pourra être telle que le son soit encore perçu à une distance d’environ i5o mètres.

Le contact à mercure étant monté sur le chronoscope, et le circuit établi avec l’appareil excitateur et une clef de Morse, permettant de réaliser simultanément rouverture du circuit du cbronoscope, ce qui fait pai tir l’aiguille de ce dernier, et la fermeture du circuit excitateur quand, comme avec ra[)])areil d’Aa- SONVAL, ce départ ne s’obtient rpie [)ar siqipresslon de courant, ou bien permettant de faire partir l’aiguille en fermant aussi le circuit du clironoscope, quand, comme avec l’aiipareil de IIipp, le dé[)art peut être provoqué par un établissement de courant.

On déplace à la main l’aiguille pou r la placer de vaut une division, séparée par un certain nombre d’autres (Indicjuant des centièmes ou des millièmes de secondes) de la division O, devant lacpielle se trouvera la petite lame destinée à être basculée au passage de l’aiguille.

Il sulïira alors d’appuyer sur la clef de Morse pour que l’excitation se pî oduise et cesse automatiquement nu bout du temps reipiis.

On prendra une ou plusieurs durées étalons, par Touloxisk, 2*= édit. I. — 1 5

exemple i5o, 600 et 2 4oo j (millièmes de seconde).

On préviendra le sujet et l’on provoquera une excitation de la durée étalon, puis, aussitôt après, rétablissant à la main le contact à mercure en basculant en sens inverse le système sur son axe et plaçant l’aiguille à une nouvelle distance préalablement réglée, on provoquera l’excitation de la durée à comparer à la première, durée qui sera progressivement allongée ou diminuée, jusqu’à ce que le sujet reconnaisse constamment la ditlérence de durée pour une certaine valeur de cette dilTérence, au cours des couples de conq)aralson, qui se suivront à une minute d’intervalle. Le seuil diflérenliel s’obtiendra en rapportant à la durée étalon la valeur de la dilYérence.

On n’oubliera pas de réaliser fréquemment l’expérience de contrôle consistant à provoquer deux fois de suite, dans le couple de comparaison, des excitations de la meme durée étalon.

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