‹ Technique de stérilisation à l'usage des pharmaciensChapitre 29 sur 34 · STÉRILISÂT! OX^ DE LAIT · texte numérisé non relu

STÉRILISÂT! OX^ DE LAIT

La températurG de Veau s^élève progressivement jusqu'à rébuUîlion, qu'on doit maintenir pendant luarante minutes. Cela fait, on enlève le couvercle, an sort le porte-flacon de Teau bouillante, en ayant soin de ne pas loue lier aux obturateurs et on laisse refroidir. On voit alors, dès que la température ['abaisse, les obturateurs s'appliquer fortement sur les goulots des petites

bouteilles et se déprimer

là leur centre, La dépresiioû atteint son maxilum lorsque les llacons

[sont froids ifîg. 48}. Elle

[résulte du vide produit

Ipar la condensation do

[la vapeur d'eau du latt

Iqui» pendant Tébullition,

la chassé lair contenu

I dans la partie supérieure

Ides flacons.

L'obturateur est ainsi Çi%é par la pression atmos-

Iphérîque.

Pour s'assurer que la stérilisation est bien faite,

fou doit constater, après le refroidissement des ilacons, (jue le vide existe; radhéfcneo du disque ^ur le goulot et la dépression centrale de lobturateur constituent déjà deux prenriéres preuves. Une troisième est fouruie par lexpérience du marteau Teau. Pour cela, on renverse le ilacon et, du coupant 1© la main, on frappe d'un coup sec sur le fiuid ; le

Fttî. 48. — Coupe d\\{\ obturateur il<}[irînié sur \m goulo! lie llMCofL

brusque déplacement du liquide doit rendre un son clair et net pendant que la main reçoit un contrecoup.

Lorsqu'on veut donner à Tenfant le lait nécessaire pour une tétée, on plonge une bouteille dans l'eau chaude de façon à tiédir son contenu. Le résultat obtenu, on soulève un des bords de Tobturateur. Ce dernier se détache, et Pair rentre dans le flacon en produisant un sifflement particulier. On adapte alors une tétine sur le goulot.

Lorsque le lait doit être transporté, il est nécessaire de bien maintenir l'obturateur afln qu'il ne se détache pas. Ce résultat est obtenu à l'aide d'une arma- Kn». 49. - Armature ^urg métallique sur laquelle

inétalli<|uc. ... , , ,

sont hxees latéralement doux tiges droites d'abord recourbées, puis terminées en crocliet à leur extrémité [fig. 49).

I/arniature étant évidée en son centre, on peut toujours voir la dépression du caoutchouc.

Une ficelle ou un fil de laiton fixe Tappareil sur le goulot de la bouteille [fig. 50).

Un mol îi propos du nettoyage des obturateurs : on les plonge dans de l'eau chaude et on les frotte fortement entre les doigts. On les laisse ensuite séjourner dans do l'eau bouillie froide et on les applique humides sur les flacons.

Les flacons bien n(;ttoyés doivent, avant d'être remplis de lait, être également lavés à l'eau bouillie.

STKtlTLlSATlON DU LAIT V3{}

M. Hauchecorne, de Bolbec, au lieu d'employer le storîiîsalGur type Soxblet par diaufîage au moyen le Teau, préconbe un appareil assez simple cliauiïé ir la vapeur d'eau* Celui-cï se compose de deux Réservoirs cylindriques, dlaégale grandeur, reliés

l'un à laatre et communiquant entre eux par le fond lobile, percé de nomlireux trous, du réservoir supérieur*

Ce disque perforé est destiné à supporsr les flacons de lail &t à les isoler de Feau lont on remplît le réservoir inférieur d'une contenance d'un litre environ.

L*appareil est fermé jar un couvercle pres- |ue hermétique pré- Bentant seulement en in de ses points un petit orifice muni d'un avertisseur. Le fonctionnement est le suivant :

L'eau contenue dans le réservoir inférieur est diâuiïée soitsur un fourneau de cliarbon, soit sur le ^az et portée u rébullition. Par les trous du disque séparant les deux réservoirs, la vapeur vient remj>Hr le réservoir supérieur et, quand la pression est

iBuffisante, elle s*éclmppe par ToHiice du couve rclt?

Inuini de Tavêrlisseur,

Fir

. nu, — Flacon Qinni d« Voli-

turaleuret de Fttrnmture métal lique.

D'après M. Ilauchecorne, un chauffage de dix minutes suffit pour que le lait, même par les plus grandes chaleurs, se conserve plusieurs jours.

Nous ne voyons à cet appareil que Tavantagede n'avoir à faire chauffer qu'une petite quantité d'eau, et nous nous demandons si, pour un lait emboutoillé, un séjour de dix minutes dans la vapeur à 100" est nécessaire pour donner la stérilisation non pas absolue, mais pratique, que Ton obtieut avec l'appareil de Soxhlet.

J)isp()sitiY de M, Rodet. — M. Rodet reprocbe à tous les procédés, qui emploient le bouchage au caoulchnuf, de communiquer au lait une odeur et une saveur désagréables, et il s'est préoccupé d'éviter cet inconvénient en cherchant à réaliser un système d'occlusion des llacons entièrement en verre qui, sans exi<;er une manipulation pendant le chauffage, assure» cependant la conservation du lait en le mettant à l'abri des contaminations secondaires.

domine il est impossible avec le verre seul de s'opposer à une certaine rentrée d'air pendant le refroidissement, il importe que cet air qui entre ne puisse pas porter jusqu'au lait les germes qu'il riscjue d'amener avec lui.

M. llodet a son<j^é alors au bouchage par un cha- I)(»au à l'émeri extérieur au col, ne laissant aucune autre communication avec le dehors que par la surface de contact entre lui et le col.

(]et auteur s'est assuré que si l'on chauffe ua licjuide dans un flacon muni d'un tel chapeau, à

STKIIILISATION DO LAfT 201

Icondilion que celui-ci eoit BÎmplemcEit posé sans pefîort et les surfaces de contact ctant humides, la Idilâtation de Fair et îa tension de la vapeur font pubir à ce chapeau une série de soulèvements qui [permetlenL Fissue des gaz.

Se basant sur ces données , iM, Rodet a fait cons- [truire un modèle de llacon [disposé de la manière sui- I vante :

Le col des flacons est muni [d'un capuchon de verre A (/¥//. $i) qui entoure leur col let recouvre leur orilice.

Grâce à une forme toute I particulière du col dont la partie supérieure B se rétrécit, le capuchon nest en contact [avec lui qu'à sa hase, et cir- Iconscrît en haut une sorte de chambre circulaire CC,

Pourvu que le capuchon contienne deux ou trois Ig^outtes d'eau au moment où on le renverse sur le [col du flacon et n'y soit pas pressé ^ les gaz et les va- I peurs s échappent facilement pendant le chauffage. [Pendant le refroidissement, de Teau de condensation pse réunit a la partie inférieure de la chambre cir- ' culaire ; elle complète Tobturation, elle hllre Fair aspiré et relient les germes qu'il peut apporter* \ Ce mode de bouchage a, sur Femploi du caoutchouc, Favantage de ne pas communiquer d'odeur au lait.

if.. 51.— DîspoBÎtif dft M. lU>âeU pour le bouc hage des Uar^ouîS .

Î02 TECHNIQUE DE STÉHILIS ATÏON

H faut néanmoins reconnaître que celte odeur de caoutchouc^ donnée an lait par l'usage des appareils de SoxliIeL, de Budin-GenLile^ est assez facilement acceptée par les nouveao-nés.

Diapcmlif Cazemxive, — ^ A la suite de ses recherches sur la conservation du lait, M. Cazeneuve a remarqué que, dans le lait désoxygéné et chauffé au hain-marie à une température de 98-100% le ferment lactique est le plus souvent détruit et^ dans tous les cas, il est toujours atténué, alors qu*il faut, pour le lait ordinaire, une chauffe à 110" pour le tuer.

Cette destruction du ferment lactique à celte température dans le lail désoxygéné s'explique par ce fait que ce microorganisme est très aérobie. Nous avons précédemment insisté sur Timportance que présente Texistence de ce ferment dans le lait relativement à Tétiologie du ctioléra infantile des nouveau-nés. Aussi devons-nous accorder une attention particulière au dispositif préconisé par M. Cazeneuve, et nous croyons devoir, en raison de son utilité, décrire complètement roulillage et le mode opératoire spéciaux qui permettent une désoxygénation complète du lait et du récipient et assurent la stérilisation et la fermeture :

c< Le lait est enfermé dans des ffacons F en verre mince de 400 centimètres cubes de capacité [fîg. 52), dont le goulot se termine par une enflure spiroïdale [fig. ;)3j, permettant de Hxer par un vissage un anneau de fer- blanc D ijig. 5â et 3i).

Les flacons sont emplis jusqu'à la naissance du

STHn[LI&A.TION ÛU LAIT 203

EfQulot à 3 centimètres environ de la spire de verre.

Jne capsule d'élain pur C [fith Si) est appliquée sur r orifice du goulot qu'elle encapuchonné soigneuse^

îent. Cette capsule est manre en son centre d'un petit cône percé d'un perLuîs d'un demi-millimètre environ. Son rebord plat repose sur une rondelle de FaouLcliouc B \fig, 34), supportée elle-ménie par un

Fm. m.

Fi«. 53.

Fm. 54.

linéplat figuré à rexlrémité du goulot, immédiatement lau-dessousdo la spire. On fixe solidement cette cap- Isule en int-roduisant Tanri^au, qui, par le vissage,

exerce une forte pression sur le rebord aplati* a Grâce au eaoutcliouc, la fermeture est bermù-

ique. Reste libre le petit orilice du cAne de la cap- [jule dont on va maintenant apprécier Futitité.

i.< Le flacon, rempli de lait, est logé dans un panier [métallique plongean t dans leau d'un bain-marîe qu'an lauieiie peu à peu à l'élmllitîon. L'eau doit recouvrir

(le 1 centimètre environ les flacons qui sont immergés complètement.

Le bain-marie présente un couvercle à deux trous de 1 centimètre de diamètre environ, destinés Tud à recevoir un thermomètre, Tautre à l'échappement de la vapeur.

« L'eau ne peut pénétrer dans lé lait par Torifice pr('S(|ue capillaire du cône de la capsule, qui laisse s'échapper Tair bulle à bulle a mesure que la lerapéralure s'élève.

« Dans le voisinage de 100'', le lait dégage Tacide carboni(|ue de ses bicarbonates alcalins, lequel purilicî le ilucon de toute trace d'air atmosphérique. ••

M. Cazeneuve a fait des essais qui lui ont démontn* que i(H) centimètres cubes delaitpouvaientdonner jusqu'à 20 centimrtrns cubes d'acide carbonique.

H On maintient, prndant une heure, la pleine ébullition de IVau (ju'on note dès que le thermoniùtre indi([uc une température stable, laquelle varie d(î 1)8" à lOO'* suivant la pression barométrique.

Au sein de l'eau bouillante, avec une pince à mors plats, spécialement construite pour éviter toute déchirure du métal, on aplatit par pression transversale le petit cône de la capsule d'étain, qui se trouve ainsi obturé.

On retire le ilacon de Teau. Un bon vide s'accuse par l'ébuUition du lait pendant quelques instants au sortir du bain.

Far refroidissement, la capsule d'étain se déprime même sous l'action de la pression atmosphérique.

I STEniLISÀTIOIV »tf LAIT 205

I Quelque sécurité que donne la fermetïire, ii est Iboii de plonger, au aoriir de Icau, rarmalure du [flacon dans un bain de paraffine chauiïée à 12(F-130°, lAprès rerroidissemenl complet, on paraHine à nou- Iveau rexlrémilé. Le vide, grâce à cet ensemble de Iprécaulions^ est parfait et chaque ilacon fait le I marteau d'eau, n

I M. Cazeneuves est assuré que le lait, chauffé dans ilos conditions ci-dessus décrites, absolument dés- I oxygéné et mis à Tabri de l'air, peut se conserver in- Ldéfinîment. La destruction des microbes pathogènes [•n'est pas douteuse. Le ferment lactique y est sinon idélrtiit, du moins très aiténuéi puisqu'il est très laérobie et qu il ne peut se développer dans racide Icarbonique,

I Ce lait, cutt h BS-lOÛ**, a des qualités digestîves [nutritives absolument démontrées par Tobservation lelinique et rexpérimenlation. Il a aussi l'avantage, I6ur les laits autoclaves h llU-i40% de ne point jaunir [et de ne point prendre un goût de brûlé ou de peptono IBÎ fréquemment rencontré dans les laits stérilisés à cette température.

Valeuu i>u paociùi de stérilisation par chauf- IrAGB A 100^ AU eAt^-MAUiE* — Le chauffage du lait,

effectué dans ces conditions» surtout lorsqu'on em- Iploiele procédé de Soxhlet, ne réalise pas l'asep- [tlsation absolue. On obtient bien la destruction ' presque certaine des microbes pathogènes, mais

leurs spores restent intactes et conservent toute leur

206 TECHXtQUE 0£ STÉltlLlSATlÔIf ^|

vitalité* Certaines bactéries saprophytes résistent également à ce mode de chaufTage.

Le résultat de celte opération n'est donc pas une l stérilisation absolue^ mais nne stérilisation pratique [ permettant de donner h Tenfant nn lait exempt de I dangers, si on a la précaution de ne pas attendre I plus de vingt-quatre heures entre le moment où le lait a été chauiïé et celui de k tétée.

Le temps de conservation de ces laits est assez restreint : ainsi, M, Marfan a observé que des laits, chauiïés au bain-marie à UMPi se coagulent 9 fois sur 10 après un nombre de jours qui varie de 5 à SO. Par Texamen bactériologique^ on décèle alors le BacUlus mesenterieus inû^atus et le Bacillus subtilîs. A ce moment le lait présente une odeur fétide et, quelquefoisi une saveur amère qui, d'après Hueppe^ serait due à la peptonisation d'une partie de la caséine par ces deux microorganismes peploni fiants.

Ces laits ainsi chaulTés, hieu que non stériles, rendent certainement de grands services en puériculture, maïs encore faut-il que le chauffage s'exerce sur des laits immédiatement ou très peu de temps après la traite, et avant qu*ils aient été ensemencés et qu'ils ne soient souillés par les toxines élaborées parles microbes.

Nous devons ajouter que les observations que nous venons de faire, à propos, delaconservationdes laits chauffés an baio-marie à 100% ne s'adressent pas aux produits préparés par le procédé Cazeneuve qui, au point de vue de la slérLÎisalîoo et

STÉinLfSATIO]^^ DU LAIT 2(ï7

\de sa conservation, semble donner toute garantie* Les procédés de Soxhlet, de Budin-Gentile sorit Isurtout dos procéduËdomestiquesefTectués à domicile, ^alors que ceux de Hodet^ Je Cazeneuve constiLuent [surtout des méthodes industrielles et qui, en raison des précautitins particulières qu'elles nécessitent ^dans leur application, doivent être faites par le phar-

ABOiCQ.

Stérilisation au-dessus de 100" à l'autoclave,

, dita stérilisation industrielle, —D après M, Marfun,

Je lait stériHsn k iW au bain-marie présente les

mêmes modifications physico-chimiques que les laits,

I autoclaves : la caséine est modifiée; sa coagulation

►'par la présure donne un coagulum à flocons plus

fins que dans le cas du lait crû, ce qui serait tout au

[moinsune modification favorable ; quelquefois le lait,

chaulTé 5 100% a un goût de cuit; Témulsjon est en

[partie détruite et le beurre se rassemble en glo-

[bules plus ou moins gros.

Ces modifications sont donc les mêmes, peut-être à lun degré un peu moindre, que celles que Ton observe |dans les laits surchauffés, et sur lesquelles nous reviendrons plus loin d une fa<;on plus détaillée, avec Icette différence que pour les laits simplement chaufffés à iOO", la stérilisation n'est pas aussi complète qu'avec les laits autoclaves.

I n semble donc que la préférence doit être accordée auK laits stérilisés au-dessus de lOO** et que, malgré ccriaincs opinions contradictoires, ringestionde ces

WH TECMMQt'E l>E ST^niLISAriOX ^^H

laits constitué un bon allaitement artificiel prMirB nouveau-nés. ■

[^es laits soumis à la température de 105'; lOvP l UO'^et même 120** portent le nom dmiaiis indmtmk^ Ces laits sont ^il'néralement privés de tous les germes quUls peuvent contenir avec destru€lioo de toutes les spores microbiennas. Ces laits sontvmi* hntnt stériles quand aucune culture ne peut pfus g'y Hévelopper,

I Cette sti HHsation doit s'effectuer sur le lait immé-

Idîatement après la traite^ de façon à ce que les mi-

Bprobcs^ qui ont pu le souiller pendant la mulsioo, ne

fpnissent y pulluler, ni sécréter de produits toxiques.

Cette opération pêUt ie faire en mettant le lait

dans des tlacons assez résistants que Ton remplit

aux trois quarts, on les bouche comme une Hmo*

nade avec un bouchon de liège assujetti avec de la

ficelle. Les bouteilles sont ensuite plongées, presque

à la naissance du col, dans un bain-mario contenant

une solution saturée de sel marin, que Ton cliaufle

doucement jusqu'à ébullîtiou,

La température du haîn-marie est alors de i08^ On continue rébuUition pendant quarante*cinq minutes et on laisse refroidir. Après refroidissement, les ilacons sont retirés, on les lave extérieurement a Teau froide.

Ce procédé n'est pas très pratique lorsqu'on veut

préparer un certain nombre de flacons de lait stéri-

Htsé. Il est alors préférable d employer rauluclavc

qui, comme nous Tavons déjà démontré^ devient ua

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