‹ Technique de stérilisation à l'usage des pharmaciensChapitre 30 sur 34 · I STÉRILISATION DU LAIT · texte numérisé non relu

I STÉRILISATION DU LAIT

Instrument de laboratoire indispensable pour le fcharmacien* Dans ce cas, voyons, tout d'abord, (quels sont les flacons qu'on devra adopter pour la ■préparation de ces laits stérilisés. On pourra se servir des bouteilles ordinaires de pharmacie d'une fcontenance de fiO, \2d, 250 centimètres correspon* Idant à la quantité nécessaire pour une ou deux pétées. Du reste, on sera guidé, à cet égard, par les [demandes faites par le client,

I Les bouteilles bien rincées et égouttées seront rem- Iplies de lait aux trois quarts et bouchées provisoirefanent par un tampon de colon. On les place sur le Ipanier de rautoclave^ en déposant à côté les bou- [rhons de liège qui devront servir pour le bouchage [définitif. On recouvre Tensemble des flacons par une [grande feuille, simplement posée, de papier k filtrer. [pn ferme Tautoclave. On chaulTe et après avoir Btts, suivant lesconditions déjà indiquées, le soin de fehasser Tair du stérilisateur, on maintient la tempé- [ rature de 1 J 0" pendant dix minutes il un quart d'heure. lOfi laisse refroidir,

I Après refroidissement complet, les flacons sont I retirés et, en prenant tous les soins indispensables [pour éviter toute contamination, on substitue au I tampon d'ouate le bouchon stérilisé et on paraffine. I II est bon de coller sur chaque flacon une éti- Iquette portant la date du jour de la stérilisation. I Au lieu d'employer de simples bouteilles de pliarf macie, il vaut mieux se servir de (laçons gradués, I munis d'une fermeture à canette que Tindustrie fa- L t4

210 TECHNtQtJE DE STBHILISATION ^Ê

brique maintenant avec des verres blancs résistant parfaitement à la température de la stérilisation. Ces llacons gradués ont Ta van ta ge de pouvoir recevoir une téttnc, et ils remplissent alors Toillce de biberon.

M. Leune fabrique des flacons ronds en verre mince spécial, de différentes dimensions, munis d'une fermeture automatique à levier avec bouchon de porcelaine garnie d*une rondelle de caoutchouc s appliquant exactement surle goulot du flacon. Ce dernier, étant rempli de lait, est placé à Tautoclave en ayant soin de rabattre seulement le bouchon surTouverturc {fif/. 53) sans aucune pression^ et l'anneau du levier engagé sur le bec du bouchon de porcelaine. Cette disposition permet à Taîr de se dégager facilement pendant la stérilisation. Celle-ci étant terminée^ on ouvre 1 autoclave et on ferme immédiatement le flacon en appuyant de haut en bas sur le levier de la garniture {fig* 56).

Lorsque Topération de la stérilisattoo est faite avec un lait venant d'être trait et que l'on a apporté tous les soins nécessaires au chauffage, on est pour ainsi dire certain d'avoir un produit aseptique.

Il pourrait arriver que, par suite d'une faute commise, surtout à Finstant du bouchage, des flacons ne soient pas absolument stériles. On s'en aperçoit au moment de louverture de la bouteille : le lait alors se coagule et il a une odeur désagréable et un goût aigre qui attirent rattenlion.

Dans h grande industrie et, spécialement, dans

(établissements agricoles, qui préparent les laits rilîâés, on emploie des appareils pouvant receir un nombre pluâ ou moins considérable de fia-

'm. S5. — Flacon de Leune Fio, 36* — Klîicon de (rennetureÎDcomplÈlti pendant Leune fermé après fa stérillsïtion). stfHlisatlim.

Le lait est, tout d'abord, privé des impuretés qu'il

ut contenir, soit par filtration sur tamis, soit par ntrifugation, et il est chauiïék plus souvent à IIO- 0* pendant uo certain temps, au moyen de la vapeur us pression, M, J*. Leqaeux, de Paris, a coT\^\.tmVvm ^\?ç'a:ç^^

2lâ TE€Q?7IQUE DE STERILISATION

continu pour la stêriUsation du lait comprenant un

g;énérateur chauffé au nnoyen du gaz et du charbon. Ce générateur alimente alternativement deux grands stérilisateurs de l'",65 de haut et 0^', 75 de diamètre.

Chaque stérilisateur est formé d'un récipient cylin* drique contenant cinq tablettes circulaires, recevant des flacons de 1^5 ou de 2^0 centimètres cubes à fermeture-canette en verre blanc stérilisa ble, et pouvant tourner sur des galets, de sorte que, dès que Ton a retiré les tampons de fermeture correspondant à chaque étage des tablettes, il est facUe d'amener a portée de la main les bouteilles les plus éloignées.

La vapeur produite dans le générateur, et dont la pression ne dépasse pas 2 kilogrammes, pénètre à la partie supérieure des cylindres et descend à la partie inférieure après avoir traversé tous les étages. La vapeur et Teau condensée se réunissent dans un tube placé au bas de chaque appareiL et sont éliminées à Textérieur par une soupape équilibrée de façon à pouvoir maintenir une légère pression dans TappareiL

La température à laquelle le lait, mis dans les flacons, est porté, est de 102 à 103", aussi doit-on maintenir Taction de la chaleur pendant au moins quarante-cinq minutes pour avoir une bonne stérilisation.

La continuité de l'appareil consiste en ce que, pendant tout le temps où s'opère la stérilisation dans Ynn des stérilisateurs, on peut décharger et

STEBILISATION l>U LAIT 213

"recharger complètement Tautre stérilisateur, et on obtient ainsi un rendement maximum que Ton ne peut pas avoir avec les appareils discontinus. I Certains industriels soumettent d'abord le kit à lun premier chauiïage à 75" à 80* avec brassage dans He but de le désoxygéner. Ce n'est qu'après refroi- Idissement que le lait est mis en bouteilles et qu*on Iprocède à sa stérilisation par la vapeur sous pression, lOn prétend que, dans ses condilîona, le lait subit Ides modifications moins accentucGs et qu*on empêche Iles processus d*oxydation qui, suivant cerlains au- Iteurs, s*exercent vis-à-vig de la matière grasse par Iraction coml>inée de l'oxygène et de la chaleur. I Quoi qu'il en soit, ce chauffage et ce brassage [préalables ont Favantage de pouvoir rejeter tout lait Lqui, n étant pas normal, ne manquerait pas de tourlaer, de se coaguler à la suite de ces tfaitements et [après refroidissement,

I L'industrie laitière emploie souvent l'appareil de IMM, Hignetto ctTimpe, qui opère la stérilisation du liait par la vapeur faiblement surchaulTée, puisque la ttempcrature à laquelle on atteint n'est guère que de [lOâ-lCXi'*, comme dans le stérilisateur de M. Lequeux. ■Voici la description de cet appareil tel qu'il est dé- [crtt par M. A. Cliavanne.

I il se compose d'un grand cylindre /;, entoure de [feutre maintenu par des cercles de cuivre, A la par- [lie inférieure, un foyer a* permet de porter à 1 ebul- [lition Teau d'une chaudière b. Cette chaudière est [large nient ouverte et eommunique avec loul le reste

ili TECHrUQOB DB STKBJUSATIO?!

de Tappareil de la partie supérieure duqod soit i

Fn;. .'î7. — Appareil à stériliser le lait (le MM. llignette et Tiinpe.

tiih(; en caoutchouc /*, qui vient plonger au fond d'i seau rempli d'eau. Par un treillis en fil de fer, 1

W STÉniLlSATION DU LAIT 215

Ideux tiers supérieurs de ce f^rand cylindre sont divi- Bvisés en quatre compartimenls.

■ Une fermeture «, sur laquelle agît un levier à ■crampon a, à pression excentrique, munie d'une forte Dame de caoutchouc, donne accès dans chaeun d'eux. iG'est sur ce treillage que Ton met les bouteilles Ireoi plies de lait et ouvertes. Ces bouteilles sont pour- Ivues d*une fermeture à canette* Le bouchon en émail nest entouré d'une bague en caoutchouc qui assure, Iquand Topération est terminée, un contact parfait et ■empêche la rentrée d*air.

I Les quatre compartiments remplis de bouteilles Idébouchées, les fermetures extérieures mises en nlace^ on amène progressivement Icau à rébulliition* L'air est chasse, mélangé à la vapeur, à travers •Je long tube qui surmonte Tuppareil et vient barboher dans Teau du seau. Quand lébullition a duré jtrois quarts d'heure et que la vapeur a circulé, pen- Idant ce temps, dans tout Tappareil, l'opération est berminée,

I La température, répartie également dans tous les leompartimenls à lait, s*est élevée à 102^ Un thermoimètro enregistreur placé à la partie supérieure et Iplongeant dans la vapeur permet de le constater. I On procède au bouchage des bouteilles de la fa*;on iBuivanle : deux soupapes placées à la partie supé- Irieure et possédant le même mode de fermeture sont [enlevées et laissent écliapper la vapeur. Sans at- ■lendre plus longtemps, on ouvre le compartiment kupérieur, et avec la main entourée d'un ganl de

ilti -, ;i:-.iiri m T-~Ti:i. .:*Ario\

■•::. : "ixJ-.i -^iUiiU'înejir tîu? V ml des bouteilles - - -i-r fTi; i::.- t- Juiui^ii.ji. ^ i ffrzi'? de la même n-*.;."'- :— j-'iîi-ilir-r L»i!* a^'izt ::: ziT-irtimenls su'i-

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«> > .: .: j :... i.:.:Aî!.:2> des èlemenls

- ..'-.- .r..> - .:: •..•..::T- ^. et on î"e<l hase sur

- : : -*— .. : 1-. .•.:... :.:r-.r i|ue la stérilisation.

■ ; .:ur- s.iiriviiro à liUr. donnait . - : ; - !- .. - jv-.vs vî J'r.l la valeur nutritive

>,.- ...■■■' i::;.. 1er Us diverses modifications

],'■!■ i--, 1 '.'1 - i.t" iuiio stérilisation à Tautoclaveet

•uj . ni*:v !•:- iMit> «•'^iitrMés. nous verrons que les

'»;;)'« ijons \)n]>f:ii[*(.'> rif sont pas de nature à com-

\n-\i.rr l<:s ;;r;iii'Js iivaiita^es (juc présentent, pour

r i^TÉRILISATlON DU LAIT SlT

iralimentation du nouveau-né, les laits stérilisés in- [dustriellement.

Il est indéniable que, dans les laits industriels, les ferments solubles sont détruits comme ils le sont, du reste^ dans les laits simplement soumis à 1 ebuUition* Mais nous ne savons pas exactement Lquelle part prennent les ferments dans Tacte de la nutrition, et les résultats cliniques semblent démontrer que la suppression de ces diastases n'influe pas d'une façon appréciable sur la digeslibilité i du lait.

L'action de la chaleur prive le lait des ^az qu*il

lient en dissolution et des substances sapides aro-

[matiques pour faire place à un goût de cuit, Oti

l cette saveur que Ton reproche aux laits sîirchaufîés

' se retrouve également dans les laits seulement

.stérilisés à KiO" au bain-marie, et d'ailleurs Texpé-

rience démontre que lea premiers sont bien acceptés

par le nourrisson.

\ Dans les laits autoclaves, la matière grasse, au

llîeu de rester a Tétat de particules huileuses très

r fines formant ainsi, par sa division, Témulsion, se

rassemble en gouttelettes de plus en plus grosses

> pour former des grumeaux au goulot de la bouteille

que Tagitation ne peut plus émuisîonner» Or, cette

séparation du corps gras ne s'eiîectue guère qu'au

bout de quinze jours à un mois, il suffira donc de

consommer le lait dans la première quinzaine de sa

préparation,

l^a culoraliou jaune que prennent les laits cliauîîés

à HO" et, à plus forte raison, à lâO-130'' est due," d*après MM. Cazeneuve et Haddon^à roxYdation du lactose, en présence des sels alcalins du lait, avec formation d acides et» en particulier, d'acide for m [que,

M, Duclaux estimait que ce jaunissejnent devait être attribué à une modilication de la caséine avec formation d'une petite quantité de peptones. Or, MM, Cazeneuve et lladdon prétendent que la caséine coagulée est tout simplement teintée en jaune par les corps transforniés aux dépens du lactose. Nous ferons remarquer que cette coloration^ très perceptible pour les laits fortement surcliaulTés, est très faible dans les produits stérilisés à 103^-10o** et 108^

B'après MM. Bordas elRaczowski^ la lécîthine du -lait serait elle-même hydrolysée, et Ta perte de ce principe serait déjà de 12 0/0 pour les laits chaulTés au bain-marie à Oii^.

Lorsque le lait a été stérilisé à lautoclave a 103- 110^, la lécîthine diminue de 300/0. On a voulu voir dans cette altération de la lécitliine une diminution delà valeur nutritive des laits autoclaves.

Suivant certains auteurs, les sels minéraux subiraient aussi des modifications du fait de la chaleur. M. Vaudin a montré que le phosphate de chaux du lait est tenu en dissolution grâce aux citrates alcalins et au lactose. Or, sous Tinfluence de la stérilisation, on observe une modification ou une destruction de réquilibre moléculaire des sels dissous, tendant à

STERIU5ATI0N DU LAIT S!i9

[précipiter le phosphate tricalcique.Mais il esL facile, [par une simple agitation, de remettre en suspension Ile phosphate de chaux généralement dépostï à Tétat

très tenu,

DiverB auteurs et, en particulier, MNL Chavanne let Michel, ont entrepris des expériences pour déterilner le degré de digestibiliié des laits snrchauf- [ïés. Or, il résulte de leurs recherches que la stéri- [lisalion augmente la digestibilUé, m i-ittro^ du kit, [et, en particulier, de ses matières albumînoïdes, au llieu de la diminuer comme on Tavait cru.

Si nous pesons bien toutes les objections que [nous venons de signaler et qui ont été faites au

sujet du lait stérilisé à une température supérieure ' a IfKî", on peut se rendre compte qu'elles ne sont pas [sulTtsantes pour diminuer la valeur nutritive de ces [produits industriels, et que les arguments invoqiiés I contre le lait stérilisé n'ont pas grande portée. Les .résultats chniqucs apportés par les pédiatres les [plus connus viennent, du reste, confirmer les proj grès que la stérilisation a fait faire à la puériculflure.

Stérilisatîou par chauffage discontinu, dite méthode de tyndallisation. — La stérilisation du lait par chauiTage discontinu s*efTeetue en soumettant le

[lait, mis en flacon, aune température de lOlV* pendant une demi-heure et répétant, pendant trois jours ©tune fois par jour^ le chauffage à 11K>", On obtient

.parce procédé un lait stérile, mais Topération est

'ÈtÙ TECHNIQUE DE ST^ftlLJSATlQN

longue et plus coûteuse, et elle ne présenta pas d'avantages sur la stérilisation faite à Vautoclave.

Pasteurisation, — Alin de réduire au minimum les altératïons que subissent les laits chauffés à 100° et au-dessu3| on a pensé à utiliser le procédé préconisé par Pasteur pour conserver les vins, c est-àdire le chaulTage à une température ne dépassant pas 70-7ï>^

Cette opération, qui porte le nom de pasteurisaa'on, donne, lorsqu'il est appliqué au lait, un produit qui, d'après MM. Bitte r et Duclaux, ne présente qu'un goût de cuit à peine sensible. La température à laquelle s'effectue la pasteurisation est suffisante pour tuer les bacilles tuberculeux et la plupart, des microbes patliogènes et aussi, le plus souvent, les microcQCcu^ et les ferments lactiques qui rendent les laits aigres, maïs on n'obtient jamais un lait absolument stérile, Cedernierçontient encore, en effet, toutes spores microbiennes àrétat de vitalité^ des microbes les saprophytes et surtout les ferments de la caséine.

Ce chauffage dti laità 70-73" doit être immédiatement suivi d un refroidissement brusque, car, si le lait chauffé revient lentp.ment à la température ordinaire, il passe par des températures de 30-40^, favorables à la pullulation des bactéries non détruites et à la germination des spores.

La pasteurisation est surtout une opération industrielle qui est faite, d'après M, de Rothschild, pour tous les laits traités dans tes dépôts des laitiers en

I STERILISATION DU LAIT 2^1

Kros qui approvisionnent Paris, et pour une partie ides laits vendus dans certaines grandes villes de brovince. Le but poursuivi est surtout d*assurer Da conservation temporaire : les laits pasteurisés boivent être consommés dans les quarante-huit hieures.

I En Allemagne, la pasteurisation industrielle est Ifaite dans les appareils de Thiel, de Kulme, qui sont Iformés d'une surface métallique cliauffee par la tvâpeur; sur cette surface, le lait coule lentement, buis il est ensuite conduit dans un réfrigérant. I En France, Tindustrie laitière emploie surtout [rappareil de M. Fjord, de Copenhague, perfec- [iionné, dans ces dernières années, par plusieurs [industriels. L'appareil primitif de M. Fjord se com- I posait d'un cylindre à double paroi. Dans la partie I centrale, le lait circule brassé par une vis tournante là arêtes très larges, pendant que dans la partie ■ concentrique, c^est-à-dire entre les deux cylindres, [on fait arriver de la vapeur.

I Là vitesse d'écoulement du lait est calculée do [façon à ce que le liquide atteint en peu de temps la Itempcrature de 10^ De là, le lait chauffé se rend Idans des réfrigérants k système tubulaire alimentés par de leau froide ou même, pendant Tété, par de Teau glacée.

A la sortie du réfrigérant le lait a, en hiver, une I température de 4 à 5'^ et, en été, de 8* à 10''.

Le lait ainsi pasteurisé est mis ensuite dans des [vases très propres et il est expédié : oa ^e\il w\^\

222 TEGB>'ÏQUE DE STÉRILISATION ■

le conserver pendant vîngt-qualret trente-six et même quarante-huît heures.

Grâce à l'agitation continuelle pendant Taction du chauiïage, ce lait a tout à fait Taspect du lait ora, A vrai dire, cette opération n est pas une stori- Hsation au sens vrai du mot, c'est plutût un procède de conservation auquel on reproche de ne pas tenir compte des contaminations possibles pendant les transvasements qui se font à rair.

La véritable pasteurisation, pour les laits destinés à Talimentation des jeunes enfants, doit s'effectuer sur le produit mis en flacons et conservé dans ces récipients qui seront cachetés,

M. Oppenheinier se sert, à cet effet, d'un appareil à double manteau pouvant contenir huit flacons. Celuici, hermétiquement fermé, est placé sur un feu doux d*ûu on le retire dès que le thermomètre, qui plonge par le couvercle dans le baîn-maric, indique la température de 7S". Au bout d'une demi-heure, on enlève le couvercle j on fait refroidir les tlacons dans une glacière ou on les conserve.

Le dispositif de M. Contant, quil désigne sous le nom de <t Tutélaire >s réalise également la pasteu* risation dans des conditions assez pratiques. Le lait contenu dans des flacons ouverts, en verre spécial, est porte rapidement à 80^ par la vapeur d'eau distendue; puis, il est refroidi brusquement après bouchage des flacons* Le bouchage estsuffisamment hermétique pour qu'il n'y ait plus de rentrée dalr.

En résumé, le lait pasteurisé est ensuite trans-

^» STIÎniLISATION DU LAIT 223

I vasù à lair, comme on le fait dans de grandes intdusirÎÊS laitièrea, ne présente pas les garanties suF- Ifisanles d'asepticité pour être employé dans rallai- ItÊmentdu nourrisson*

I D'autres auteurs estiment que la pasteurisation Haite en vase clos donne un kit pratiquement sté* Irile et qui pourra servir à Fallaitemenl artificiel, à ■la condition qu*il soit toujours consommé dans les [vingt-quatre heures et, exceptionnellement, dansles l quarante-huit heures en liiver, I Nous avons dit précédemment que les laits chauf- [fés à 70-78'' étaient privés du bacille tuberculeux, [nous devons à la vérilc d'ajouter que quelques bac- I térioîogistes, tels que Lydia Habinowitsch, Beclc, l annoncent qu'un lait contenant le bacille de Koch [chaulTé pondant trente minutes à 80" et ensuite [injecté à des cobayes^ les rend tuberculeux. I De plus, certaines bactcVries peptonisantes de

Flugge rencontrées dans le lait, et en particulier [le lîacilius mesenlericus capable de produire des

troubles digestifs chez renfant, résietent, suivant

Jemma^ à une température de 100^ I On voit donc qtie la pastearisation, envisagée [comme procédé de stérilisation du lait, ne peut riva- [liser avec les produits autoclaves, malgré les modi- I fîcations dans la composition des laits ainsi traités, I surtout si l'on considère que la température de 75-80* Uuriit à détruire la plupart des ferments solubles du liait (lipase, ferments oxydants, etc*) et à faire loaitre le goîlt de cuit. ^^^^^^^^^^^

TKCHIÏ1QÎ.B D8 STEntLfSATtOX

CONSTàTATlOX DU CHAUrFAr.E iàV LAtî

iBlfa^ âutânri ont donné des réactions q mettent dû difTépencier le lait cru dtj lait 1 Ces réactions peuvent donc être utilisées pour s a surer qu'un lait a été chauffé (ébullition, pasteu sation, chaulTo^e à Tautoclave).

Le procédé le plus sensible, et en mérne terapal plus prûtique, est celui qui a été proposé parM> pouy, et recommandé ensuite aussi par M, Vit.

Otte réaction est basée sur la présence douai lait d*un ferment oxydant découvert par M, Dupoij Let auquel il a donné le nom de Lacianaéroa^f/dnâ 'Cette diastase a la propriété de décomposer Te^ oxygénée et d'en libérer Toxygène à un état nioléd laire tel qu'il peut exercer une action immédiate sl^ des substances facilement oxydables*

Ce ferment est détruit a la température de HI perd alors ses propriétés décomposantes vis4-« [de Toxyg^ène* C'est cetle dernière circonstance Ipermet précisément de diiTérencier le lait cru [lait chaulTé,

Comme substance oxydable par Toxy^éne liM [de l eau oxyt^énée dans la pratique de la réactiû [M. Dupouy emploie le gaïacol cristaUisé. On lUne solution aqueuse à 1 0/0 de ce composé, el \ [prend un peude ce réactif qu'on mélange avec [volume de lait et une goutte d'eau oxygénée du

9TERIL|gATlO?f DU LAIT

mmerce diluée aîi dlxîèoie. Si le lait est cru, ces -e s'il n'a pas été chauffé, on obtient imniédt; ment et à froid une coloration rouge grenat. Avec ^ les laits ayant subi raclion d'uae température supérieure à 80"*, le mélange reste încolore.

M. K, Saul a recommandé l'emploi du sulfate de! métliylortlioamîdophénol, qui donoe également dej bons résultats pour la constatation du chauffage des laits. Cette miction est, comme In précédente, basées] &ur Taction du ferment oxydant agissant en présence ] de Feau oxygénée. Voici comment on opère :

On prend 10 centimètres cubes de lait auxquels on ^ ajoute 1 centimètre cube d*une solution de sulfate de méthylorlhoamidophénol à 1 gramme pour 100 ainsi qu'une goutte d'eau oxygénée ; une belle coloration rouge apparaît dans Tespace de trente secondes dans le cas d'un lait cru. Pour les laits chauffés, on ^ D'observé aucune coloration; on ne doit pas tenir ■ compte d'une teinte plus ou moins rosée qui pourrait ^ apparaître dans le mélange abandonné à lui-même ^ pendant quelque temps. H

Nous accordons volontiers la préférence à la technique de M, Dupouy qui utilise, comme base de son réactif, un produit que tout pharmacien possède dans j son oflicine. Les résultats fournis par Temptoi de la ^Ê solution gaïacolée sont, en outre, tout aussi précis " qne ceux qui sont donnés par le réactif de M. SauL j

Nous devons ajouter que ces essais démontrent ■ seulement que le lait a été chauffé aune température de 75 à 80* au moins, mais ils ne donnent, bien en-

tendu, aucun r^Dieigneniont sur le temps de chauHtî, ni miT la valeur de la slénitsâtion au palnt de vutt Jtf la deslrucUon des germes.

GQosQr?atiaQ du lait par les composés àémiquês. — Depuis loTigtcmps on a eliert-hé à conserver le luit pnr reddition de substances aciliscpiique9 dont remploi est prohibé en raisoti de leur action nuisible sur Tûrganisme, et des acddimtl d'intoxication dont lis peuvent être la cause.

Toutefois M, Von Behring, voulant conserver su lait sa f|u alité de Ht/uide tHial doué de propriétés biologiques du fait des fermente qu'il renferme, a proposé d'ajouter au lait !/5mi0* h 1/liHïOO* de formol: le bit ainsi préparé présenter rai t^ au point de vue de li conservation des ferments et, en particulier. J«iS oxydâmes, tous les avantages du lait cru ; lesgermes pathogènes qui pourraient le souOler, sans être tuéa, seraient cependant arrêtés dans leur développenn^nl, et la consommation de ce lait serait susceptible i^ rendre des services à la puériculture,

Or^ M, Trillat a entrepris toute une série d'expériences dont les résultats viennent détruire les espérances de M, Von Behring.

Cet auteur a établi que sous rinlluonçe de la formaldéhyde à la dose employée par M. Von Behriof, la caséine se combinant avec le composé est rendue inassimîlable en proportions plus ou moins considérables. De plus, tant que le lait n*est pas altéré^ on y trouve de laldéhyde formique à Fctat

^P STËttlLlSATlUN DU LAIT ^^7

llibre, qui, au moment de ringeslion de cet aliment, lest en contact avec la muqueuse gastrique qu'elle I tanne.

I Ces cousidéralioiis^ dit M. Trillat, saflisent à létabHr que Vusage de la formaldehyde dans le lait Ipeut présenter des dangers surtout dans ralimenta- I tion deî5 jeunes nourrissons, et qu*il doit être prohibé Icomme les autres antiseptiques (acide salicyliquc, llluorures, elc.)^tnnt que des expériences absolument Idémonstratives n'auront pas établi sa parfaite inno- Icuité.

I Tout récemment. M, Léo Schaps vient de montrer Ique Taddition de formaldéhyde, dans la proportion Ide 1 0/0, s'oppose au développement des ferments [lactiques, mais non à celui des staphylocoques, [ut des bacilles tuberculeux ajoutés au lait. Il men- Hionne qu'il a trouvé, à Tautopsie d'une enfant liiourrie au lait formolisé, des lésions produites par [le formol, d'où il conclut à Tactton toxique de cette leubsiancef et il met en garde contre Temploi de I ce mode de conservation,

I On connaît déjà depuis longtemps la valeur anti- [septique deTeau oxygénée ; aussi M. A. Renard a-t-il [proposé, dès 1898, Temploi, pour la conservation [du lait, d'eau oxygénée à 1^ volumes à la dose [de â U/0. Cette addition aurait Tavantage sur les an- Itisepliques prohibés, et qui sont plus ou moins [toxiques, de ne rien laisser^ dans le lait, au bout de [six à huit heures, puisque cette eau oxygénée sedé- Icoinposc, très vraisemblablement, à la faveur d*mi

228 TKCUKîgl-K 0Ê &TÉBIIJSArlU.\ I

fcrnii^ut i^oluble (caUlase} conlonu dans h MJ

cûu et oxygène qui m dégag^e, 1

li'cau oxygtinijG doit être atlditîoûJiée au la

le plus tôt pDShible après la traite ; on abantionïïfl j

Iprodiiit traité dans un endroit frais pendant sepll

huit heures, et ce n*êst qu'au bout de ce temps^jul

doit i^tre livré à la cons^ammatîon. I

I (^e laît nxygéntf ne présente au gohi et à ïùiA

Irai aucune dilTérence avec le lait frais ordbaîrJ

■ M* Henard fait remarquer que lo produit n'est ra

letérilisé, mais qu'il se conserve beaucoup plu^loiig

temps que le lait ordinaire.

MM, Nieolle et E. Duclaux ont étudié Teau osja

généo au point de vue de sou action micrebîcijj

sur le lait. 1

1/addition à ce liquide de 1 à ^ 0/0 d'eau oxj

gênée ameûo, dans les heures qui suîventf un abaîi

LBemeut considérable du nombre des bactéries. Cet!

action ne dure que quelques heures, huit à dix!

R général. Ce délai passé, la teneur en germes dulJ

loxygéné se relève et augmente peu à peu. I

I D autre part, cette proportion d'eau oxygénée,!

Mlle assure une plus grande conservation du lait, il

■donne aucune sécurité pour la destruction des mi

krobes pathogènes qu'il peut renfermer. |

I Cet antiseptique ne peut donc guère servir m

Ipour aider à conserver le lait pendant un lemj

Iplus long ; encore n'est 41 pas prudent d*eii autofl

ser r usage, qui serait bientôt fait inconsidérémd

et à doses supérieures à % Û/0* J

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