ASEPTISATION PAR LA CHALEUR
Pour réaliser une stérilisation absolue au moyeaj de la chaleur, il faut tout d'abord considérer les con^ ditions à remplir pour détruire à la fois les bactéries^ et leurs spores. Or, suivant que Ton emploie la chaleur sèche, la chaleur humide produite par Teau bouillante, par la vapeur d eau surcliaulTée ou parJ la vapeur d'eau sous pression, les objets à stérilîsef devront être soumis à une lempéralure dilTé rente ou à un temps de chauffe variable pour chacune des méthodes mises en œuvre.
La température mini ma de destruction varie non seulement avec la nature des microorgamsmes
TECHNIQUE DE STÉKILISATION
détruire, mais aussi suivant la modalité de la chaleur employée.
Kn tliùso générale, la chaleur humide est toujours plus efficace que la chaleur sèche. Il faut, avant tout, bien se pénétrer de ce fait que si la majorité des bactéries pulliogènes est tuée par un chaufTage d'une heure dans Tair sec, ou par une température de 70 à 7f> " dans Tair humide, d'autres microbes, au contraire, et, en particulier, ceux qui sont sporulés, comme le bacille du charbon et le bacille du tétanos, exigent, pour leur destruction, une température dans Tuir sec, de lo()-i()()° maintenue pendant trois heures, ou celle de 180^ continuée pendant trois quarts d'heure, soit encore un chauffage à 113-120** dans la vapeur d'eau sous pression.
l^our obtenir une asepsie absolue, il sera donc nécessaire de dépasser la température minima de destruction des bactéries les plus résistantes.
Dans la description des divers procédés d'aseplisation par la chaleur, nous aurons soin d'indiquer et la température à atteindre et le temps de chauffe indispensable à une stérilisation absolue.
1/aseptisation par la chaleur peut être obtenue :
1° Par la chaleur sèche ;
2° Par la chaleur humide ;
3° Par le chauffage discontinu.
A . Aseptisation par la chaleur sèche. — La stérilisation par la chaleur sèche s'effectue au moyen des
■I METHOOES DE STKRlLISATiaN /
étuves à air chaud dont la plus simple consiste en une caisse carrée ou rectangulaire en cuivre brasé et divisée eu deux ou trois i-ompartiments par des tablettes intérieures, La partie supérieure de cette \ caisse est percée de deux ouvertures dont l'une sert à fixer un therniomèlre par riuLermédiairc d'un bouchon percé ; l'autre ouverture est incomplètement obstruée par un bouchon muni d'un tube de verre effilé. On met ainsi l'atmosphère intérieure de Téluve en communication avec lextérieur. On peut aussi pratiquer, à la paroi antérieure de letuve, une petite ouverture qui peut être fermée au besoin> au qu on laisse ouverte lorsqu'on veut pratiquer uucourant d'air quelquefois utile, soit pour régler la température, soit pour activer la dessiccation des objets placés à Fétuve. Cette étuve, dite à air sec^ mémo nmnîe d'un régulateur^ a le grand inconvénient de ne pas donner une température constante, aussi ne Tutilise-l-on, en pharmacie, que pour la dessiccation et la stérilisation des objets de verrerie (Hacons, ballons, tubes à essai, ampoules, entonnoirs, agita* teurs, etc.), des mortiers, des pilons, spatules, en un mot de tous les objets qui peuvent impunément subir une température élevée.
L'industrie construit maintenant, il est vrai, des étuvcs à système tubulaire, munies de régulateurs de température, dans lesquelles la répartition de la clialeur est uniforme, A notre avis^ le pharmacien peut se dispenser d'avoir ces étuves toujours coûteuses, qui ne répondent pas à tous les besoins de
la prati(iue, car elles ne peuvent guère servir qu'à Tascptisation des ustensiles inaltérables que nous venons de mentionner.
Nous verrons plus tard, au contraire, que Tautoclave (îst un appareil bien autrement indispensable et (]ue ce stérilisateur pourra, pour les besoins courants do la prati({ue, suppléer toutes les autres étuves. Au reste, le simple four d'un poôle-cuisinière pourra utilement être employé pour aseptiser tout le matériel de verrerie et, pour ùtre certain que la stérilisation a été ellicaco, comme mon collègue de Lyon, M. Mon'uu, le recommande, on entourera chaque ohjcît à stériliser d'une couche d'ouate hydrophile qui prend une teinte café au lait dès qu'on atteint la tcîmpérature de 18()\ On peut encore s'assurer du dc^ré (l(î température obtenu dans les diverses parti(is (lu four en plaçant, dans des verres de montre ou de petites capsules, une petite quantité d'acide tarlriqucî pulvérisé (jui fond entre 170-180^ en donnant une masse spongieuse.
A propos des étuves à air sec, nous devons dire un mot du /'oiir à flaynhcr de Pasteur, qui est d'un emploi courant dans les laboratoires de bactériologie pour aseptiser le matériel de verrerie.
(]e four se compose (/?//. 1) d'un cylindre en tôle formé de trois parois, que l'on chauffe par son fond au moyen d'un brûleur à gaz. La disposition des parois est telle que les produits de la combustion circulent entre elles avant de se rendre à la cheminée. Grâce à ce chauffage par retour de flamme, on ob-
METHODES DE STËRlLtSATlON 9
' tient une lempérature assez uniforme à T intérieur du cylindre dans lequel on place un panier on toile
Fio. i. — Four ùk tlambcr de Paateui',
[métallique contenant les ballons, ilacons, tubes, pipettes que Ton veut stériliser. Dans cet appareil, on obtient, »m quelques minutes, la température de
liBO", qu'il est facile de contrôler, grâce au tliermo-
mètre fixé, par rintermédiaire d'un bouchon, au couvercle du four.
II existe un autre procédé de stérilisation par la chaleur sèche, et qu'on appelle le flambage; il n'est guère applicable qu'aux objets métalliques qui peuvent, sans inconvénient, subir l'action directe du feu comme les spatules, capsules de nickel ou d'argent, moules en bronze, ciseaux, etc. Ce procédé consiste à passer les objets à stérih'ser dans la flamme d'une lampe à alcool ou d'un bec Bunsen. En chirurgie, on opère souvent de la façon suivante pour les instruments : on met les objets dans une cuvette en émail avec une petite quantité d'alcool que Ton enflamme ; c'est ce qu'on appelle la stérilisation au punch.
Celte pratique n'assure pas d'une manière absolue l'asepsie du matériel. MM. Claudot et Niclot estiment que ce procédé est infidèle ; MM. Bérard et A. Lumière ajoutent même qu'ils le trouvent illusoire.
Nous recommandons donc aux pharmaciens de n'avoir recours à la pratique du flambage que dans des cas tout à fait exceptionnels.
B. Aseptisation par la chaleur humide. — Pour la stérilisation par la chaleur humide, on emploie l'eau bouillante, la vapeur d'eau à la pression ordinaire, c'est-à-dire à 400°, la vapeur d'eau surchauffée et enfin la vapeur d'eau saturée et sous pression.
M£THOI>£S 0E STÉniLlSATlON 11
Si la stérilisation à la chaleur humide est plus efficace pour délraire les bactéries et leurs spores, c'est que la vapeur d'eau présente cet avantage, qu'elle doit à ses propriétés physiques» dépasser par osmose à travers la membrane d'enveloppe des epores pour aller coaguler le protoplasma intérieur t, par là, amener une stérilité absolue des organes générateurs des bactéries.
La stffrilîsaiioH par Veau bouillante est utilisée pour les appareils de verrerie, de porcelaine et pour les divers instruments : ceux-ci sont plongés dans Veau et on fait bouillir ; il est nécessaire que 1 ebullition soit maintenue pendant au moins une demiheure et quelquefois plus.
Dans ces condilions, on ne réalise jamais une asepsie absolue, MM. Terrier etMorax ont, enciïet, ^montré que l'eauidéjà passée au filtre Chamberland, devait être encore cliauiïée pendant une heure à lebullîtion, pour être complètement stérile. On arrive à un meilleur résultat en additionnant Teau do â 0/0 de carbonate ou de borate de soude ; la température atteinte est alors de 104*Î03'*, mais il est alors indispensable pour les besoins pharmaceutiques que les objets, stérilisés dans cette solution, soient ensuite lavés â Teau stérilisée avant leur emploi. S» ce mode de stérilisation ne présente las encore une sécurité absolue, puisque les spores du bacille du tétanos et du bacille du charbon résistent a cette température, il pourra néanmoins être avantageusement mis en pratique, en pharmacie^
pour les ustensiles qui servent à la préparation de la plupart des médicaments, à l'exception, bien entendu, des objets de pansement, des solutions injectables, etc., qui devront, comme nous le verrons plus tard, être soumis, dans des conditions déterminées, à une aseptisation absolue, au moyen de la vapeur sous pression.
La vapeur d'eau à la pressio^i ordinaire ne présente guère d'avantage sur Tébullition. On a construit, dans rindustrie, des stérilisateurs à vapeur d'eau à 100**, composés d'un bouilleur surmonté d'une ou de deux chambres de vapeur en tôle étamée, recouvertes de feutre et dans lesquelles on place les objets à stériliser. Ces appareils, qui peuvent trouver leur emploi dans les salles d'opération, ne présentent, pour le pharmacien, aucun intérêt et ne peuvent lui rendre de grands services. Du reste, il est toujours facile, comme nous le verrons plus loin, d'opérerdesstérilisations dans la vapeur d'eau à 100" avec l'autoclave qui devient l'instrument indispensable.
La vapeur d'eau surchauffée, au point de vue de l'efficacité de la stérilisation, n'est pas supérieure à la vapeur d'eau à 100^; elle semblerait même être moins active en raison de ce fait que plus cette vapeur est surchauffée, plus elle s'éloigne de son point de saturation, elle n'agit guère plus, au point de vue microbicide, que l'air chaud et sec. Ajoutons à cela que la pratique delà stérilisation par la vapeur d*eau surchauffée n'est guère applicable en pharmacie.
MéTHODES DE STÉRILISATION 13
EûGn, Fiisage de la vapeur d'eau saiure'e el mus pression réalise ridéalpourraseptisatïon.Notis avons déjà indifjué Tavantage que présentait la vapeur d*eau de pouvoir, par osmose, diUFiiser facilement à travers la membrane des spores pour insolabiliser, par coagulation, leur protoplasma intérieur. Ce phénomène osmotique sera encore accru si, à la vapeur ordinaire^ on lui substitue la vapeur jouissant d'une Cn* rlaine pressiondont laforce de pénétration seraainsi augmentée. De fait-^ la vapeur d'eau sous pression, qui est une vapeur saturée, possède une action destructive bien plus active que la vapeur ordinaire non comprimée vis-à-vis des bactéries et de leurs spores.
La vapeur d'eau à la pression de 1 atmosphère, ce qui correspond à une température de 120'*, est généralement sufiisantc pour annibilcr les microbes et leurs spores, surtout si on maintient cette pression et cette température pendant un temps variant d'un quart d'heure à une demi-heure.
La stérilisation par la vapeur d eau sous pression s'effectue dans une véritable marmite de Papin perfectionnée, qui porte le nom d'auloclave.
Le type de ces appareils est V autoclave de Chamherland. 11 se compose d'un cylindre en cuivre rooge brasé {fig. 2), qui peut être fermé à sa partie supérieure par un couvercle on bronze très lourd, Hxé^ par des écrous, au pourtour du cylindre au moyeu d un joint de caoutchouc. Ce couvercle présente trois ouvertures, dont Fune reçoit une soupape de sûreté, la seconde un robinet qui met rintérieur
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de raiïloelavo en contact avec ratmosphère eil^ rietirf!, et la troisième un ma nûirtètre arec întlteatioissl
Fio- 2. ^ Autoclave de Charaberkad.
Ihermométriques. Deux poignées» dîaméiralemciïi opposées, sont fixées au couvercle pour permet If de le soulever.