‹ Technique du traitement de la coxalgie [electronic resource]Chapitre 18 sur 74 · RUPTURE DES TENDONS PAR LA PRESSION DES POUCES · texte numérisé non relu

RUPTURE DES TENDONS PAR LA PRESSION DES POUCES

Sommaire. — Deux pouces pressent fortement, en travers, sur la corde des adducteurs qu'un ou deux aides, tirant la jambe en dehors, tendent au maximum. — Après une pesée de une ou deux minutes, on sent sous les pouces un premier tendon céder, puis un deuxième, puis les autres, pendant que la jambe se porte en dehors. — La rupture des tendons fléchisseurs est à peu près impossible avec les pouces. Elle amène un trop grand traumatisme. — Il faut toujours ici faire la ténotomie, d'autant qu'elle est particulièrement bénigne en raison de la distance qui sépare les tendons des vaisseaux et du nerf. — Si vous avez peur de la veine fémorale, associez donc la rupture des adducteurs par les pouces avec la ténotomie des fléchisseurs.

Je parle de la rupture des adducteurs, — la seule qu'on ait à faire généralement pour corriger la déviation du membre.

Le malade étant endormi, le bassin et le tronc sont mis en place, et le bassin fixé par la flexion sur le tronc de la jambe saine, comme cela a déjà été décrit pour la correction simple. Un aide saisit la jambe malade et la tire en bas et en dehors, comme si l'on voulait arriver à la correction par la traction simple. C'est parce qu'on n'y arrive pas, parce qu'on est arrêté par la corde tendue et trop résistante des adducteurs, qu'on se décide à rompre cette corde.

La rupture se fait (fig. 77) par la pression directe des pouces près des attaches supérieures des adducteurs, déjà tendus par l'aide, qui tire et qui continue de tirer pendant que vous pressez. Vous pressez avec vos deux pouces placés à côté l'un de l'autre sur la corde saillante des adducteurs, près du pubis, en travers, et vous pesez dessus de plus en plus fortement, d'une manière continue. Si vous n'arrivez pas ainsi, agissez avec toutes forces et par à coups

TKNOTOMIE

pendant une ou deux minutes, jusqu'à ce que vous sentiez un tendon céder sous vos pouces. — L'aide qui tire sent également la jambe qui cède et vient en dehors. — Vous continuez votre pression, et bientôt un deuxième, puis un troisième faisceau tendineux cèdent à leur tour, et vos pouces s'enfoncent sur la peau qui se déprime dans la profondeur des chairs jusque vers l'ischion. En

Fig, 77. Rupture des adducteurs. Un aide fixe le bassin, l'autre porte la jambe malade en iivperextension et abduction. L'opérateur exerce avec ses pouces une forte pression sur le point d'insertion supérieur des adducteurs, ainsi fortement tendus, pour les détacher.

même temps la jambe est portée en dehors dans une position d'hypercorrection.

C'est fini.

Vous priez un aide de faire une large pression avec une compresse ou de l'ouate sur l'endroit de la rupture pour empêcher la formation d'un hématome sous-cutané. L'aide continuera cette pression avec beaucoup de soin et d'attention jusqu'à ce que l'appareil plâtré soit appliqué, et, par-dessus lui, jusqu'à ce qu'il soit solide : c'est le moyen de bien assurer l'hémostase définitive.

Si la déviation était très ancienne et l'enfant très vigoureux, l'extension pratiquée par un aide et la pression de deux pouces pourraient ne pas suffire : il faudrait en ce cas mettre deux aides à la traction et deux pouces supplémentaires à côté ou au-dessus des vôtres pour la pression.

Vous pouvez juger par là que cette rupture non sanglante est

i08 ÉTUDE TECHNIQUE DES MOYENS THÉRAPEUTIQUES

un peu plus traumatisante que la ténotomie lorsqu'il s'agit de cas anciens.

'Le traumatisme serait surtout important si l'on opérait la rupture des tendons fléchisseurs qui s'insèrent sous l'épine iliaque. 11 faudrait procéder de même si on voulait l'obtenir; mais je vous conseille de vous en tenir ici à quelques pressions larges avec le bord cubital de la main sur ces tendons fléchisseurs, près de leur attache supérieure, pressions moins traumatisantes et qui suffiront souvent pour donner la déflexion voulue à la cuisse. Il vaudrait mieux encore faire ici une petite ténotomie; car la ténotomie, devant laquelle on recule parfois pour les adducteurs à cause du voisinage des vaisseaux fémoraux, est très facile et sûrement inoffensive pour les tendons insérés à l'épine iliaque supérieure, loin des nerfs et des vaisseaux.

Vous pouvez donc associer les deux procédés, le sanglant et le non sanglant, dans certains cas, — vous débarrasser de l'adduction en faisant la rupture des adducteurs par les pouces, et vous débarrasser de la flexion par une ténotomie sous-cutanée des muscles fléchisseurs insérés à l'épine.

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