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CHAPITRE XII

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Sommaire. — Bien qu'elle soil un peu plus traumatisante et un peu moins

précise que l'ostéotomie, l'ostéoclasie manuelle est une bonne opération,

si l'on a soin de faire la rupture au niveau ou très près de l'angle de

coudure de l'os, c'est-à-dire sur le col. 1° Consolider le fémur à l'aide de quatre attelles en bois maintenues de

place en place par des sangles fortement serrées qui les incrustent

presque dans les chairs.

2° Rompre les fléchisseurs et les adducteurs par la ténotomie et par la

pression des pouces.

3° Pratiquer une pesée sur la cuisse, tandis que les aides maintiennent

fortement le bassin.

Ostéoclasie ou procédé non sanglant pour rompre l'ankylose osseuse en mauvaise attitude.

Je l'ai dit plus haut (p. 96), l'ostéoclasie est une opération, non pas de choix, mais de nécessité; cependant il faut savoir la faire, car elle rend de grands services. On la fera lorsque les parents ne veulent à aucun prix d'une opération sanglante; on la fera encore lorsque, par tempérament, on recule devant l'emploi, cependant bien bénin, de l'ostéotome.

Je l'ai faite cinq fois, et dans les cinq cas j'ai eu des résultats excellents.

Si elle est bien faite, si l'os se brise au point voulu, elle donne sans incidents, sans risques de complications septiques, une bonne correction dans des cas où, sans elle, l'enfant serait resté infirme, puisque les parents s'obstinent à vouloir « ou une correction non sanglante, ou rien ».

Pour obtenir le maximum de correction et d'allongement, il

faut que l'os se casse au niveau du point, de coudure, ou le plus près possible de ce point, c'est-à-dire le plus près possible du col du fémur, au col même.

Pour obtenir la rupture en ce point, il faut :

1" Faire céder plus ou moins complètement, par pression des pouces, les tendons adducteurs;

2° Consolider, avec des attelles en bois, la diaphyse fémorale sur toute sa hauteur jusqu'au troebanter, de manière à faire du point que l'on veut briser le point le moins résistant.

Pour cela on applique trois ou quatre attelles en bois, du mollet

Fig. 88. — Ostéoclasie. Un aide maintient le bassin (ou mieux deux et môme trois aides solides fixent le bassin). L'opérateur saisit le membre (préalablement consolidé au moyen d'attelles serrées avec des sangles); un autre aide saisit la cuisse le plus près possible de la racine et tous deux, opérateur et dernier aide, poussent la cuisse en bas et en dehors jusqu'à co que l'os se brise.

au bord supérieur du trochanter, sur le pourtour du membre, et on les incruste fortement dans les chairs avec trois ou quatre sangles ordinaires bien serrées.

Voilà pour la jambe et la cuisse.

Cela fait, il n'y a plus qu'à bien fixer sur la table le bassin et le tronc, par la méthode ordinaire, deux mains pesant de chaque côté sur les épines iliaques et les bords antérieurs de l'os iliaque, avec un aide supplémentaire de chaque côté, à genoux, pour maintenir l'ischion et l'aile iliaque et empêcher ainsi la bascule de l'os iliaque en avant.

Donc :

1" temps. — Appliquer les attelles sur le fémur, après avoir fait céder les tendons.

OSTÉOCLASIB

HO

2e temps. — Fixer le bassin sur les bords de la table.

5e temps. — Briser l'os (fig. 88). Un aide à genoux prend la cuisse, en l'embrassant des deux mains aussi près que possible de sa racine, et lire en bas, tandis que l'opérateur pèse de baut en bas sur la cuisse avec une grande Force, lentement et progressivement, jusqu'à ce qu'on entende un craquement ou bien qu'on sente que l'ôs cède.

t" temps. — Cesser aussitôt la pesée, enlever les attelles et porter la cuisse dans l'abduction forcée et l'byperextension voulue.

Vous ferez exercer une compression sur le pourtour de la racine du membre, en vue d'empêcher la formation d'un épancbement sanguin dans la profondeur des tissus, tandis qu'on prépare les pièces de l'appareil plâtré chargé de maintenir la correction.

A la quatrième semaine, changement du plâtre et vérification de la correction.

Deux ou trois mois plus tard, on ramène la cuisse en dedans, en lui laissant toujours un centimètre et demi à deux centimètres d'allongement; ce qui veut dire qu'on cherche la soudure nouvelle de l'os dans l'abduction de 15 à 20°.

Pour que cette soudure devienne immuable, on laisse un appareil plâtré pendant encore un an; mais l'enfant marche généralement de quatre à six mois après l'ostéoclasie.

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