TECHNIQUE DU TRAITEMENT QU'IL FAUT SAVOIR FAIRE EN CAS DE FISTULE
Sommaire. — Celte technique diffère suivant la variété de la fistule : 1° Si la fistule n'est pas infectée, injections modificatrices. — Tout se réduit à savoir maintenir dans les trajets le liquide modificateur injecté; c'està-dire à savoir, après avoir poussé l'injection, obturer l'orifice fistuleux et le maintenir obturé d'une injection à l'autre pendant dix ou quinze jours, à raison d'une injection par jour. 2° Si la fistule est infectée mais sans fièvre, faire simplement des pansements à plat, aseptiques, dont la technique n'a pas besoin d'être indiquée ici. 3'1 Si la fistule est infectée avec fièvre, savoir drainer en tous sens jusqu'à ce que la fièvre tombe, et même, si besoin est, pour assurer un drainage plus parfait et la chute de la fièvre, savoir ouvrir la jointure et faire la résection de la hanche.
1er cas Fistule non infectée, généralement de date récente.
Nous arriverons à la guérison si nous réussissons à tenir le liquide modificateur en contact avec la paroi assez longtemps pour que cette paroi soit assainie et avivée. 11 s'agit donc d'obturer l'orifice pour empêcher le liquide injecté de s'échapper au dehors.
Il est deux manières d'y arriver.
La première, c'est de faire par l'orifice déjà existant, avec une seringue bien aseptique, à embout très fin (fig. 100), qui ne distende pas cet orifice, une injection de deux à trois grammes de naphtol camphré, par exemple, et d'oblitérer, immédiatement après, l'orifice avec un tampon d'ouate hydrophile stérilisée qui en repousse les lèvres légèrement en dedans, et le déprime de façon à empêcher l'écoulement du liquide introduit (fig. 101 et 102).
Lorsque l'orifice est béant, que l'introduction de l'embout de la
seringue et le contact du liquide irritant l'agrandissent trop largement pour que ce liquide reste en place, il peut être utile d'inter-
Fig. 100. — Seringue en verre et ébonito qui suffit pour lo traitement des fistules (â conserver dans un récipient aseptiquo ou dans l'eau stérilisée) ; chaque malado a sa seringue.
Fig. 101. — L'enbout de la seringue recherche le trajet entre les bourrelets de l'orifice lîstuleux.
rompre un jour ou deux les injections après avoir vidé à fond la
cavité, pour permettre à l'orifice de se rétrécir un peu.
Autrement, on vide la cavité de l'abcès froid tous les jours, et tous les jours, on la remplit à moitié avec une nouvelle injection; après six, huit, dix de ces injections, la paroi active de l'abcès froid est suffisamment modifiée et avivée pour que l'on puisse accoler les deux faces de la paroi par une compression faite à l'aide de
petites lanières d'ouate hydrophile entrecroisées.
Si l'accolement ne s'obtient pas du premier coup, si, après les quinze jours pendant lesquels doit s'exercer cette compression, il reste un suintement, il faut recommencer une nouvelle série de six, huit, dix injections, en procédant de la même manière, et cette deuxième série aura suffisamment modifié et assaini la paroi de l'abcès, pour que, cette fois, l'accolement se produise.
Fis. 102. — Injection intra-fistuleuse.
Une lanière d'ouato hydrophile mouillée est enroulée autour de l'ombout de la seringue : la main gauche de l'opérateur maintient ce tampon serré sur la plaie pendant que la main droite enlève la seringue aussitôt quo l'injection est terminée.
Il est une deuxième manière d'arriver à la guérison par les moyens conservateurs.
C'est d'injecter à l'aide d'une line aiguille le liquide dans un point éloigné de l'orifice et de chercher à amener la fermeture de celui-ci en
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appliquant et en maintenant constamment sur lui un tamponnet d'ouate hydrophile (fïg. 103, 104, 105, 106).
En dérivant ainsi l'écoulement du pus pendant qu'on évite soi-
Fig. 103. — Fistules multiples (voir les figures suivantes).
gneusement toute tension de l'abcès, on arrive parfois à la fermeture de l'orifice spontané.
On voit combien il est difficile de donner des conseils pour tous les cas qui peuvent se présenter, et que c'est uniquement une plus grande expérience qui permet à tel chirurgien d'arriver à la gué-
pig, in). Fistules communicantes. — On Fig. 105. — Ou bien encore injection intraarticu-
pousso l'injoction clans l'une des fistules pen- laire. L'aiguille, enfoncée horizontalement à
clant que la main <r.'uicho, pour conserver on 1 centimètre au-dessus du bord supérieur du
place le liquide injecté, oblitère l'autre ou grand trochanter, pônôtro dans l'articulation,
les autres fistules au moyen d'un 1res large En pointillé, les limites do la capsule {voie
tampon. latérale pour 1rs injections intraarticulaires.)
rison, là où d'autres échouent constamment si tant est qu'ils
essaient de lutter et ne considèrent pas a priori la bataille comme perdue.
Fig. 106. — Injection dans les trajets fistuleux par voie rétrograde. Le liquide modilicatcur, injecté en A dans la cavité articulaire, ressort par le ou les orifices fistuleux qu'on bouche avec un large tampon (voie antérieure, pour les injections intraarticulaires : on enfonce l'aiguille directement d'avant en arrière à 1 centimètre et demi au-dessous de l'arcade crurale contre le bord interne du couturier).
Fig. loi. — Lo panse. nent après l'injection. Fig. 108. — 2» Un aide maintient ces tampons pon- 1° Deux tampons en croix sont placés sur dant l'enroulement do la bande. Ce qui assurera la fistule pour maintenir l'occlusion. l'oblitération de la fistule d'une injection à l'autre.
Je demande pardon d'entrer dans de si petits détails, mais la guérison dépend de l'observance de ces minuties (fig. 107 et 108).