‹ Technique du traitement de la coxalgie [electronic resource]Chapitre 43 sur 74 · COXALGIE AVEC FISTULE · texte numérisé non relu

COXALGIE AVEC FISTULE

elle peut rester un temps plus ou moins long sans le devenir si l'on prend des précautions de propreté.

De même, quand une fistule se produit après une ou plusieurs injections, uniquement parce que l'aiguille était trop grosse ou que le contenu trop abondant de l'abcès a forcé la peau au niveau de la piqûre, cette fistule n'est pas infectée, si l'ouverture s'en est produite sans fièvre.

Mais si, pendant qu'on faisait les ponctions de l'abcès fermé, il est survenu une fièvre continue de 39° ou plus, et que cette fièvre dure malgré l'évacuation du contenu par ponctions non suivies d'injections, si la peau rougit, s'ulcère en un point et s'ouvre spontanément, on est en présence d'une fistule infectée (par une faute d'asepsie, presque toujours).

Par contre, il est de vieilles fistules bien pansées et dans lesquelles l'on n'a pas encore « fourragé », qui sont exemptes d'infection.

1er cas. — La fistule ri est pas infectée. — Un abcès froid vient de s'ouvrir spontanément, ou bien à la suite de ponctions, parce que l'aiguille était trop grosse ou que la poussée du liquide a fait éclater la paroi. Nous sommes en présence d'une fistule non infectée; il n'y a encore rien de changé dans la nature intime de la lésion. Mais ce qui fait la gravité de la situation nouvelle, le voici :

Par cette porte ouverte, qui reste constamment ouverte, un jour ou l'autre, un peu plus tôt, un peu plus tard, mais presque fatalement, il pénétrera jusque dans la profondeur du foyer articulaire des micro-organismes de l'extérieur qui, associés au bacille tuberculeux, formeront des associations microbiennes difficiles ou parfois même presque impossibles à guérir. Ces associations donneront, dès qu'elles se seront produites, si le pus ne s'écoule pas bien, des résorptions septiques, de la fièvre, de l'albumine, de l'infection viscérale.

En second lieu, de par l'existence de cette porte, nous sommes empêchés de faire le traitement ordinaire de l'abcès fermé, celui qui nous conduit à la guérison. Il devient presque impossible, en effet, de laisser en place dans la cavité de l'abcès le liquide modificateur, qui doit guérir la tuberculose, ce liquide s'écoulant immédiatement par cette porte trop largement ouverte. Il agit donc pendant quelques secondes à peine, au lieu d'agir longuement, je dirais tranquillement, profondément, pendant des jours et des nuits, comme dans l'abcès fermé traité par la méthode ordinaire, où il

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remplace dans la cavité le pus qu'on vient d'évacuer, pendant les semaines que durent les injections.

La conduite à tenir découle de ce qui précède.

Le danger étant de laisser pénétrer par la fistule des germes infectieux venus du dehors, 1° nous ferons bonne garde, c'est-à-dire que nous ferons des pansements d'une asepsie extrêmement sévère, pour empêcher les micro-organismes d'entrer.

2° Nous nous hâterons d'employer tous les moyens de fermer cette porte le plus tôt possible ; car si nous la laissons ouverte pendant des mois ou des années, il arrivera infailliblement qu'un jour ou l'autre nous nous serons relâchés dans notre antisepsie — il est presque impossible de passer un très long temps sans une défaillance momentanée — et ce jour-là l'ennemi s'installera dans laplace.

Mais comment fermer cette porte? — En fermant et en guérissant le trajet qui l'entretient; et, pour guérir et fermer ce trajet, qui est l'ancien abcès, il nous faut employer les mêmes moyens que ceux qui nous ont si bien servi pour guérir l'abcès fermé.

Nous ferons agir sur le trajet les liquides modificateurs connus; nous les ferons agir longuement, continuellement, et, pour cela, nous prendrons tous les moyens de les conserver dans la cavité, c'est-à-dire de boucher la fistule dès qu'ils y auront été poussés.

Cette technique a été étudiée longuement au chapitre XV de la lre partie, p. d 33 .

Donc, lorsqu'arrivera la fistule, ne désespérez pas, ne dites pas que tout est perdu. Dites-vous, au contraire, que rien n'est perdu, si vous êtes prudent et attentif, dans ce cas, tout au moins, de fistule non infectée.

Si l'abcès ne s'est pas vidé entièrement, tant mieux : vous allez ponctionner à l'endroit où vous sentez encore de la fluctuation, et faire une injection modificatrice dans ce diverticule, pendant que vous oblitérez avec un tampon le point où l'abcès a craqué. — Vous arriverez sûrement ainsi à guérir la fistule.

Si elle n'était pas complètement guérie après l'assainissement et la guérisondu diverticule, elle ne serait plus, en tout cas, qu'une petite plaie superficielle, bien facile à fermer, du moment qu'elle n'est plus entretenue par un foyer de fongosités profondes.

Mais je dois renvoyer, pour ces détails de technique, au chapitre XV, p. 133.

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