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LES COXALGIES AVEC RACCOURCISSEMENT

étant à 3 ou 4 centimètres au-dessus de la ligne de Nélaton (ligne ilio-ischialique), nous ne pouvons pas affirmer cependant d'une manière absolue que le moignon de la tète et du col a réellement quitté la cavité cotyloïde agrandie, c'est-à-dire qu'il y a une véritable luxation, tant que nous ne sentons pas sous la main ce moignon de tète ballottant clans la fesse, ce qui est bien rare, je le répète.

Par les rayons X ce diagnostic du déboîtement est très facile, évidemment, comme aussi le diagnostic d'ankylose osseuse dont j'ai parlé plus haut. Mais vous n'avez pas, pour la plupart, la radiographie à votre disposition : il faut donc arrêter pratiquement une ligne de conduite, sans les rayons X, dans les cas douteux.

Encore une fois, si le moignon de la tête fémorale est perçu par vous dans la fesse, il n'y a pas de difficulté, quelle que soit la hauteur du grand trochanter. Si le grand trochanter est à sept ou huit centimètres au-dessus de la ligne de Nélaton, c'est facile également : il s'agit certainement de luxation vraie. Si le trochanter est à cinq centimètres même, on a presque sûrement affaire à une luxation. Mais s'il n'est qu'à trois ou quatre centimètres et que la palpationne donne rien, cela n'est plus sûr du tout.

Comment considérer ce dernier cas? Est-ce une ankylose de la hanche avec pseudo-luxation ou une luxation vraie?

Dans la luxation, il y a presque toujours des mouvements plus ou moins nets, puisqu'il se produit même assez souvent, dans la marche, un mouvement de plongeon du corps à chaque pas. Ce n'est donc guère qu'avec une ankylose incomplète fibreuse que le diagnostic devra être fait.

Ce diagnostic importe. En effet, si nous faisons le redressement ou la ténotomie, dans le cas de luxation, le fémur sera ramené en abduction, mais le résultat ne se maintiendra pas, le fémur continuera à monter dans la fesse; il pourra, au contraire, se maintenir dans le cas d'ankylose fibreuse, les vestiges delà tète butant contre le plafond colyloïdien.

Il n'y a, d'ailleurs, pas de quoi s'inquiéter, càr nous avons un seul et même traitement à appliquer aux deux cas (voir fig. 1 29, p. 152).

Lorsque le trochanter est à quatre ou cinq centimètres au-dessus de la ligne de Nélaton, quand même il ne s'agirait pas d'un déboîtement réel, traitez-le comme une luxation vraie; car c'est seulement ainsi que nous pourrons arriver à un résultat orthopédique salisfai-

sant. Nous sommes entré dans le détail de ce traitement page 146.

La luxation vraie était autrefois tellement fréquente dans la coxalgie qu'on appelait cette maladie la luxation spontanée de la hanche. Depuis que les coxalgies sont mieux soignées, elle est devenue plus rare; mais, dans certaines coxalgies malignes, elle est impossible à éviter; heureusement, nous avons aujourd'hui un traitement de la luxation....

Un mot sur les lésions anatomiques.

(Voir le chapitre III el les figures 18, 19, 20, 21, 22, 2:s).

Coxalgie avec adduction. — Contracture musculaire et légère usure des extrémités articulaires; plus tard rétraction musculaire, tendineuse et ligamenteuse, augmentant fatalement l'usure par pression réciproque des os (fîg. 18, p. 31).

Ankylose fibreuse. — Déviation plus marquée, d'où rétraction des parties molles, mais surtout usure plus grande des os conduisant petit à petit, si la maladie n'est pas soignée, à la luxation (fîg. 19 et 20).

Ankylose osseuse. — Souvent usure moins grande, ce qui permet à la tête, relativement bien conservée, de se souder, rendant ainsi la luxation impossible (fîg. 21).

Luxation. — Destruction de la capsule ligamenteuse. Déviation plus ou moins marquée, amenant les rétractions des parties molles ; os très usés; rebords supérieur et postérieur, et parfois antérieur, détruits; tête et col presque entièrement détruits. — Le fémur est comparable à une perche ballottant dans la fesse, ou bien, presque directement, au-dessous de l'épine iliaque antérieure. D'où deux variétés de luxation iliaque : luxation postérieure (rotation de la jambe en dedans et flexion plus ou moins marquée) et luxation antérieure (rotation en dehors avec flexion peu accusée; fig. 23).

Pseudo-luxation. — Fig. 22, p. 32.

Le raccourcissement.

Voici les divers facteurs du raccourcissement et la manière de déterminer la part de chacun :

1er facteur. — La déviation (flexion et adduction du membre),

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