CHAPITRE XXIII
6e CAS : COXALGIE COEXISTANT AVEC D'AUTRES MALADIES
Sommaire. — a) Avec une coxalgie de l'autre côté, ou coxalgie double.
b) Avec un mal de Pott,
c) Avec une luxation congénitale de cette même hanche.
d) Avec une tumeur blanche du genou du même côté.
e) Avec d'autres tuberculoses externes ou viscérales.
a) Coxalgie double.
Nous devons surtout parler de la coxalgie double, assez rare heureusement, car la situation qu'elle crée au malade est fâcheuse, non pas précisément au point de vue de la guérison, mais au point de vue de la fonction des deux membres inférieurs.
Yous savez que trop souvent la coxalgie grave doit guérir par ankylose. Songez à ce que peut être la marche avec une ankylose complète des deux hanches.
Cependant, la guérison peut se faire sans ankylose dans bon nombre de cas, au prix d'un traitement très attentif.
Si les deux coxalgies sont extrêmement superficielles, si elles permettent la guérison complète avec la conservation intégrale des mouvements des deux côtés, ce sera parfait évidemment. Les deux hanches auront été touchées par la tuberculose, mais de cette double tuberculose il ne restera rien.
Cette guérison parfaite des deux côtés ne s'obtiendra malheureusement presque jamais; mais il suffit encore que les mouvements persistent intégralement avec un fonctionnement normal d'un seul côté. On finit ainsi par se trouver réellement, un peu
plus tôt, un peu plus tard, en présence d'une coxalgie unique. On traitera celle-ci par les moyens ordinaires, et l'on aura les bons résultats ordinaires, c'est-à-dire que la guérison définitive sera bonne, dût cette coxalgie, plus grave d'un coté, se terminer par un enraidissement de la hanche.
Mais si les deux coxalgies sont assez sérieuses — et c'est là, disons-le, le fait habituel, — si elles amènent l'une et l'autre une déformation des os, nous sommes dans une pénible alternative : ou bien, pour avoir des jambes de longueur et de solidité normales il nous faut les fixer solidement toutes les deux, c'est-à-dire laisser se produire l'ankylose des deux hanches; ou bien, pour éviter cette double ankylose, ne pas brider les jambes aussi étroitement, au risque d'avoir une attitude défectueuse, qui, malgré la persistance d'une certaine mobilité, rendra la démarche bien incorrecte en fin de compte.
Il est pourtant possible de prendre un moyen terme, et c'est, croyous-nous, ce qu'on doit faire. Nous nous préoccuperons de laisser des mouvements aux deux hanches, ou tout au moins à l'une d'elles, et pour cela nous nous résignerons à sacrifier quelque chose de la bonne attitude des jambes. Mais, d'un autre côté, nous nous résignerons à la double ankylose incomplète en bonne attitude, plutôt que de laisser se produire une double luxation iliaque des fémurs, car l'expérience a démontré que l'enfant marche moins péniblement dans le premier cas que clans le second.
Tels sont les résultats médiocres que l'on aura, quoi qu'on fasse, dans la coxalgie double, pour peu que la tuberculose soit sérieuse et ait usé les os.
En somme, sachant à quoi l'on peut prétendre en ces cas, vous laisserez une liberté relative aux deux hanches, c'est-à-dire que vous ferez simplement l'extension continue des deux jambes plutôt que de les immobiliser sévèrement pendant des années dans des appareils plâtrés. L'exlension continue vous laissera finalement un peu plus de mobilité que ces grands appareils, et suffira cependant d'ordinaire à vous mcltre à l'abri d'une luxation iliaque.
Mais, clans le cas de douleurs trop vives ou de luxation menaçante, recourez temporairement au double appareil plâtré, dût-il favoriser un peu davantage l'ankylose — car le bénéfice de l'appareil est, en ces cas, bien supérieur à ses inconvénients....
A part ces réserves, les règles générales du traitement restenl évidemment les mômes clans la coxalgie double que dans le cas de