EXPOSÉ DU PROBLÈME TIIÉIIAPEUTIQUE A RÉSOUDRE
b) Le rétrécissement de la capsule. Jamais le canal n'est comblé entièrement. L'on a vu, chez l'adulte même, ce canal gardei- encore en certains cas une capacité suflisante, pour permetti'e le libre retour de la tôte dans le cotyle.
Cependant il se rétrécit assez notablement d'une manière générale. Mais il reste dilatable par les manœuvres de réduction et les faits ont démontré que, jusqu'à 7 ans toujours, — et jusqu'à 10, 12, 15 ans presque toujours, et quelquefois même au-dessus de 15 ans — on pouvait amener la dilatation du léger rétrécissement capsulaire existant, en faisant travailler longuement la tète à l'entrée de ce détroit.
c) L'étroitessc de la fente qui représente l'entrée du cotyle.
Eu réalité cette étroitesse est le principal obstacle à la réduction, d'autant qu'on a moins de prise sur cet obstacle que sur les deux précédents. Cependant celte fente, dont la lèvre postérieure est osseuse et la lèvre antérieure ligamenteuse, se laisse agrandir généralement, de même que le détroit capsulaire, par le travail prolongé et liabile de la tôte qu'on présente successivement dans tous les sens pour la faire mordre sous la lèvre ligamenteuse pendant les manœuvres de réduction.
Et, en fait, jusqu'à 10 ou 15 ans, on arrive presque toujours, avec un peu de persévérance et d'efforts, à reporter la tête dans le cotyle, — cotyle rudimentaire sans doute, mais suffisant pour donner un point d'appui momentané à la tête si, par ailleurs, nous mettons la cuisse en abduction forcée.
2° Le maintien de la réduction, c'était le gros problème autrefois.
Le maintien de la réduction est devenu un jeu aujourd'hui, grâce à la
position d'abduction forcée donnée à la cuisse, et grâce à nos appareils
plâtrés.
Par ce maintien prolongé artificiellement pendant 5 à 6 mois, les deux organes mal formés, tête et cotyle, vont se façonner mutuellement, harmoniquement; le cotyle va se creuser profondément, tandis que la capsule revient sur elle-même et se rétrécit tout autour des extrémités articulaires remises au contact.
C'est la fonction qui refait l'organe; 5 à 6 mois après cette contention artificielle, on pourra lâcher les deux extrémités articulaires, elles ne s'abandonneront plus, si vraiment pendant les 5 à C mois de contention le sommet de la tête a été bien réellement maintenu contre le cotyle osseux et non pas en un autre point, par exemple contre la capsule.
Exposé rapide du problème thérapeutique à résoudre et des difficultés à vaincre.
Avant de décrire les divers temps du traitement, il est indispensable de dire un mot des obstacles que nous rencontrerons en chemin. Il faut les connaître pour être à même d'en triompher et pour saisir la raison de chaque détail du traitement.
1° Obstacles s'opposant à la réduction du déboîtement. — A l'époque, encore toute récente, où la croyance à l'incurabilité de
cette maladie passait pour un article de foi, on disait aux audacieux qui prétendaient discuter :
Où voulez-vous ramener la tête du fémur? il n'y a pas, ou il n'y a plus de cotyle. D'ailleurs, ce cotyle existerait-il, que des obslables invincibles s'opposeraient à la descente de la tête jusqu'à lui : 1° à savoir, la fixation de la tête dans la fesse soit par des adhérences reliant la capsule au périoste de la fosse iliaque, soit par le racourcissement et la rétraction des muscles et des tendons de la partie antérieure et de la partie postérieure de la cuisse; 2" le rétrécissement en sablier de la partie médiane de la capsule, rétrécissement infranchissable, et 3° la fermeture du cotyle osseux, par la capsule fémorale qui passe sur lui comme un couvercle solide, scléreux, inextensible; ce couvercle est plaqué sur la surface antérieure du cotyle presque à la manière du périoste plaqué sur l'os.
Voilà bien des impossibilités accumulées, semble-t-il, à plaisir par la nature pour rendre le problème de la réduction à jamais insoluble.
Voici notre réponse :
// y a toujours un cotyle, non pas certes un cotyle de forme régulière ou de développement suffisant, mais une dépression à la place normale de la cavité cotyloïde, un cotyle rudimcntaire toujours assez net pour qu'on sache oii il faut descendre la tète fémorale.
Quant aux impossibilités dont vous parlez, quant à ces obstacles « invincibles », qui s'opposeraient à l'abaissement de la tète jusqu'à ce cotyle rudimentaire, s'ils sont invincibles chez cette jeune fille de vingt ans, ils ne l'ont pas toujours été, ils ne l'étaient pas dans la première et môme dans les premières années de la vie; ils le
Fig. 29. — Rétrécissement de la capsule entre la tùto et le cotyle. — Vue extérieure. (D'après Pravaz.)