SCHÉMA ET INDICATION RAPIDE DES DIVERS TEMPS DU TRAITEMENT
périarticulaires rétractés, on les brasse, on les pétrit, on les distend pour rendre possible l'abaissement, jusqu'au niveau du colyle, de la tète fémorale (parfois très remontée) et arriver à obtenir l'élargissement du canal capsulaire et l'élargissement de la fente presque virtuelle qui représente l'entrée du cotyle. Cette distension immédiate se fait par des tractions à la main ou avec un moufle et un dynamomètre.
Nous avons déjà dit (au cbap. Pronostic) que, pour les vieilles luxations, cette extension immédiate ne suffisait pas, et qu'il fallait faire, à l'exemple de Pravaz, une extension continue de plusieurs semaines ou de plusieurs mois avant de passer à la réduction. Et par contre, pour les tout petits, cette extension forcée immédiate est inutile, le simple pétrissage des adducteurs suffît, sans autre préparation pour les cas faciles, cbez les enfants de moins de six ans.
Ainsi donc, dès que l'enfant est endormi, on fait, pour distendre les tissus rétractés, soit une extension forcée de la jambe malade que deux aides, l'un au genou, l'autre au pied, tirent en bas et en dehors, le tronc étant bien maintenu d'autre part, soit un simple pétrissage des adducteurs sur la cuisse portée en abduction, après quoi on passe aux manœuvres de la réduction proprement dite.
2° Manœuvres de réduction. — L'enfant, couché sur le dos, est attiré vers l'extrémité inférieure de la table, le bassin affleurant cette extrémité. Vous faites fixer le bassin sur la table solidement par un ou deux aides.
Vous-même, debout ou assis, placé au pied du membre malade, vous saisissez le genou de vos deux mains (la jambe étant re[)liée sous la cuisse), et vous commencerez par lui faire décrire quelques larges mouvements de circumduction en tous sens pour distendre encore une fois les tisi^us périarticulaires. Puis vous commencerez la manœuvre proprement dite de réduction : pour cela vous fléchissez le genou jusque sur le ventre, puis vous revenez à la flexion à angle droit et vous vous y tenez; mais en tirant fortement le genou vers vous comme pour le détacher de l'os iliaque; en même temps que vous tirez à vous, vous pouvez aussi porter le genou un peu en dehors, en légère abduction. Parfois la réduction se fait par cette traction seule.
Mais généralement vous devez y ajouter une action directe sur la tète fémorale. Vous laissez donc une seule main pour tirer amsi sur le genou et vous allez avec l'autre main à la recherche
de la tête que vous trouvez butant contre le bord postérieur du cotyle, vous poussez directement sur elle pour la conduire pardessus le rebord postérieur dans la cavité.
Insistez pendant quelques minutes, jusqu'à ce que la réduction se fasse.
Vous pouvez aussi avec avantage confier à un aide le soin de tirer avec ses deux mains sur le genou et de porter en même temps en dehors, degré par degré, le genou fléchi tandis que vousmême vous poussez avec les deux vôtres sur la tête fémorale, et cette manœuvre, continuée pendant quelques minutes avec persévérance et patience pour décoller petit à petit la capsule qui ferme en avant le cotyle, vous donnera presque toujours la réduction.
Cette réduction s'obtient donc, soit dans la flexion directe à 90' sans presque d'abduction quelquefois, soit plus souvent en y ajoutant une abduction plus ou moins marquée suivant les cas; l'on doit aller parfois doucement et progressivement jusqu'à une abduction de 90° avant d'obtenir la réduction. Nous iadiquerons plus loin d'autres manœuvres qui conduisent au résultat désiré, au cas 011, par hasard, les manœuvres précédentes auraient échoué.
Lorsque la tête rentre dans le cotyle, vous êtes averti par la production d'un claquement et une secousse très appréciables pour l'opérateur et même pour les assistants.
On vérifie la réduction en la défaisant. Pour la défaire, il suffit de reporter la cuisse en dedans; à un moment donné, la tête bondit subitement hors du cotyle et retourne à sa place primitive : on l'a vue et entendue sortir du cotyle. On la remet alors en place par la même manœuvre qui a déjà réussi une première fois, et qui réussit encore plus aisément cette fois.
La réduction étant obtenue et vérifiée, on se met en mesure de la maintenir.
On affermit tout d'abord cette réduction et l'on amorce le creusement du cotyle en poussant vigoureusement la tête contre celuici par des mouvements de vrille.
Il n'y a plus qu'à choisir la position dans laquelle on fixera la cuisse.
B. — Position du maintien.
Cette position est chose capitale pour le résultat final. La meil leure position, c'est une position de flexion de 70°, et d'abductioû t