EXTENSION FORCÉE EXT E M PO R A N É E
Sommaire. — Sa valeur : 60 à 100 kilogrammes suivant les cas. — Sa durée : 5 à 12 minutes. — Placer le lien de l'extension non pas au genou mais au cou-de-pied. — Se servir d'écheveaux de laine douce soit pour l'extension, soit pour la contre-extension à l'aine. — Si on la mesure au dynamomètre et si l'on ne tire pas directement sur le genou, elle est inoffensive. Et, d'autre part, elle est très utile et même indispensable en certains cas.
On peut l'associer à la précédente (extension continue) pour les cas difficiles.
Dès que le malade est endormi, ou tire la jambe malade avec une extension extemporanée d'une valeur approximative de 60 à 80 kilogr. ou même davantage.
A. — Nécessité de cette extension.
Cette extension forcée prépare, allonge et distend les tissus fibreux périarticulaires.
Elle remplace, jusqu'à un certain point, l'extension continue préalable, lorsque celle-ci n'a pu être faite et que l'on est pressé d'intervenir. N'oublions pas cependant qu'elle ne vaut pas, pour les cas rebelles, une extension continue de quelques semaines et surtout de quelques mois.
Mais, dans les cas difficiles, pourquoi ne pas faire les deux extensions, comme chez l'enfant dont nous avons rapporté l'histoire à la page précédente. Lorsque l'extension continue préalable n'a pas pu donner l'abaissement complet du grand trochanter jusqu'au niveau de la ligne de Nélaton, l'extension forcée immédiate fera le reste bien souvent.
EXTENSION FORGÉE EXTEMPOUANÉE
Je conseille fortement de recourir à cette extension forcée môme dans les cas où elle n'est pas rigoureusement indispensable, par exemple pour les enfants de 5 à 10 ans.
[° Parce qu'elle est très efficace et facilite beaucoup la besogne ultérieure.
2° Parce qu'elle est facile à faire et d'une bénignité assurée, pourvu que l'on ait soin de tirer sur le pied et non pas sur le genou, la pression localisée sur le genou pouvant écraser le nerf scialique poplité externe contre la tête du péroné et causer des paralysies (ces paralysies d'autrefois ont toujours guéri dans la suite, il est vrai) et pourvu que l'extension soit toujours mesurée au dynamomètre et ne dépasse pas 80 à 100 kilogr. pendant une durée de 10 minutes. Dans ces conditions, je puis certifier qu'elle est parfaitement bénigne.
Personnellement, je suis même allé bien au-dessus de ce chiffre, jusque près de 150 kilogr. chez des enfants de plus de 10 ans, sans y trouver d'inconvénient.
B. — Manière de faire l'extension extemporanée.
Elle peut être faite simplement avec les mains, voici comment : La contre-extension est assurée par un écheveau passé sous l'aine du côté malade et fixé d'autre part à « la tête de la table » ou au mur de ce côté, ou bien encore sans écheveau par une ou deux personnes qui immobilisent et retiennent le bassin, tandis qu'une troisième personne retient l'enfant sous les bras. L'extension est faite par un aide ou deux tirant sur la jambe et le pied (en bas et en dehors) de toutes leurs forces, avec continuité, pendant plusieurs minutes. Leur prise sur le membre malade est directe ou se fait par l'intermédiaire d'un écheveau passé en nœud coulant audessus des malléoles. Le médecin lui-même, placé en dedans du membre, profite de la tension des adducteurs pour commencer à les pétrir et à les distendre. Mais cette traction est très fatigante pour les aides, au bout d'une à deux minutes leurs forces sont épuisées au point ({ue l'on peut constater au dynamomètre que la traction n'est guère plus que 10 à 20 kilogrammes. Ce procédé est donc très insuffisant pour les cas quelque peu rebelles, à raccourcissement accentué. Il est bien préférable de se servir d'une moufle ou d'un treuil de la manière suivante (fig. 44 et 4S) :
Calot. — Ijuxation congonitalo do la Iiancho. 6
Le cou-dc-pied est saisi dans un nœud coulant par un autre écheveau de laine douce (ou deux écheveaux passés l'un sur l'autre) et l'autre extrémité de l'écheveau est attachée à une moufle ou à
un treuil fixé quelque part, contre, le mur, en face des pieds de l'enfant. Entre l'écheveau et la corde du treuil, on a placé un dynamomètre. Ces préparatifs faits, on tire au degré voulu et on maintient à ce degré en se guidant constamment sur les indications du dynamomètre.
A défaut de treuil, de moufle ou de dynamomètre, l'extension peut se faire simplement comme suit : à l'extrémité de l'écheveau de traction on attache avec une corde 3 à 4 poids de 20 kilogr.
qu'on trouve partout, ou des choses pesantes quelconques (grenaille
Fig. 44. — Extension forcée extomporanéc. — Comment on rlp,-,lnmli <;TrX rlpt;-!réaliso la contre-extension dans l'extension extemporanée. piuiiiu, ticiua ue sa
— Un écheveau est placé à la racine du membre (pro- \)\q etc ) liés ensemble tégéc par un coussin d'ouate) et vient se rattacher à un ' .
crochet, planté dans le mur derrière le malade. On fait de manière à faire l'extension avec un autre écheveau passé en nœud coulant ■ • i . i j «a
autour du cou do pied. UU pOldS total de bU
à 80 kilogr. calculé d'avance; l'extrémité de l'écheveau ou de la corde qui le relie au poids passe sur le dossier d'une chaise comme sur une poulie et tombe librement du côté opposé au siège. Il suffit de faire maintenir la chaise par une ou deux personnes ou simplement par d'autres corps lourds placés sur le siège.
EXTENSION FORGÉE EXTEMPORANÉE