‹ Technique du traitement de la luxation congénitale de la hanche [electronic resource]Chapitre 24 sur 70 · C. — Contre-extension · texte numérisé non relu

C. — Contre-extension

Nous en avons déjà dit un mot.

L'enfant est retenu par un, ou mieux deux écheveaux de laine douce, épais et résistants, dont l'une des extrémités passe dans l'aine du côté malade et va se fixer (par l'intermédiaire d'autres

écheveaux ou d'une corde)

^ — ■ à un point fixe quelconque,

" i ' par exemple un crochet

, planté au mur du côté de la

tête du malade.

Fig. 45. — Notre appareil à extension extemporanée avec, sa moufle, son treuil et son dynamomètre.

Je dois signaler deux petites précautions à prendre.

1° L'une regarde le lien

de la contre-extension qui passe sur le flanc en empiétant un peu sur le ventre. Pour éviter que ce chef antérieur de l'écheveau ne presse un peu brutalement sur l'abdomen, on protège celui-ci par un épais rouleau d'ouate ou un coussin; on peut aussi soulever avec les mains ce chef antérieur de l'écheveau, mais c'est fatigant. Si le crochet relevant le lien de la contre-extension est très élevé au-dessus du plan de la table, cet inconvénient est à peu près supprimé.

2" L'autre précaution regarde le lien de l'extension. Il faut surveiller son attache au pied, et il est préférable de mettre le nœud coulant en arrière, contre le talon. Le pied est, bien entendu, exsangue pendant les quelques minutes que dure la traction, comme s'il était serré par une bande d'Esmarch; mais cela n'a pas d'inconvénients.

D. — Valeur et durée de la traction extemporanée.

Valeur de la traction. — Nous venons de l'indiquer. Cette valeur varie de 60 à 80 et même 100 kilogrammes suivant l'âge du sujet.

Sa durée. — Elle sera de cinq à dix minutes suivant l'âge du sujet et la hauteur de la luxation et suivant le résultat qu'on observe dès le début de cette extension.

Voici comment doit être conduite et surveillée cette extension extemporanée. Le médecin, les yeux sur la hanche malade, suit et contrôle l'effet de la traction de minute en minute. A son commandement un aide commence par faire une traction de 3o à SO kilogr. Dès la première minute, il doit voir déjà, avec cette traction modérée, le grand trochanter s'abaisser sensiblement audessous de son niveau primitif déterminé préalablement, par rapport à la ligne de Nélaton.

Parfois on le voit, dès la deuxième ou troisième minute, descendre jusqu'au niveau de cette ligne ou même à quelques millimètres au-dessous; le résultat est donc obtenu. On continue néanmoins pendant encore une ou deux minutes cette même traction, cinq minutes en tout, puis on la fait cesser graduellement.

Si, au contraire, on constate que le trochanter, tout en s'abaissant manifestement, après une ou deux minutes d'une traction de 50 à 60 kilogrammes, reste encore très loin, on fait augmenter progressivement la traction de 10, 20, 30 kilogrammes, les yeux toujours fixés sur le dynamomètre, jusqu'à ce que le trochanter descende sur la ligne de Nélaton ou bien jusqu'à ce qu'on ait atteint 100 kilogrammes.

Il est sage de ne pas dépasser le poids de 100 kilogrammes, ni une durée de dix à douze minutes, quoique j'aie plusieurs fois atteint un chiffre supérieur, ai-je dit, et maintenu cette traction pendant un quart d'heure sans inconvénient. Lorsque les dix ou douze minutes sont écoulées, même au cas où cela n'aurait pas suffi pour déterminer la descente complète du trochanter, on diminue progressivement (en une minute) la traction et on la ramène à zéro. On débarrasse l'enfant des écheveaux de l'extension et de la contre-extension et on passe au pétrissage des adducteurs, déjà partiellement fait par la pression produite sur les insertions supérieures de ces muscles par l'échcveau de la contre-extension.

EXTENSION FORGÉE EXTEMPORANÉE

Mais il est un cas où le pétrissage des adducteurs doit se faire avant l'extension forcée : c'est dans les luxations où la cuisse est presque fixée dans une adduction marquée de plus de 25" à 30°.

Cette adduction peut atteindre et même dépasser 45" dans certains cas de luxation très douloureuse avec néocotyle.

L'extension forcée appliquée d'emblée sur une cuisse ainsi déviée agirait suivant une ligne trop différente de l'axe du membre et pourrait, à la rigueur, amener une fracture de cuisse.

Vous aurez soin, en pareil cas, de commencer par corriger l'adduction existante, c'est-à-dire que vous commencerez par le pétrissage des adducteurs; après quoi vous installerez votre extension forcée de la manière que nous venons de dire.

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