IV. — Traitement de la reluxation antérieure
Julie P..., sept ans, de Perpignan, reluxalion antérieure droite (voir les radiographies dans les fig. 195, 196 et 197).
Traitée au début par un autre médecin pendant dix mois. — Deux plâtres dont le premier dans la position d'abduction forcée (ou d'hyperoxtension), d'après ce qui m'a été expliqué par les parents.
l'^ Radiographie avant le premier traitement; luxation primitive en avant et en haut;
2° Radiographie après le premier traitement. C'est une reluxation
aiilérioMiro grave du 3° degré, têle en avant et en dehors, troclianler appuyé CM arrière et en dedans sur Iccotyle.
Boiterie horrible; bien plus disgracieuse que celle d'une luxation postérieure franche.
15 janvier 1903. — Après une traction forcée extemporanée de dix minutes d'une valeur de 70 kilogrammes, on porte le fémur en abduction de 30°, puis on lui imprime des mouvements de rotation interne lents, doux et progressifs, un aide agissant sur la jambe et la partie inférieure de la cuisse, pendant que moi-même j'agis sur la tête et sur le trochanter, cherchant à ramener la tête dans la cavité par un mouvement de rotation de dehors en dedans et d'avant en arrière. Pendant près d'un quart d'heure, « rien ne vient », mais, à partir de ce moment, nous amorçons nettement la mobilisation et, au bout de trente minutes, la rotation interne obtenue est telle que la pointe du pied regarde directement en dedans et même un peu en arrière. A ce moment, en imprimant au fémur un mouvement de flexion de 60° environ et en pressant sur la tête d'avant en arrière nous sentons un léger claquement indiquant nettement la rentrée de la tête dans le cotyle.
Immobilisation dans cette position : abduction de 60°, rotation interne de plus de 90° et flexion de 30°. Cette immobihsation est maintenue jusqu'au 4 juin 1903.
4 juillet 1903. — L'appareil est enlevé; à l'examen, on constate que la tête fémorale est très enfoncée dans la cavité : il est presque impossible de la sentir en avant, la rotation interne du genou est telle que la rotule regarde nettement en dedans.
L'enfant est alors laissée libre. '
La cuisse revient, après un mois et demi, au parallélisme avec l'autre. Mais, à cause de la rotation interne persistante du genou, la jambe se porte en dehors, en genuvalgum; et, de ce fait, la démarche est défectueuse.
Les parents ont repris l'enfant. Je leur ai donné des indications pour corriger progressivement cette déviation du genou. Massages quotidiens et manipulations de redressement, après lesquelles on appliquera une attelle en bois, matelassée, maintenue avec une bande, et rotateur du genou en dehors, comme celui de la fig. 177.
Ils n'ont pas su arriver à un résultat. J'ai obtenu qu'on me rendît l'enfant pour deux mois. Étant ainsi très limité par les parents au point de vue du temps, j'ai pris tout de suite les moyens les plus rapides pour avoir raison de ce genu valgum. J!ai fait une petite ostéoclasie manuelle au-dessus de la région des condyles : tandis que le fragment supérieur de la cuisse était maintenu solidement dans sa rotation interne : j'ai porté le fragment inférieur, c'est-à-dire le genou en rotation « indifférente » et même un peu au delà en très légère rotation externe, voilà pour la correction de la rotation; puis, j'ai eu soin dé reporter le genou, en totalité, en dehors de l'axe du membre inférieur,
OBSERVATIONS
et le piod en dedans de manière à transformer ce genil A^algum en gerni varum. Fixation dans cette position par un grand appareil plâtré embrassant, en même temps que le membre inférieur tout entier, la région du bassin. L'appareil est enlevé au trente-huitième jour, le genou est parfaitement corrigé et mémo un peu hypercorrigé suivant mon désir. L'enfant est laissée encore au repos trois à quatre semaines, puis elle est autorisée à marcher. J'ai obtenu un sursis de un mois pour son départ, elle a donc marché sous mes yeux pendant un mois avec une grande correction. La jambe se maintient dans l'attitude parfaite que je lui avais donnée.