‹ Technique du traitement de la luxation congénitale de la hanche [electronic resource]Chapitre 42 sur 70 · V. — Traitement de la reluxation postérieure · texte numérisé non relu

V. — Traitement de la reluxation postérieure

Yvonne L., de Saint-Mandé, luxation congénitale droite. M'a été adressée par mon ami, le D'' Conzettc.

Traitée par l'extension et l'abduction dans une gouttière analogue à la gouttière Kirmisson, avant son arrivée à Berck, mais sans résultat appréciable.

Réduction faite sous chloroforme le 20 juillet 1903. Réduction assez difficile. Maintenue en rotation externe et abduction (70").

septembre. — On met le fémur en rotation interne et abduction moyenne, dépression dans le plâtre au niveau du trochanter pour enfoncer la tête dans la cavité.

9 octobre. — L'appareil plâtré est enlevé et l'enfant laissée libre. La tête est en place mais peu enfoncée et peu fixée, vacillante. Je recommande de faire des mouvements de rotation interne du fémur; dans l'intervalle, on maintiendra le fémur en rotation externe et abduction de 80° au moyen d'un coussin d'ouate; mais ces prescriptions ne sont pas suivies.

1" novembre. — La réduction ne me paraît pas solide. Cependant une radiographie montre que la tête est en regard du fond de la cavité.

7 décembre. — L'enfant marchait depuis deux mois d'une manière presque correcte, mais depuis quelques jours la marche est mal assurée et vacillante. La tête ne paraît pas enfoncée dans le cotyle, on la sent trop bien en arrière et un peu en haut. La radiographie montre que le sommet de la tête fémorale est remonté en effet à 2 ou 3 millimètres au-dessus du plafond du cotyle.

J'estime que la cavité n'est pas assez creusée, que la position de la tête n'est pas suffisamment assurée, en un mot, je crains pour l'avenir la production d'une reluxalion postérieure complète, et, pour échapper à ce danger, je me décide, après avoir dit mes craintes aux parents, heureusement intelligents et raisonnables, à remettre l'enfant en abduction forcée de 90° après flexion à 90°.

Lorsque j'ai donné cette position d'abduction extrême à la jambe,

j'ai senti la lête s'enfoncer profondément dans le colyle sans véritable claquement cependant; j'ai eu plutôt une sensation de froissement.

Appareil plâtré pour maintenir celte abduction de près de 90" et nouvelle période de repos. Après deux mois et demi, le plâtre a été enlevé. Cette fois, la tête paraît très profondément placée el solidement maintenue.

Elle revient petit à petit (dans l'espace de sept à huit semaines), à la position normale.

Les muscles ont été un peu fatigués et atrophiés par cette longue immobilisation et l'enfant flageolle un peu sur la jambe malade. Cette faiblesse musculaire dure trois à quatre mois pendant lesquels on a eu le tort de ne pas masser l'enfant (qui était loin de moi) et de la laisser marcher comme elle voulait, c'est-à-dire mal. Lorsque je revois l'enfant, quatre mois après, à l'Institut orthopédique de Berck, je m'en occupe de très près; je la vois tous les jours; on la masse deux fois par jour, et moi-même fais quotidiennement pendant dix minutes, l'éducation de sa marche.

Après quelques semaines de cette éducation, de ce « dressage » méthodique, la marche de l'enfant s'était transformée d'une façon inouïe. Elle donnait à l'arrivée l'impression d'une enfant encore boiteuse, malgré la perfection de la réduction anatomique, et, un mois après, sous Tinfluence de ce traitement intensif, massages, exercices méthodiques, éducation de la volonté, la marche de l'enfant était devenue absolument impeccable et elle l'est restée depuis ce moment (revue un an et demi plus tard).

On voit par cet exemple : 1° que la réduction anatomique ne suffit pas. qu'il faut que les muscles soient redevenus vigoureux et sachent et veuillent travailler normalement.

2° Que lorsqu'on trouve la tête trop superficielle, malgré qu'elle soit en bonne position, et par conséquent le cotyle insuffisamment creusé, il est possible et facile, en faisant un supplément de traitement, en remettant le fémur dans la position la plus favorable à ce creusement .(80-80 et 0, flexion, abduction et rotation), de modifier la profondeur du cotyle et l'encastrement de la tête fémorale.

La dernière radiographie de cette enfant est très démonstrative à cet égard, on voit les progrès réahsés dans le creusement du cotyle par le deuxième traitement.

3° Enfin, si l'on rapproche cette observation de la précédente, on voit que le traitement d'une reluxation postérieure est bien plus facile, somme toute, que celui d'une reluxation antérieure du 3'' degré.

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