CHAPITRE III
Age de choix pour faire le traitement et exposé du problème thérapeutique à résoudre.
Sommaire. — Lorsqu'on a le choix de l'âge, traiter les enfants à 2 ou 3 ans pour les luxations simples et doubles : en un mot , dès que les enfants sont propres. Nous avons personnellement traité quelques enfants de 24 à 18 mois et obtenu chez eux des guérisons parfaites, dans l'espace de 4 mois.
Nous avons à faire : — 1° la réduction; 2° la contention ou maintien de
la réduction.
La réduction rencontre trois obstacles.
a) L'élévation de la Icte fémorale, reportée quelquefois très haut dans la fesse et maintenu là par la rétraction des. tendons et des muscles longs de la cuisse.
L'abaissement de la tête sera possible si l'on supprime cette rétraction, ce raccourcissement progressif des tendons et des muscles en suivant une marche inverse, c'est-à-dire en faisant une traction continue puissante(18à20kilogr). pendant quelques semaines ou même quelques mois, 2, 4, C mois, sur ces tissus rétractés. Parfois môme une extension forcée extemporanéc de 00 à 100 kilogr. nous donnera l'allongement immédiat
TABLE DES MATIÈRES
voulu de ces tendons et muscles. De plus, en fléchissant la jambe sur la cuisse et le fémur sur le bassin, on relâche séance tenante les muscles antérieurs et postérieurs de la cuisse, et ainsi s'obtient l'abaissement de la tête jusqu'au niveau de la cavité. Le chloroforme est également un puissant auxiliaire pour cela.
b) Le rétrécissement de la capsule. Jamais le canal n'est comblé entièrement. L'on a vu, chez l'adulte même, ce canal garder encore en certains cas une capacité suffisante pour permettre le libre retour de la tête dans le cotyle.
-Cependant il se rétrécit assez notablement d'une manière générale. Mais il reste dilatable par les manœuvres de réduction, et les faits ont démontré que, jusqu'à 7 ans toujours, — et jusqu'à 10, -12, 16 ans presque toujours et quelquefois même au dessus de 15 ans, — on pouvait amener la dilatation du léger rétrécissement capsulaire existant, en faisant travailler longuement la tête à l'entrée de ce détroit.
c) Vétroitesse de la fente qui représente Ventrée du cotyle.
En réalité cette étroitesse est le principal obstacle à la réduction, d'autant qu'on a moins de prise sur cet obstacle que sur les deux précédents. Cependant cette fente, dont la lèvre postérieui'e est osseuse et la lèvre antérieure ligamenteuse, se laisse agrandir généralement, de même que le détroit capsulaire, par le travail prolongé et habile de la tête qu'on présente successivement dans tous les sens pour la faire mordre sous la lèvre ligamenteuse pendant les manœuvres de réduction.
Et, en fait, jusqu'à 10 ou 15 ans, on arrive presque toujours, avec un peu de persévérance et d'efforts, à reporter la tête dans le cotyle, — cotyle rudimentaire sans doute, mais suffisant pour donner un point d'appui momentané à la tête, si, par ailleurs, nous mettons la cuisse en abduction forcée.
1» Le maintien de la.réduction, c'était le gros problème autrefois.
Le maintien de la réduction est devenu un jeu aujourd'hui, grâce à la
position d'abduction forcée donnée à la cuisse, et grâce à nos appareils
plâtrés.
Par ce maintien prolongé artificiellement pendant 5 à 6 mois, les deux organes mal formés, tête et cotyle, vont se façonner mutuellement, harmoniquement; le cotyle va se creuser profondément, tandis que la capsule revient sur elle-même et se rétrécit tout autour des extrémités articulaires remises au contact. •
•C'est la fonction qui refait l'organe ; 5 à 6 mois après cette contention artificielle, on pourra lâcher les deux extrémités articulaires, elles ne s'abandonneront plus, si, vraiment, pendant les 5 à 6 mois de contention, le sommet de la tête a été bien réellement maintenu contre le cotyle osseux et non pas en un autre point, par exemple contre la capsule 33