IMPORTANCE D'UN DIAGNOSTIC PRÉCOCE
Cortibien de fois n'arrive-t-il pas qu'une luxation congénitale de la hanche ne peut pas être guérie par des moyens non san-
DIAGNOSTIC
glants, parce que le malade arrive trop tard, el s'il arrive trop lard, n'est-ce pas bien souvent parce qu'on n'a pas su reconnaître la maladie plus tôt?
Les médecins doivent donc apprendre à faire le diagnostic dès les premiers pas de l'enfant, dans l'intérêt de celui-ci et dans leur propre intérêt. En effet, plus le sujet est jeune, plus le traitement sera pour eux facile et plus aussi les guérisons seront belles, puisqu'on arrive avant la période des déformations osseuses.
On nous objectera que le diagnostic précoce ne dépend du médecin que lorsqu'il est mis à même de le faire, et que bien des parents négligents ou illusionnés ne conduisent l'enfant à leur médecin qu'à six, ou huit, ou dix ans et même plus tard.
Oui, je le sais, mais cependant il faut avouer que c'est l'exception. Il est rare que les parents dont l'enfant boite d'une façon de plus en plus visible, ne le fassent pas voir un jour ou l'autre et même sans trop tarder, spontanément ou sous la pression de leurs voisins, au médecin de la famille, et celui-ci, avouons-le, ne soupçonne pas toujours la luxation; ou, la soupçonnant, n'est pas en mesure de l'aflirmer et alors hésite à dire le mot, craint d'alarmer à faux les parents, et finalement les rassure en disant que ce n'est rien, que c'est de la faiblesse, que « cela passera en grandissant. »
Les parents, qui ne demandent pas mieux que d'être rassurés, n'insistent généralement pas. Et c'est ainsi que, tantôt par la négligence des parents, tantôt par la négligence du médecin, les luxations passent inaperçues ou restent sans traitement un trop long temps, — et, trop souvent, lorsque le médecin les découvre, ou que les parents consentent à accepter un traitement, la luxalion est devenue incurable, il est trop tard!...
Eh bien, cela n'arrivera plus, ou presque plus, le jour oîi les praticiens seront familiers avec le diagnostic de cette maladie, car, non seulement ils sauront reconnaître le mal au premier examen qu'on leur demandera de l'enfant, mais encore ils sauront provoquer cet examen dans leur clientèle ordinaire, ils seront les premiers à se préoccuper d'un retard dans la marche chez tel enfant, à dépister ce balancement suspect chez tel autre à un moment où les parents ne s'inquiètent pas encore.
Il est vraiment facile, comme vous allez le voir, d'arriver au diagnostic, pour peu qu'on veuille regarder les malades cl les examiner avec méthode.
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