‹ Technique du traitement des tumeurs blanchesChapitre 13 sur 76 · C. — Comment le malade guérira-t-il · texte numérisé non relu

C. — Comment le malade guérira-t-il

Avec une infirmité ou sans tare?

Je répondrai plus en détail à cette question à propos de chaque tumeur blanche en particulier (voir 3" partie), car la réponse difîère beaucoup suivant la jointure.

Pour l'instant, nous voulons simplement vous dire dans ce chapitre du pronostic ce que vous pouvez répondre aux parents qui vous demandent dans quel état sera la jointure après la guérison.

Eh bien, vous pouvez promettre la restitution d'un membre utile, solide et droit, mais non pas toujours d'une articulation mobile, car ceci dépend de plusieurs facteurs : cleijré du mal et son siège, âge du sujet — et non pas seulement du traitement fait.

1"' cas. — Mouvements pas encore 'perdus. Le malade vous arrive tout au début avec une jointure non encore déviée ni enraidie, ou à peine (simple limitation de mouvements). Vous pouvez promettre de conserver les mouvements s'il s'agit du cou-de-pied et même du coude et du poignet, tout au moins chez les enfants de moins de 12 ans.

Vos chances diminuent pour l'épaule et surtout pour le genou où vous n'en avez guère plus de moitié d'y réussir quoi que vous fassiez; cela veut dire malgré les injections, car ce traitement est d'une manière générale celui qui sauvegarde le mieux la fonction parce qu'il est celui qui supprime le plus vite l'inflammation de la jointure \

Il faut dire enfin que c'est là, un peu aussi, affaire de tempérament, car on peut voir deux enfants du même âge, malades de la même articulation, au même degré, et traités de façon identique, guérir, l'un avec des mouvements, et l'autre avec l'articulation raide.

i. Si les parents vous disent : surtout ne mettez pas l'enfant dans le plâtre, cela pourrait l'ankyloser, vous leur répondrez : ce qui ankylose, c'est beaucoup moins le plâtre que les inflammations graves et prolongées; et le meilleur moyen d'éviter l'ankylose sera de supprimer l'inflammation le plus vile possible.

Or, il est certain qu'avec un plâtre et des injections articulaires, la guérison sera plus rapide et plus sûre qu'avec tous les autres traitements.

C'est pour cela que nous n'hésitons pas à faire à la fois des injections et un appareil plâtré. Avec ce traitement, la guérison de l'inflammation se fera généralement en 4 â 5 mois, après quoi nous enlèverons le plâtre. Or, en 4 à 5 mois, chez les enfants surtout, les mouvements n'ont pas eu le temps de se perdre ou tout au moins de se perdre sans retour.

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Si la jointure, à l'arrivée, est déjcà en mauvaise attitude, par exemple en tlcxion de 45", et très enraidie, et à plus forte raison si elle ankylosée, vous ne promettrez pas de guérir avec les mouvements; mais seulement de rendre une jointure qui, malgré sa raideur, restera extrêmement utile.

Et cependant dites aux parents que la mobilité vient assez souvent par surcroît, c'est-à-dire que sans avoir rien fait pour recouvrer les mouvements, l'on a fréquemment chez les enfants l'agréable surprise de voir revenir la souplesse un an et demi ou deux ans après la guérison.

Nous l'avons vu bien souvent chez nos enfants de l'hôpital Gazin renvoyés guéris avec des genoux raides et un appareil plâtré. Ils abandonnent le plâtre un an plus tard, et, dans les six à douze mois qui suivent l'enlèvement de l'appareil, ils recouvrent une mobilité de 45 à 90" et même davantage. Cela se voit chez près de moitié de ces enfants.

Laissez donc entrevoir cette possibilité aux parents, mais sans rien promettre d'une manière formelle, pour les enfants compris dans le 2" cas.

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