CHAPITRE VI TRAITEMENT CONSERVATEUR SANS INJECTIONS
Sommaire. — Formule du traitement conservateur pur :
Traitement général : la vie à la mer ou à la campagne;
Traitement local : repos, pendant des années avec un plâtre qui est presque toujours nécessaire pour assurer la bonne attitude.
Ce traitement n'est efficace que dans la moitié des cas, et, si l'appareil est nécessaire, il ne donne guère la guérison qu'avec ankylose ou atrophie notable du membre. Acceptable dans les cas de tumeur blanche bénigne ou récente, il est, pour tous les autres cas, trop infidèle et trop long.
Puisqu'il est des cas où nous nous en tiendrons au traitement conservateur pur, suffisant quelquefois à donner la guérison, il faut savoir exactement en quoi il consiste.
En voici la brève formule.
a. Traitement général. — Séjour au bord de la mer, ou tout au moins à la campagne; suralimentation; usage de quelques médicaments reconnus bons contre la tuberculose : huile de foie de morue, arsenic, gaïacol, etc.
b. Traitement local. — Repos de la jointure malade : pour le membre supérieur, bras en écharpe; pour le membre inférieur, interdiction de marcher même avec des béquilles.
Pour le genou et le pied la position couchée, ou mieux assise, mais les jambes étendues, reposant sur un plan horizontal.
La jointure étant au repos, allons-nous mettre un appareil plâtrél
Oui et non ; cela dépend des cas.
Oui, si le malade soufTre, ou s'il existe une petite tendance à l'apparition d'une attitude vicieuse.
Non, si le repos suffît à supprimer les douleurs et à nous garantir d'une attitude vicieuse.
On ne mettra donc un appareil sévère que lorsqu'on y sera obligé.
N'oublions pas, en effet, qu'un appareil sévère, maintenu en
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place pendant [)lusieiii's années, pui.s(]iie le Iraileincnl eons<'rvateur pur met généralement un très long temps à guérir, laissera presque fatalement une ankylose de la jointure et une atrophie notable du membre tout entier.
Au contraire, les longs repos sans appareil ont infiniment moins d'inconvénients à ce double point de vue.
Quant aux traitements par les pointes de feu, par les révulsifs, par la teinture d'iode, par les emplâtres et les pommades, etc., ils ne valent rien ou pas grand'chose; ils n'ont guère qu'une action morale sur le malade et surtout sur son entourage.
Si les pointes de feu superficielles ne peuvent avoir aucune action sur le foyer articulaire, il n'en est pas de même des pointes de feu profondes qui, traversant la jointure de part en part, modifient les fongosités qu'elles touchent. Elles ont des avantages certains, mais encore plus d'inconvénients : elles n'agissent que sur les parties qu'elles ont touchées directement, mais, surtout, elles peuvent laisser une fistule qui risque trop de s'infecter par la suite. J'ai soigné 5 ou 6 cas de fistules ainsi produites par des chirurgiens avec leur ignipuncture tant vantée.
Il n'est pas douteux que, dans ces cas, ils avaient fait beaucoup plus de mal que de bien et que leur intervention avait été tout bonnement désastreuse \
Nous venons d'indiquer la formule du traitement conservateur pur, lequel n'est eh réalité que le traitement orthopédique dont nous allons pflt4et* plus loin.
c. Résultats du traitement conservateur. — Voici son bilan :
i° Au point de vue du temps que demande la guérison ;
2° Au point de vue du nombre et de la qualité de ces guérisons.