‹ Technique du traitement des tumeurs blanchesChapitre 22 sur 76 · Obs. 16. Tumeur blanche du coii-de-pied gauche · texte numérisé non relu

Obs. 16. Tumeur blanche du coii-de-pied gauche

J..., Coulommiers, trois ans et demi.

Au mois de mars l'JOS, gonflement au-dessous des malléoles. — Après avoir vu plusieurs médecins, le père consulte un chirurgien de Paris qui, après radiographie du pied, diagnostiqua une tumeur blanche et fit, le 13 juillet, des pointes de feu et mit un appareil plâtré. Mais le mal ne s'améliora pas; neuf mois plus tard, on fait de nouvelles pointes de feu plus pénétrantes que les premières.

C'est peu après que je vois l'enfanta Paris le 14 mai 1904, et je propose des injections.

29 mai, première injection; je constate que le liquide injecté dans l'articulation s'échappait par un tout petit orifice laissé par une pointe de feu qui avait donc créé une fistule. — Cependant avec un tampon nous arrivons à boucher l'orifice, et à retenir en partie le liquide dans la jointure.

Après 15 injections faites pendant l'espace de deux mois, le pied était complètement guéri. Il est mis dans un appareil plâtré qui fut gardé quatre mois.

Aujourd'hui, un an et demi plus tard, l'enfant va parfaitement bien, il a recouvré tous les mouvements et marche sans la moindre douleur.

Il est certain que le traitement conservateur pur peut guérir en favorisant la tendance naturelle du foyer tuberculeux à évoluer vers la transformation fibreuse.

Il faut bien savoir, néanmoins, qu'il ne guérit pas toujours et n'importe oii, mais seulement dans certaines conditions déterminées.

Voici ces conditions essentielles :

Avoir du temps devant soi. Ce temps se chiffre par des années : 3, 4, 5, 6 ans et plus!...

Pouvoir assurer au malade un traitement général parfait, à savoir le séjour dans un climat et un milieu très sains, — à la mer, si c'est possible, — pendant toute la durée de la maladie; ce qui n'est pas à la portée de toutes les familles ;

Avoir affaire à une tumeur blanche d'une forme bénigne ou de date récente;

Traiter un malade jeune, les adultes se montrant beaucoup plus réfractaires à l'influence de ce traitement.

Si ces conditions ne sont pas remplies, le traitement conservateur pur guérit rarement. Et alors même qu'elles sont réunies, il arrive fréquemment, il faut bien le dire, que ce traitement ne suffit pas à enrayer le mal. Il survient de la suppuration, ou bien la maladie s'éternise, 5 ans, 8 ans, 10 ans, 15 ans, sans modification favorable et avec des douleurs persistantes, de sorte qu'on est finalement obligé de recourir à l'un des deux autres traitements : opération sanglante ou traitement par les injections modificatrices.

On peut compter que cela arrive dans près de la moitié des cas.

Mais dans l'autre moitié, celle oij le traitement conservateur guérit, comment guérit-il?

La qualité de la guérison est, en effet, le deuxième objeclif de tout traitement des tumeurs blanches.

De deux choses Tune : ou bien le membre malade a été laissé constamment au repos sans appareil, parce qu'il a toujours gardé sa bonne attitude — ce qui n'arrive, d'ailleurs, que dans les cas très bénins, — et alors la guérison se fait généralement avec la conservation des mouvements et avec des muscles peu atrophiés ; c'est-à-dire que le fonctionnement du membre reste très satisfaisant.

Ou bien, au contraire, on a mis, soit d'emblée et de parti pris, soit qu'on y ait été obligé, un peu plus tôt ou un peu plus tard, un appareil immobilisateur sévère pour sauvegarder la bonne attitude

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