Le moulage plein
Moulage positif.
orthopédiques qui se chargera de cette seconde opération (fig. 95).
Si vous voulez la faire vous-même, vous posez l'une des extrémités du moulage négatif sur une table et vous mettez un bourrelet tout autour, pour empêcher les fuites de la bouillie plâtrée, qui sera versée par en haut dans sa cavité. La bouillie doit être assez épaisse pour éviter ces fuites et cependant assez claire, pour bien reproduire tous les détails de surface intérieure du moulage négatif (vous mettrez 5 verres d'eau pour 10 verres de plâtre). Vous la verserez doucement, afin d'éviter qu'elle ne force et ne fasse craquer les parois du moule.
Au bout d'un quart d'heure environ, le moulage positif est bien
TRAITEMRNT OIITIIOPÉDIQUE U5
sec. On le WUcvc alors du moulage négatif qui le reeouvre. Pour
Fig. 96. — Fabrication de l'appareil en celluloïd : ou bien avec des bandes, ou bien, comme ici, avec des carrés de mousseline plaqués sur le moulage avec un pinceau trempé dans la colle. ^
Fig. 97. — L'appareil en celluloïd est tîni mais Fig. 9S. est encore en place sur le moulage plein.
L'appareil en celluloïd est coupe et retiré du moule.
enlever celui-ci, on le fend sur les anciennes lignes de section. Après un jour d'attente, ou même quelques heures seulement, s'il est séché
Fig. 99. — Le petit appareil en celluloïd avec Fig. 100. — Grand appareil permettant la conarmatures d'acier et garni. Face anté- tention, l'abduction, la rotation et l'extension, rieure. et par conséquent la marche.
Fig. 101. — Genouillère courte qui peut servir tout F'ig. lOO. — Appareil en celluloïd avec au plus à protéger le genou, mais non pas à élastiques pour le redressement du,
empêcher une déviation. pied.
TUAITImMKNT OUTII()l>l';j)l(jUM
au four, on peut construire sur ce moulage positif hioii sec l'appareil en celluloïd, ou en cuir, ou en silicate de ]»otasse.
Fig. 103. — Appareil avec élastiques pour redressement progressif du pied.
Fie-. 104.
Fie:. 106.
Fig. 105.
Fig. 104 et 105. — Pièces métalliques qu'on peut incorporer aux plâtres pour en faire des appareils articulés. — Il suffit, pendant qu'on fait l'appareil, de mettre ces pièces entre deux tours de bandes plâtrées. — Fig. 106. — ^lodcle d'articulation qu'on peut fixer à volonté.
L'appareil en celluloïd, — que nous avons fabriqué le premier
en France, — se fait par la simple application sur le moulage sec, mais préalablement huilé, de bandes de mousseline trempées dans une colle de celluloïd de consistance sirupeuse; on les roule à la manière des bandes plâtrées. Tl se fabrique donc exactement comme l'appareil plâtré; mais une épaisseur de trois à quatre millimètres obtenue avec dix à quinze couches de mousseline trempées dans cette colle lui donne une consistance suffisante. — On en polit la surface extérieure par l'application de plusieurs couches de colle. Le celluloïd ainsi construit demande de deux à trois jours pour durcir.
Dès qu'il est solide, on le coupe et on le libère du moulage positif (comme on avait coupé et libéré le moulage négatif) ; en ayant soin de ne pas l'endommager (fig. 98).
On en fait alors l'essayage au malade. On le rectifie avec un fin bistouri, puis on le remet sur le moule, pour s'occuper du vernissage et de l'armature s'il y a lieu, car on y peut adapter des baguettes en acier, pour le renforcer sur certains points.
On le garnit ensuite, c'est-à-dire qu'on tapisse sa surface intérieure d'une peau d'agneau fine et souple, ou, à son défaut, d'une peau de chamois ordinaire, et qu'on en munit les bords d'œillets ou de crochets pour le lacer et le délacer à volonté (fig. 99 et suivantes).
Ces appareils sont extrêmement légers et solides, d'autant plus légers qu'on les crible de beaucoup de trous. On voit qu'à la rigueur tous les médecins peuvent les fabriquer. Il leur suffit d'avoir un peu de colle de celluloïd. Ils s'en procureront en la demandant aux chirurgiens français qui en ont fait à ma suite, ou bien à M. Bréant, fabricant orthopédiste de l'Institut de Berck. Ils peuvent aussi la préparer eux-mêmes, en mettant des débris de celluloïd dans de l'acétone, celui-ci dans la proportion de 4 parties environ pour 1 de celluloïd. On mêle et on agite le tout, de temps en temps, pendant 24 heures, jusqu'à ce qu'on arrive à la dissolution complète du celluloïd en une colle de consistance sirupeuse.
On peut se servir du moulage que nous venons de décrire pour
Fig. 107. — Genouillère plâtrée munie de l'articulation. — Pour rendre amovibles ces appareils, il suffirait de couper les deux fourreaux plâtrés sur la ligne médiane antérieure et d'en garnir les bords.
TliAlTICiMENT ORTllOPI^^DIOUP]
faire un appareil de cuir avec armatures métalliques. Le cuir fait des ap})areils moins solides, plus lourds, moins propres et moins sains. Il faut toujours y ajouter une armature métallique, ce qui n'est pas indispensable pour le celluloïd, lequel a par lui-môme une consistance assez considérable, avec l'épaisseur indiquée plus haut.
Naturellement, l'armature est indispensable avec le celluloïd, si l'appareil est articulé.
Mais vous pouvez, à la rigueur, faire fabriquer ces tiges métalliques articulées par votre serrurier ou forgeron ordinaire, et les adapter ou les faire adapter ensuite aux fourreaux de celluloïd fabriqués par vous. Ces articulations, vous pouvez les rendre rigides ou mobiles à volonté, ou en limiter la mobilisation dans le sens utile à la correction d'attitudes vicieuses, à l'aide de vis ou de roues dentées qu'on avance d'un cran tous les jours, ou bien
de bandes élastiques allant de l'une des pièces du celluloïd à l'autre, et raccourcies quotidiennement suivant les indications.
Ajoutons enfin qu'on peuty pratiquer des fenêtres qui permettent de faire les injections, sans avoir à les enlever.
Ces appareils, répétons-le, sont généralement entre nos mains des appareils de convalescence.
Pendant le traitement proprement dit, nous leur préférons d'une manière générale l'appareil plâtré. Cependant, dans tel cas particulier, si les parents vous demandent instamment de les employer à l'exclusion du plâtre, vous pouvez y consentir à la rigueur, même à la période active de la tumeur blanche.
Fi^
lOS. — Appareil plâtré du pied, muni d'une articulation.