LA CORRECTION DES ATTITUDES VICIEUSES AVEC OU SANS CHLOROFORME
Sommaire. — Attitudes vicieuses de la période floride. — Cèdent facilement ; mais il faut éviter avec soin tout choc et tout traumatisme qui seraient particulièrement graves à cette période de la maladie. Attitudes vicieuses de la période régressive. — Ne cèdent guère qu'à des manœuvres assez vigoureuses, mais qu'on peut et doit faire encore douces et méthodiques.
I. — Correction sans chloroforme. — 1'="' moyen : l'extension continue. — 2« moyen : par étapes, avec un nouvel appareil plâtré tous les huit ou quinze jours; demande deux ou trois mois. — 3^ moyen : appareils orthopédiques articulés à roues dentées. — Supériorité du second moyen, c'est celui que vous emploierez.
II. — Correction sous chloroforme. — Avantages de l'anesthésie. — Ne demande qu'une séance, deux au plus.
Correction des déviations dans les tumeurs blanches ankylosées : on peut l'obtenir presque toujours par de simples manœuvres orthopédiques sans opération, sans ténotomie, ni ostéotomie, ni arthroclasie.
Comme nous l'avons fait pour la coxalgie, — laquelle n'est que la tumeur hlanche de la hanche, — nous devons distinguer ici deux variétés d'attitudes vicieuses :
4° Celles du début, ou de la période floride de la maladie, alors que la tuberculose est la plus virulente; lesquelles sont assez souvent douloureuses.
2° Les attitudes V\ùq\is,q,&, presqiie toujours indolores, de la fin, ou de la période « régressive », alors que la tuberculose est presque éteinte ou même complètement éteinte.
1. — Les premières sont récentes. Elles cèdent facilement à une traction modérée et, avec l'anesthésie, se corrigent souvent d'ellesmêmes presque" sans effort; ce qui n'est pas étonnant, puisqu'elles sont dues surtout à des contractures musculaires.
Dans tous les cas, il faut, à cette période de la tumeur blanche,
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user d'une i^rando prudence et d'une grande douceur, èlre très économe de tout choc et de tout traumatisme; sans quoi on courrait i;rand ris<|ue de donner un coup de fouet à la tuberculose. On fera donc surtout des corrections progressives. Pourtant, si l'on avait des raisons de vouloir redresser en une seule séance, on le pourrait, mais en recourant à la narcose, qui supprime les résistances et réduit le traumatisme à rien ou presque rien.
2. — Dans la période régressive, au contraire, les attitudes vicieuses nécessitent des manœuvres plus vigoureuses, parce qu'elles sont dues à des rétractions tendineuses ou ligamenteuses plus ou moins anciennes, parfois même à des usures osseuses.
Ainsi donc, les manœuvres de quelque vigueur qui peuvent avoir des inconvénients dans les attitudes vicieuses du début, sont justement inutiles à ce moment; et lorsqu'elles deviennent nécessaires, c'est-à dire dans les attitudes vicieuses de la fin, elles peuvent se faire impunément.
Cependant ceci n'est pas absolu. Il ne faudra jamais s'attarder, à la manière de Bonnet (de Lyon) et de presque tous les chirurgiens à sa suite, à faire, pour le genou, par exemple, des manœuvres de correction d'une demi-heure et plus de durée. Ainsi prolongées, ces manœuvres qui ne sont d'ailleurs pas indispensables pourraient n'être pas sans danger, même à la période régressive du mal.
Vous aurez pour principe, — l'un des leviers articulaires étant fixé d'une manière immuable, — de porter l'autre en bonne position, directement, c'est-à-dire sans faire de manœuvres alternées qui favorisent les broiements des fongosités et par conséquent les inoculations tuberculeuses.
Il suffît de le vouloir, il suffit d'apporter à ces manœuvres la constante préoccupation d'éviter les secousses et les chocs au malade, pour arriver d'une manière bénigne à la correction définitive.
Sachez également que, même dans le cas d'une vieille déviation, on peut toujours, ou à peu près toujours, arriver à la correction sans chloroforme, si les parents l'exigent ou si le médecin a quelque appréhension de l'anesthésie.
Examinons les deux méthodes.